CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques

Agrégateur de news : avril 2019

L'agrégateur de news est un service qui réunit de façon automatique tous les sujets d'actualité en rapport avec le secteur cosmétique publiés dernièrement sur Internet, tous médias confondus.


30 avr. 2019 Clarins, Sephora… quels sont les meilleurs sites de bien-être et beauté ?

Les grandes marques de cosmétiques font de plus en plus concurrence aux distributeurs.

Les notes attribuées aux sites sont sur 10 et ont été arrondies à une décimale. Le rang tient compte aussi des décimales suivantes.

Clarins : Conseils beauté, programme de fidélité, relevé de satisfaction, partage d’expériences sur les réseaux sociaux : cette marque de cosmétiques soigne bien sa relation clientèle sur le Web.

Gouiran Beauté : Basé à Montpellier, ce grossiste en produits de beauté offre deux accès sur son site, l’un pour les pros, l’autre pour les particuliers, et il bénéficie d’avis clients favorables.

Lentillesmoinscheres.com : Détenu par Marc Simoncini, le leader du marché propose une offre variée, des prix bas et un service de renouvellement automatique de livraison des lentilles.

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Pour la seconde année, voici le palmarès exclusif effectué pour Capital par l’institut Statista. Leurs experts ont commencé par actualiser et enrichir la base de données utilisée l’an dernier : plus de 10.000 sites marchands en France ont ainsi été recensés. Pour réaliser une comparaison homogène, seuls les sites ayant du stock et vendant au grand public ont été retenus. Voilà qui explique l’absence des places de marché, des sites BtoB et de services.

Dans chacun des secteurs analysés, les sites les plus importants ont ensuite été sélectionnés, selon leur fréquentation en 2018 et leur chiffre d’affaires quand les données étaient publiques. Puis ils ont été testés sur la base de 53 critères (ergonomie, modes de paiement et de livraison proposés, sécurité des achats, performances techniques, relation clients…). Enfin, une enquête qualitative auprès de 3.000 cyberacheteurs a permis de compléter cette analyse technique. L’ensemble de ces résultats a donné lieu à une note sur 10.

Bruno Declairieux - Capital.fr
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30 avr. 2019 Les frères Alexeï et Oleg Navalny poursuivent Yves Rocher pour " dénonciation calomnieuse "

Le groupe de cosmétiques breton Yves Rocher est rattrapé par un vieux cauchemar. Sa filiale russe avait directement contribué à faire condamner, en décembre 2014, Alexeï Navalny, le principal opposant russe à Vladimir Poutine, et son frère Oleg. L’heure de la contre-attaque judiciaire franco-française a sonné. Tout un symbole, les deux frères, qui avaient déposé, en juin 2018, une plainte avec constitution de partie civile, sont convoqués, mardi 30 avril, à Vannes, par un juge d’instruction, dans le cadre d’une information judiciaire pour " dénonciation calomnieuse " visant Yves Rocher, dont le siège se trouve à La Gacilly (Morbihan).

Premier marché à l’export, la Russie a longtemps été un paradis pour le groupe français. Avant de se métamorphoser en une sérieuse source d’embarras, potentiellement désastreuse en termes d’image. Ce groupe si fier d’utiliser des produits naturels déclarait, lundi 29 avril, avoir " appris avec surprise " l’accusation qui le vise.

Le 30 décembre 2014, après une plainte déposée par la filiale russe d’Yves Rocher, Alexeï Navalny, avocat et blogueur anticorruption devenu le principal opposant au chef d’Etat russe, avait été condamné par un tribunal moscovite à trois ans et demi de prison avec sursis pour détournement de fonds, escroquerie et blanchiment d’un montant de 26 millions de roubles (370 000 euros). Son frère, Oleg, a été condamné à la même peine, mais ferme.

A l’époque, M. Navalny estimait être puni pour son activité politique et dénonçait, dans la peine infligée à son frère, " une prise d’otage “. En octobre 2017, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait estimé que les frères Navalny avaient été privés du droit à un procès équitable et évoqué des décisions de justice” arbitraires et manifestement déraisonnables ". La CEDH a enfoncé le clou en condamnant, le 9 avril, la Russie pour persécution politique contre Alexeï Navalny.

C’est désormais l’origine de ce feuilleton que va étudier la justice française, après la plainte déposée par l’avocat William Bourdon. L’accusation de dénonciation calomnieuse est lourde. Elle sous-entend qu’Yves Rocher aurait prêté la main à un procès à caractère politique contre le premier opposant de Vladimir Poutine, l’homme qui s’est imposé précisément en dénonçant la corruption des caciques du régime russe. " Le fait qu’une société française ait accepté de jouer ce rôle a été un facteur important à l’époque, en donnant un vernis de crédibilité à l’accusation, explique M. Navalny, de passage à Paris, avant de se rendre à Vannes. C’est donc important pour nous, aujourd’hui, de lui demander des comptes. "

Benoît Vitkine,Nicole Vulser - Le Monde.fr
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29 avr. 2019 Cosmétiques : nouvel actionnaire et nouveau patron pour Alès Groupe

La société française de cosmétiques Alès Groupe a annoncé aujourd’hui l’entrée à son capital d’un actionnaire minoritaire, le distributeur de médicaments et cosmétiques Co-Capital, et la nomination à sa tête d’un nouveau président du directoire, Frédéric Poux. L’arrivée du nouvel actionnaire a permis au groupe de conclure un accord avec ses partenaires financiers pour le rééchelonnement de sa dette, ajoute Alès Groupe dans un communiqué.

“Cette nouvelle structure financière donnera au groupe la flexibilité nécessaire pour l’exécution de sa stratégie et la poursuite de son plan de transformation”, explique-t-il. La holding Co-Capital, qui représentait depuis plusieurs années les produits d’Alès Groupe à l’international, va souscrire à une augmentation de capital d’Avila, l’actionnaire majoritaire d’Alès Group. Dans ce cadre, Co-Capital investira 20 millions d’euros au capital d’Avila, ce qui lui donnera 40% du capital et des droits de vote, le solde étant détenu par la famille Alès.

Alès Groupe réalisera ensuite, d’ici la fin de l’année, une augmentation de capital d’un montant maximum de 25,5 millions d’euros, qui sera souscrite par Avila à hauteur de 20 millions d’euros. Le groupe de cosmétiques a parallèlement décidé de nommer un nouveau président du directoire, Frédéric Poux, en remplacement de Raphaël Yousri, qui demeure membre du directoire en charge du marketing stratégique. Frédéric Poux a notamment été PDG du Groupe Afflelