CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques

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4 juin 2019 Sophim investit pour consolider son leadership sur le squalène

Le nouvel investissement de la société Sophim sera opérationnel mi-juin sur le site de Peyruis pour augmenter les capacités de production en squalène.

Depuis l’acquisition d’une unité de production vendue à la barre du tribunal d’Aléria en Espagne en 2014, la société de Haute-Provence Sophim est parvenue à suivre la demande en ingrédients naturels de l’industrie cosmétique. " Mais nous arrivons bientôt à saturation “, explique son directeur général, Alexis Margnat. Leader mondial du squalène d’origine végétal, un principe actif utilisé comme agent de pénétration de l’épiderme dans les crèmes hydratantes, l’entreprise vient de décider un investissement de 10 millions d’euros (la moitié de son chiffre d’affaires) pour doubler ses capacités de production. L’opération a été conduite avec Eiffel Investment Group qui fournit 3,5 millions d’euros sous forme d’émission obligataire, et deux anciens actionnaires, M Capital et ACG Management, qui reviennent au capital pour 15 % des parts. Le solde est souscrit par emprunts bancaires assortis d’une aide de bpifrance.

Deux tiers de l’investissement sera opéré en Espagne où Sophim installera une deuxième ligne de fabrication triplant la capacité de son usine. Dans ce site voisin des grandes productions d’oliviers qui fournissent la matière première, l’entreprise se contente de concentrer le squalène pour faciliter son transport jusqu’en Provence. Là, il est extrait et purifié selon l’exigence des normes industrielles. Sur ce deuxième site, Sophim investira 3,5 millions d’euros pour améliorer le process avec notamment l’installation d’un réacteur d’hydrogénation et d’un filtre à froid. Ces travaux seront achevés début 2021. Ils permettront alors de sécuriser l’approvisionnement des quelque 150 clients de l’entreprise en France et à l’étranger, et de conforter sa place de leader mondial de cette spécialité avec 40 % de part de marché, soit 10 points de plus qu’aujourd’hui.

Créée en 1986, Sophim surfe sur la croissance de 10 % à 14 % par an du marché des cosmétiques bio et naturel, et la multiplication des conventions internationales interdisant l’extraction du squalène à partir du foie de requin dans de nombreuses régions océaniques. Quatre cinquièmes de son chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger dans plus d’une quarantaine de pays, par exemple en Chine et en Corée du Sud qui enregistrent une croissance de la demande supérieure à 25 %. Sophim livre essentiellement les marques de beauté haut de gamme comme Pierre Fabre, L’Oréal ou Sisley. Elle produit également une gamme de cire, de sébum et d’huiles naturelles dont elles sont friandes. Depuis 2014, l’entreprise est passée de 12 à 21 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 60 collaborateurs (dont 40 en France). Elle compte franchir le cap des 50 millions en 2022.

Paul Molga - LesEchos.fr
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1 juin 2019 Panasonic fait le pari de la beauté à domicile

Chez soi, à la maison. C’est là que Panasonic veut séduire les clientes, avec sa gamme d’appareils de beauté haut de gamme pour le visage. Connu surtout pour son électronique grand public, le conglomérat japonais est le leader du marché de l’électro-beauté dans l’Archipel (rasoirs, épilateurs…). Un secteur en forte hausse en Asie et aux Etats-Unis. Et qui connaît une accélération en Europe, même s’il est encore une niche.

" Il y a un engouement pour les appareils d’électro bien-être, ceux qui améliorent la circulation sanguine, mesurent la pression artérielle ou offrent des massages crâniens, précise Eric Novel, le directeur général de la filiale française. La miniaturisation, avec les technologies de batteries embarquées, a facilité cet engouement “.

C’est sur ce créneau de la tech, le design en plus, que Panasonic veut faire la différence avec ses concurrents. D’autant que ce segment bien-être est encore peu investi par Philips, Babyliss ou Braun. Le Japonais a ainsi lancé il y a quatre mois en France un petit appareil à base de radiofréquences et d’ultrasons. En " boostant la production de collagène, il permet de réduire les rides “, assure le groupe. Autrement dit, la promesse d’un effet” lifting à la maison " en 20 minutes. Cette technologie était jusque la réservée aux instituts professionnels.

Mais cet appareil intelligent a un coût: 500 euros. Pas question donc de proposer cette innovation dans des enseignes comme Darty ou Boulanger, où le prix moyen sur les rayons est de… 50 euros. " Ce nouveau type d’équipement nous a conduit à de nouveaux modes de distribution, reprend le dirigeant. Il faut prendre le temps d’expliquer leur intérêt, et comment les utiliser “. D’où le choix de la vente de à domicile, dans la lignée du robot Thermomix, proposé à plus de 1.000 euros, qui, sans démonstration, n’aurait pas eu un tel succès.

C’est en 2017 que le géant nippon a commencé à construire son réseau, au moment de la sortie de trois références premium, une brosse chauffante pour se démaquiller, un sauna facial et un stimulateur fermeté, pour éliminer les traces de fatigue. Un protocole inspiré du rituel de la beauté au Japon, avec des prix de 150 à 300 euros. Son dernier né, le " Lift intense " est désormais intégré dans cette offre. Déjà, quelques 150 démonstratrices sont sur le terrain pour proposer ces produits à domicile.

" Nous voulons atteindre les 500 d’ici la fin 2019, poursuit Eric Novel. Nous envisageons de partager des ambassadrices avec des entreprises spécialisées en cosmétique haut de gamme utilisant ce mode de distribution “. Un moyen de leur offrir un revenu complémentaire.

Pour l’instant, les ventes ne sont pas encore " significatives “. Mais le patron France a pour objectif que cette activité atteigne 5 % du chiffre d’affaires de sa division beauté d’ici la fin de l’année. Au total, la filiale française a enregistré plus de 400 millions d’euros de revenus l’an dernier, dont environ 10 % dans l’électro-beauté.

A terme, la vente à domicile pourrait porter sur d’autres équipements de Panasonic, comme ses gammes de purificateurs d’air ou d’eau. Des produits qui nécessitent aussi des démonstrations. En Asie, dans les grandes métropoles comme Hong-Kong ou Tokyo où la pollution ou l’humidité sont fortes, de nombreux appartements en sont équipés.

Dominique Chapuis - LesEchos.fr
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1 juin 2019 En pleine guerre commerciale, Pékin sort une liste noire face à Washington

Pékin a sorti vendredi une nouvelle arme dans la guerre commerciale contre Washington, annonçant la création de sa propre liste noire d’entreprises étrangères “non fiables”, en réponse à l’offensive américaine contre Huawei.

Cette menace intervient au moment où de nouvelles surtaxes doivent entrer en vigueur samedi en Chine sur des produits américains, en représailles aux hausses de droits de douane annoncées par Donald Trump début mai sur des produits chinois.

“Les entreprises, organisations et particuliers étrangers qui n’obéissent pas aux règles du marché, qui s’éloignent de l’esprit d’un contrat, qui imposent des embargos ou cessent d’approvisionner des entreprises chinoises pour des motifs non commerciaux et nuisent gravement à leurs intérêts et droits légitimes seront placés sur une liste d’entités non fiables”, a annoncé le ministère du Commerce.

Les modalités de cette mesure, notamment sa date d’entrée en vigueur, n’ont pas été précisées.

“La décision de la Chine de créer une liste noire d’entreprises +non fiables+ est une réponse à la liste américaine (d’entreprises suspectes visant Huawei) pour indiquer que la Chine peut cibler les entreprises américaines”, analyse Rajiv Biswas, du cabinet IHS Markit.

Selon lui, les filiales et succursales de sociétés américaines situées hors de Chine pourraient également être visées car “toute restriction chinoise s’appliquerait probablement à la fois à la société mère et à ses filiales mondiales”.

Cette annonce survient alors que le géant chinois des télécoms, Huawei, a été placé courant mai par Washington sur une liste d’entreprises suspectes auxquelles les entités américaines ne peuvent vendre d’équipements technologiques.

L’administration Trump soupçonne le groupe de Shenzhen d’espionnage au profit de Pékin.

La décision américaine, qui doit entrer en vigueur dans un délai de trois mois, menace la survie de ce fleuron industriel chinois, très dépendant des puces électroniques américaines pour ses téléphones, estiment des experts.

Dans la foulée, plusieurs entreprises ont pris leurs distances avec Huawei, notamment Google, dont le système Android équipe l’immense majorité des smartphones dans le monde.

  • “Des mensonges” -

L’affrontement verbal entre les deux géants du Pacifique a franchi un nouveau cap vendredi, Pékin accusant sans le nommer le président américain de “mensonges”.

Très confiant en dépit des tensions commerciales actuelles, Donald Trump a estimé jeudi que Pékin tenait “beaucoup à conclure un accord”. Et le président américain d’expliquer que la guerre commerciale avait, selon lui, “un effet dévastateur” sur le géant asiatique.

Pékin n’a pas tardé à lui répondre: “Les Etats-Unis ont déjà proféré ces mensonges à plus d’une reprise. A chaque fois, la Chine les dénonce mais les Etats-Unis font preuve de constance, pour ne pas dire d’obsession, en (les) répétant”, a taclé devant la presse un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Les chiffres semblent donner pour le moment partiellement raison au président américain. L’activité manufacturière en Chine s’est à nouveau contractée en mai, selon un indice dévoilé vendredi par un organisme officiel.

Les commandes à l’export ont notamment connu une chute particulièrement forte, selon cet indice officiel des directeurs d’achats.

  • Préservatifs, parfums, pianos -

Samedi, 5.410 produits américains seront taxés à hauteur de 10%, 20%, voire 25% sur un ensemble de marchandises américaines déjà pénalisées à leur entrée en Chine.

Cette mesure, qui vise 60 milliards de dollars d’importations annuelles, est une réponse aux droits de douane supplémentaires sur les produits chinois annoncés début mai par le président américain.

Cette nouvelle salve de Pékin cible notamment les produits cosmétiques, les articles de cuisine ou de sport, mais aussi les pianos, les préservatifs ou encore les jouets, qui seront taxés à hauteur de 25%.

Jusqu’où ira la surenchère? Un ancien vice-ministre du Commerce a mis en garde contre une guerre commerciale qui pourrait durer, selon lui, “plus de 30 ans, voire 50 ans”.

Pékin a laissé entendre cette semaine qu’il pourrait réduire ses exportations de terres rares, indispensables à de nombreuses industries de pointe aux Etats-Unis (dont l’armement).

L’arrêt des exportations vers les Etats-Unis pourrait donner à Pékin un atout supplémentaire dans les négociations commerciales, car la Chine fournit aux Américains 80% de leurs terres rares.

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31 mai 2019 Les fabricants de lingettes bientôt surtaxés pour la pollution qu'ils génèrent

Le gouvernement s’apprête à appliquer le principe pollueur-payeur aux industriels de la lingette, un produit qui ne se recycle pas et qui coûte cher aux pouvoirs publics en entretien des canalisations.

Elles pullulent aux rayons cosmétique, premier âge ou produits d’entretien, et les consommateurs les plébiscitent. Problème : les lingettes à usage unique ne se recyclent pas, et finissent souvent dans les canalisations qu’elles ont tendance à boucher. Du coup, le gouvernement s’apprête à obliger les fabricants de lingettes à organiser, et surtout à financer, la gestion des déchets qu’elles occasionnent, raconte Le Parisien ce vendredi.

Cette nouvelle règle devrait figurer dans la future loi sur l’Économie circulaire, sur laquelle travaillent actuellement les équipes de Brune Poirson, la secrétaire d’État à la Transition écologique. Le texte doit être présenté en conseil des ministres sous un mois.

Actuellement, tous les metteurs sur le marché de produits doivent participer financièrement à la gestion des déchets qu’ils occasionnent via l’éco-contribution. Mais certains plus que d’autres, via une “responsabilité élargie du producteur”, à laquelle sont par exemple soumis les fabricants de peintures, solvants et autres produits chimiques. Et donc demain, les producteurs de lingettes.

De très chères lingettes

Les ONG promeuvent depuis longtemps cette idée de responsabiliser les metteurs sur le marché de produits dont les déchets sont nocifs pour l’environnement. Ainsi, Zero Waste pointait spécifiquement le problème des lingettes ménagères il y a quelques mois sur BFMTV : “Ce sont des produits composites, absolument pas recyclables parce qu’imbibés de produits et fabriqués à base de coton et de plastique mélangés”, expliquait ainsi Laura Chatel, chargée de campagne de l’association. Elle invitait alors à “les interdire, ou en tout cas les taxer”.

Pire, ces petits textiles coûtent cher aux collectivités locales en maintenance. Très souvent jetées dans les toilettes, elles bouchent les canalisations et gênent le travail des stations d’épuration. Sans compter que les produits parfois toxiques dont elles sont imbibées se répandent dans les réseaux d’eau. De leur côté, les industriels précisent avoir commencé à afficher des logos de cuvettes de WC barrées sur leurs paquets de lingettes.

Pour autant, ces textiles à usage unique continuent de rencontrer le succès dans l’Hexagone. quatre foyers français sur dix en utilisent, selon le Parisien. Alors que, d’après l’ONG écologiste WWF, elles coûtent seize fois plus cher et créent vingt fois plus de déchets qu’un nettoyage classique.

Nina Godart - BFMTV
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31 mai 2019 Vins, pianos, préservatifs… La Chine contre-attaque face à Donald Trump

Les produits “made in USA” sont dans le collimateur de la Chine, qui s’apprête à les taxer…

Pékin est en passe de contre-attaquer face à l’offensive de Donald Trump. Vins, parfums, préservatifs et pianos figurent sur la liste des produits américains visés par les nouvelles surtaxes douanières qui doivent entrer en vigueur samedi en Chine, en représailles aux droits de douane des Etats-Unis. Cette décision intervient dans un contexte d’escalade sur le front de la guerre commerciale que se livrent les deux puissances depuis l’an dernier. Après l’échec de pourparlers à Washington début mai, le président américain a ordonné de surtaxer à hauteur de 25% une large palette de biens chinois, équivalant à 200 milliards de dollars d’importations annuelles. Et une procédure est en cours pour imposer des droits de douane supplémentaires à la totalité des produits chinois exportés vers les Etats-Unis.

Pékin avait répliqué en annonçant une augmentation des droits de douane à partir du 1er juin, à 10%, 20%, voire jusqu’à 25% sur un ensemble de marchandises américaines déjà taxées, représentant 60 milliards de dollars d’importations annuelles. 5.410 produits américains sont concernés par ces surtaxes supplémentaires dont 2.493 taxés à 25% : les produits cosmétiques tels que parfums, maquillages, rouges à lèvres, les articles de cuisine tels que fours, micro-ondes ou machines à café, les articles de sport comme les balles de ping-pong, les raquettes de badminton et les ballons de foot, les pianos et les instruments à cordes, les spiritueux dont le gin, le vin et la tequila, ainsi que d’autres articles comme les préservatifs, les diamants, les robots industriels, les pneus, le tissu, le bois et les jouets.

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Le différend commercial, jusqu’ici mesuré et limité à des surtaxes douanières, a viré à l’affrontement verbal ouvert depuis que l’administration Trump a placé le 15 mai le géant des télécoms Huawei sur une liste d’entreprises suspectées d’espionner pour le compte de Pékin. Cette décision interdit la vente de technologies américaines à ce fleuron industriel chinois, menaçant sa survie.

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En représailles, Pékin a laissé entendre cette semaine qu’il pourrait réduire ses exportations de terres rares, indispensables à de nombreuses industries de pointe aux Etats-Unis (dont l’armement). Les mines chinoises représentaient 71% de la production mondiale de terres rares en 2018, selon l’institut de géophysique américain USGS, contre 80% en 2017 et 95% il y a dix ans.

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L’arrêt des exportations vers les Etats-Unis pourrait donner à Pékin une carte supplémentaire dans les négociations commerciales car la Chine fournit aux Américains 80% de leurs terres rares.

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28 mai 2019 Les cosmétiques Panier des Sens démultiplient leur présence

L’ouverture de boutiques à son nom est devenue un axe fort de la stratégie de Panier des Sens.

A Montmartre, la nouvelle boutique de Panier des Sens déploie tous les thèmes de la Provence autour de ses cosmétiques naturels. Elle s’ajoute aux deux points de vente déjà à son nom à Paris et à Aix-en-Provence. L’entreprise familiale marseillaise, présente en pharmacie ou dans les boutiques cadeaux et connue pour ses savons liquides comme pour ses produits pour le corps, accélère son développement en multipliant des lieux à son image. " Disposer de magasins aide les consommateurs à avoir une meilleure lecture de notre marque “, juge Jérôme Lambruschini, le fondateur. La griffe est maintenant en quête d’une adresse dans le Marais et arrivera à la gare de Lyon en 2020. Elle prévoit, en outre, de s’ouvrir à la franchise l’an prochain.

La société, qui emploie une quarantaine de personnes, a su se forger une identité forte avec des packagings à l’inspiration vintage incitant à l’achat cadeau et mise sur des prix accessibles. A l’étranger aussi, elle pousse ses feux. " La Provence a un fort écho à l’international “, se félicite le dirigeant. Les produits sont diffusés dans une quarantaine de pays.

La marque est particulièrement bien installée aux Etats-Unis où elle a une filiale. Et pour cause. C’est là qu’elle a démarré en 2001, avant même la France. Elle a également ouvert avec un partenaire local deux boutiques à son nom en Corée du Sud et mise sur l’Asie avec la création d’une filiale à Hong Kong. Après un chiffre d’affaires de quelque 7,5 millions d’euros en 2018, en croissance de 13,6 %, elle vise ainsi les 10 millions cette année.

Panier des Sens élargit sa palette pour devenir une marque de beauté globale en se lançant en juin dans les soins du visage. S’il délègue la production, il mise sur le made in France. L’une de ses gammes, en outre, se fonde sur des ingrédients cultivés en Provence. L’entreprise compte aller plus loin. A l’automne, elle prévoit sur les 4.500 mètres carrés de terrain libre autour de son siège de mettre sur pied une forêt comestible avec oliviers, amandiers, vignes, ruches, dont le fruit des récoltes servirait pour des cosmétiques.

Clotilde Briard - LesEchos.fr
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27 mai 2019 Au Royaume-Uni, le risque du "no deal" a augmenté après les européennes

Le centre du paysage politique britannique est vidé de sa substance. Preuve d’une radicalisation des deux côtés du Brexit, les partis traditionnels ont essuyé un échec historique aux élections européennes. Les conservateurs ont réalisé le pire score de leurs deux siècles d’existence, à 9%, en cinquième position, tandis que les travaillistes faisaient à peine mieux, à 14%, en troisième position.

Lire aussi: La victoire du Parti du Brexit aux européennes renforce l’hypothèse d’un “no deal”

Au lendemain de ces élections, l’idée d’un compromis sur le Brexit semble bien mal en point. Dans une lutte à mort, deux solutions radicalement opposées se font face: d’un côté, la sortie sans accord de l’Union européenne, de l’autre, l’annulation pure et simple du Brexit. La première hypothèse est incarnée par le parti du Brexit, de Nigel Farage, qui a caracolé en tête avec 32% des voix. La seconde est défendue par les libéraux-démocrates (20%), les Verts (12%) et le petit nouveau parti Change UK (4%).

Lire également: Enrayer le rejet de l’Union européenne reste possible

Sur le papier, un tel résultat est un match quasiment nul. L’ensemble des partis en faveur d’un Brexit dur font 35%, ceux anti-Brexit font 40%, indiquant un pays extrêmement divisé. Mais la déroute des conservateurs fait souffler un vent de panique chez les prétendants à la succession de Theresa May. Très inquiets d’être doublés sur leur droite par des électeurs attirés par les sirènes de Nigel Farage, ces derniers se sentent obligés de durcir le ton.

Lire encore: Les leçons du scrutin européen: Verts et centristes arbitreront le duel des droites

Boris Johnson, le favori, a une nouvelle fois fait flotter lundi la menace d’une sortie sans accord de l’Union européenne le 31 octobre, nouvelle date limite pour le Brexit. “Personne de raisonnable ne ciblerait exclusivement le”no deal“, mais personne de responsable ne retirerait le”no deal" de la table des négociations." John Redwood, un député conservateur qui n’est pas candidat, ardent brexiter, le pousse à aller plus loin: “Le futur premier ministre devrait dire à l’UE qu’on sort immédiatement, et que nous offrons ensuite des discussions pour un accord de libre-échange.”

Dominic Raab, un ancien ministre du Brexit et candidat à la direction des tories, s’est voulu un petit peu plus prudent, suggérant une renégociation avec Bruxelles dans un premier temps. “C’est tout?” a immédiatement attaqué Steve Baker, l’un des meneurs des brexiters durs, qui envisage aussi très sérieusement d’être candidat.

Cette surenchère, qui irait vers une sortie chaotique et économiquement coûteuse, ne vise pas tant à convaincre les électeurs britanniques que les quelque 100 000 membres du Parti conservateur (leur nombre exact est secret), qui vont élire leur nouveau leader et donc le nouveau premier ministre. Relativement peu nombreux - il y a cinq fois plus de membres au Parti travailliste -, âgés de 57 ans en moyenne, les trois quarts d’entre eux sont des hommes. Des personnes très radicales sur le Brexit: 66% veulent un “no deal”, contre 25% de la population dans son ensemble. “La base du parti a aidé à renverser ce qui était autrefois un point de vue hérétique, partagé par seulement quelques eurosceptiques ultras, en une sorte d’évidence acceptée de tous, à savoir que le Royaume-Uni”s’en sortira mieux hors de l’UE“, explique Tim Bale, politologue à l’Université Queen Mary.

La tentation de promettre un Brexit toujours plus dur risque pourtant de se retourner contre le prochain premier ministre. Ce dernier va tenter de retourner négocier à Bruxelles, mais la Commission européenne ne montre aucun signe d’ouverture. Et un changement purement cosmétique du texte risque d’être rejeté par le parlement, qui a déjà dit non à trois reprises à l’accord de Theresa May. “La même Chambre des communes désespérément divisée reste en place”, rappelle Anand Menon, qui préside le groupe universitaire UK in a Changing Europe.

Dans ces conditions, il reste la solution d’organiser des élections législatives anticipées pour débloquer la situation. Mais politiquement, après un tel résultat, cela serait du suicide pour un premier ministre conservateur. En embuscade, Nigel Farage menace de manger des voix sur la droite des tories tant que le Brexit n’a pas eu lieu. “Si nous ne sommes pas sortis (de l’UE) le 31 octobre, le score qu’on a fait (aux européennes) se répétera lors d’élections législatives”, a menacé le leader populiste juste après sa victoire, lundi aux aurores.

Le mode de scrutin des législatives fait que le parti du Brexit n’a pratiquement aucune chance de prendre le pouvoir mais il peut en revanche faire perdre les conservateurs, ouvrant la voie à la victoire du Parti travailliste de Jeremy Corbyn. Boris Johnson avertit qu’une telle éventualité serait “un désastre politique et économique”, mettant à la tête du Royaume-Uni des “marxistes ou demi-marxistes”. Faute de solution à Bruxelles ou à Westminster, et sans l’échappatoire d’élections anticipées, un premier ministre pourrait être acculé au “no deal”.

Quelques candidats à la succession de Theresa May tentent d’échapper à ce piège. Rory Stewart est de ceux-là. “Un”no deal" détruirait en un jour une réputation de stabilité économique et de compétence vieille de quatre cents ans“, avertit-il. Le politicien préconise une solution proche du compromis proposé par Theresa May. Mais cette position fait de lui l’un des candidats les moins bien placés pour remporter la course à la direction des tories.

Eric Albert - Le Temps
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24 mai 2019 Le chanvre s'invite dans les cosmétiques

Du cannabis, on connaissait déjà les vertus médicales (antidouleur, bronchodilatateur…). Les végétariens en consomment l’une de ses variétés, le chanvre, aux protéines particulièrement qualitatives, sous forme de poudre, comme chez Kiki Health. Depuis quelques mois, le chanvre a fait son apparition dans les secteurs plus inattendus de la beauté et du bien-être où nombre de laboratoires de cosmétique s’en servent pour développer huiles, crèmes et autres masques pour le visage et le corps.

" Le cannabis perd son aspect subversif pour être de plus en plus associé au bien-être. " Pierre Bisseuil, directeur de recherche au bureau de style Peclers

La légalisation du cannabis à usage récréatif et/ou thérapeutique en Amérique du Nord, et dans certains pays d’Europe entre 2013 et 2018, a " ouvert une brèche “, estime Pierre Bisseuil, directeur de recherche au bureau de style Peclers. Même en France, où la légalisation n’est pas à l’ordre du jour,” le cannabis perd son aspect subversif pour être

de plus en plus associé au bien-être “, poursuit-il. S’il y a subversion, elle est de façade, car le chanvre qui infuse les pots de crème et les aliments ne risque pas de faire” planer " - il n’a aucun impact sur le système nerveux.

Mais les industriels jouent sur l’ambiguïté alors qu’ils utilisent une variété de plante à très faible teneur en THC, la substance psychoactive. Or, ce type de chanvre est cultivé depuis des siècles, notamment dans la fabrication du papier. La cosmétique offre un nouveau débouché à cette production intéressante d’un point de vue écologique : cette culture est locale, économe en eau et ne requiert aucun pesticide. " En France, la production a été abandonnée au début du XX siècle, du fait de la concurrence de la fibre synthétique DuPont de Nemours. La culture du chanvre a néanmoins persisté dans quelques régions, comme l’Aube, qui produit la fibre nécessaire à l’élaboration de papiers spéciaux tels que le papier bible et le papier à cigarettes “, rappelle Pierre Lenfant, fondateur de la marque de cosmétiques Chanvria et ex-directeur de La Chanvrière, une coopérative de l’Aube. Cette entreprise, qui représente un tiers des cultures de chanvre en Europe, fournit de nombreux laboratoires cosmétiques. D’autres marques de soin misent sur leurs propres cultures, comme la bretonne Ho Karan, qui alimente aussi la papeterie de Quimperlé.

En cosmétique, c’est l’huile de la graine qui est recherchée pour ses vertus nourrissantes, hydratantes et réparatrices encore plus bénéfiques pour la peau que l’huile d’argan (Fluide hydratant au chanvre de Bernard Cassière, Huile La Sublime des laboratoires du Cap-Ferret, Huile Chanvre de Pranarom, Super Seed Oil de Votary…). " L’huile est riche en vitamines et possède un équilibre rare en acides gras essentiels, omégas 3 et 6. Elle est connue empiriquement depuis des siècles pour ses propriétés cicatrisantes “, indique Pierre Lenfant. Comme Origins avec son masque Hello, Calm (non commercialisé en France), Fyllde avec son baume CBD ou Horace avec son Gel douche Cannabis-Bois de Gaïac relaxant, certaines maisons préfèrent surfer sur l’effet réputé calmant du CBD (cannabidiol), un composant naturel du chanvre qui, contrairement au THC, ne fait pas” planer “. Mais” le CBD n’a pas d’effets sur tout le monde “, souligne Pierre Lenfant.

Les volutes de cannabis inspirent également les parfumeurs, comme en témoignent les jus Cannabis Santal de Fresh, Cannabis d’Il Profumo ou Cannabis de Malin + Goetz. En 2014, Fabrice Pellegrin livrait son interprétation des volutes addictives pour la maison By Kilian avec le remarqué Smoke for the Soul. Quatre ans plus tard, Olivier Cresp fonde avec sa fille et son gendre, Akro, une marque qui évoque six " addictions licites " et propose avec le jus Haze, une senteur proche de celle du cannabis tout en étant " portable “.” J’aime beaucoup l’odeur de l’herbe fumée, elle possède une puissance qui me fascine. Elle transperce l’atmosphère, on la sent à 50 mètres alors qu’une cigarette ne se sent pas à plus de 3 mètres “,

précise le parfumeur. L’association d’armoise, d’absinthe, de sauge sclarée, d’eucalyptus et de menthe verte donne naissance à une fragrance aromatique et boisée, qui ne laisse pas indifférent. On est cependant loin du scandale provoqué par Opium d’Yves Saint Laurent en 1977.

Claire Dhouailly - Le Monde.fr
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24 mai 2019 Comment la France a relancé le secteur de la chimie verte

La chimie verte compte 200 usines et sites de recherche en France.

C’est d’abord contrainte et forcée, face à la flambée du pétrole, que l’industrie chimique s’est tournée au début des années 2000 vers les ingrédients d’origine végétale, en quête de matière première à prix compétitif. L’alerte passée sur le cours des produits fossiles, de nombreux projets de substitution des hydrocarbures avaient été abandonnés. Mais l’innovation reprend le dessus, moins centrée sur la compétitivité - qui reste une condition sine qua non -, " et plus sur la fonctionnalité et la valeur ajoutée environnementale “, affirme François Monnet, le président de l’Association chimie du végétal (ACDV), qui tient son congrès européen à Lyon depuis mercredi, avec le soutien du pôle de compétitivité Axelera. Le Plant Based Summit, rendez-vous d’industriels, veut passer le message du moindre impact carbone : moins de gaz à effet de serre avec des ressources renouvelables, des procédés pas plus gourmands en énergie et un meilleur taux de biodégradabilité.

Cette nouvelle chimie verte, visage durable d’une industrie à fort impact écologique, arrive aujourd’hui à maturité, " à l’image des start-up clermontoises et , qui ont annoncé en moins de six mois près de 90 millions d’euros d’investissement cumulés pour construire leurs premières usines “, rappelle Philippe Le Thuaut, chargé de projet Innovation chez Axelera. Avec Carbiolice et Evertree quelques semaines plus tôt, cela fait monter à quatre en moins d’un an les financements du fonds SPI dans ce domaine, concentré de chimie fine et de biotechnologie. Sans oublier quelques dizaines de millions supplémentaires investis ou levés chez Olvea , Algaïa ou le parc Chemstart’up de Lacq.

Le projet de Metex, pour fabriquer du propanediol et de l’acide butyrique à partir d’huile de colza (sans OGM), a déjà vingt ans. Afyren, qui transforme du sucre en acides organiques pour la parfumerie et la cosmétique, a huit ans de développement derrière elle. " Le cycle de R&D sur la matière n’est pas celui de l’industrie numérique “, souligne Monnet, également directeur technologie chez Solvay .

La chimie du végétal va puiser dans la biomasse renouvelable, et non plus dans les hydrocarbures qui ont mis des millions d’années à fossiliser, le carbone dont elle a besoin pour synthétiser de nouvelles molécules, avec des fonctions spécifiques. On retrouve ces ingrédients industriels - monomères, polymères , acides et tensioactifs aux noms savants - dans les plastiques, les matériaux composites, les peintures, les textiles, les détergents, les cosmétiques, la nutrition animale… L’ACDV essaie de populariser la norme européenne TC411 qui mesure la proportion d’ingrédients biosourcés dans le produit final de grande consommation.

C’est en quelque sorte un retour aux sources pour la chimie, née de la transformation des huiles pour fabriquer du savon. La nouvelle biochimie exploite beaucoup le sucre (de betterave ou de canne) et tous ses dérivés : farine, amidon, cellulose, lignite… L’imagination des chimistes est assez opportuniste pour exploiter le pin dans les Landes, les algues en Bretagne ou les résidus de vinification à Cognac. La grande famille des carbohydrates permet d’obtenir des molécules de base très intéressantes à fonctionnaliser selon l’application, ou de les tricoter en longues chaînes de polymères pour fabriquer des tissus et des plastiques.

Les régions agricoles sont en pointe, à côté des bastions de la chimie Lyon et Marseille, dans la cartographie de la chimie verte établie par l’ACDV : elle recense 200 usines et sites de recherche en France. " C’est une source de compétitivité pour nos agriculteurs, qui leur permet de diversifier et sécuriser leurs revenus “, plaide François Monnet. En veillant à ne pas concurrencer les usages alimentaires. La chimie biosourcée valorise les déchets de l’agroalimentaire et les sous-produits du bois (écorces, tiges), quand il ne s’agit pas tout simplement de ressources non comestibles (ricin, algues, guar…). La France est doublement bien placée : comme premier pays agricole européen et deuxième puissance chimique (sixième au niveau mondial).

Selon les professionnels, le secteur en France représente 24.000 emplois directs, avec un taux d’encadrement de 30 %. C’est 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires (10 % du secteur global), en croissance de 6 % par an, avec une forte dynamique d’innovation. Et c’est surtout le plus fort chiffre d’affaires par emploi de toute la bioéconomie : 400.000 euros.

Lea Delpont - LesEchos.fr
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23 mai 2019 Comment Rihanna secoue le monde du luxe

Mai 2019, big bang dans l’univers mode : Rihanna, une des pop stars les plus puissantes de l’industrie musicale, s’associe à LVMH, le premier groupe de luxe mondial. Mais, cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une simple collaboration, comme il y a en eu tant d’autres (à l’instar de H&M et de Madonna en 2007 ou de Puma et Selena Gomez cette année), mais de la création de toutes pièces d’une maison de mode : Fenty.

La marque, baptisée du nom de famille de la chanteuse, sera officiellement lancée vendredi 24 mai avec l’ouverture d’une boutique éphémère dans le Marais à Paris - un site d’ecommerce suivra le 29 mai. Fenty, qui proposera des vêtements, accessoires et chaussures, s’inscrira en dehors du calendrier traditionnel de la mode, sans défiler, distribuant des nouveaux produits de la même manière que Rihanna sort des singles, avec des drops réguliers (soit la mise en vente pour un temps court d’articles inédits en nombre limité).

Il n’y aura pas de réseau de magasins physiques, les drops seront disponibles uniquement dans des boutiques éphémères et sur le site de Fenty. Fidèle aux valeurs prônées par Rihanna, la marque a pour vocation de parler à toutes les femmes et d’être portée par toutes les morphologies, et d’" émanciper ses clientes “. Avec un positionnement luxe : les prix varieront entre environ 200 dollars (179 euros) pour un tee-shirt jusqu’à 1 500 dollars pour un manteau ; il faut compter environ 1 000 dollars pour les robes et les vestes.

Les vêtements du premier drop sont très rihannesques, avec des pièces-phares de sa garde-robe dans des matières confortables, essentiellement du coton et du denim. On ne passe pas inaperçu dans ses vestes et ses chemises aux épaules surdimensionnées, ses tee-shirts très structurés, ses robes bustiers très très courtes. C’est chic, parfois minimaliste, parfois outrageusement sexy, saupoudré d’une touche de streetwear.

" Dans la petite histoire du luxe des vingt dernières années, le lancement de Fenty fera date. Car il entérine la mutation de la nature même du secteur “, estime Benjamin Simmenauer, professeur à l’Institut français de la mode et philosophe. Ce qui frappe d’abord, c’est le caractère exceptionnel d’une création de marque ex nihilo chez LVMH. Le seul autre exemple remonte à 1987, quand le groupe avait lancé la maison de couture Christian Lacroix. Mais cet événement était finalement assez classique, puisqu’il s’agissait de soutenir un couturier aguerri dans le développement de sa marque.

Jusqu’ici, les groupes de luxe se sont constitué une légitimité mode en rachetant ou en relançant des maisons riches du nom d’un couturier (comme Christian Dior chez LVMH ou Cristobal Balenciaga pour Kering) ou d’un savoir-faire (à l’instar du brodeur Lesage passé dans l’escarcelle Chanel). Aujourd’hui, LVMH renverse cette logique en promouvant PDG et directrice artistique une pop star qui n’a jamais touché un dé à coudre.

Mais Rihanna possède d’autres talents. Son sens du business n’est plus à prouver - sa fortune a été estimée à 260 millions de dollars (232 millions d’euros) en 2018. Elle fait partie des femmes les plus puissantes de l’industrie musicale : depuis 2005, elle a écoulé 280 millions de disques, ce qui en ferait l’artiste féminine ayant vendu le plus de disques aux Etats-Unis d’après la Recording Industry Association of America.

Très tôt, elle investit également le terrain de la mode en assumant un style souvent excentrique, et en devenant égérie de marques de luxe. Elle prête son visage pour des campagnes Gucci, Armani ou encore Dior dont elle a été la première ambassadrice noire (en 2015).

En 2014, elle commence à bâtir son propre édifice en déposant sa marque Fenty - nom aujourd’hui synonyme d’énormes succès commerciaux. D’abord grâce à la signature d’un contrat avec Puma pour une ligne de vêtements et de baskets accessibles. L’effet Rihanna se fait immédiatement sentir chez l’équipementier sportif : + 14 % de ventes l’année de son arrivée.

En 2017, Rihanna s’appuie sur Kendo, l’incubateur de marques de beauté du groupe LVMH, pour lancer Fenty Beauty. Elle a l’idée de génie de proposer une très vaste palette de fonds de teint (40 teintes) capable de s’adapter à n’importe quelle carnation, notamment aux peaux sombres, qui étaient jusque-là peu représentées. Début 2019, le groupe LVMH annonce 500 millions de ventes en une seule année d’existence. Dans la foulée, Rihanna lance de son côté en 2018 une marque de lingerie, Savage x Fenty, où toutes les tailles, couleurs de peau et morphologies sont prises en compte.

Outre son succès fulgurant dans la mode et les cosmétiques, Rihanna possède deux autres atouts de taille : elle peut incarner sa marque elle-même et rassemble une communauté de fans fidèles (plus de 71 millions d’abonnés sur Instagram). Alors que la plupart des maisons investissent énormément de temps et d’argent à trouver des égéries pour les représenter, espérant que ces ambassadeurs toucheront un client fantasmé.

Si Fenty est un succès (mais qui en doute ?), il discréditera les arguments des sceptiques qui ne trouveraient pas légitime le niveau de responsabilité de Rihanna dans le luxe, cet univers ouaté qui jusqu’ici n’a guère ouvert de hauts postes aux personnes de couleur. Il marquera aussi la création d’un nouveau modèle, celui où luxe et streetwear ne font plus qu’un, où les réseaux de distribution en dur ne sont plus essentiels et où il n’est plus nécessaire d’être passé par des écoles de mode ou des studios prestigieux pour être à la tête de sa propre maison de luxe. Fenty ou le début d’une nouvelle ère mode ?

Elvire Von Bardeleben,Caroline Rousseau - Le Monde.fr
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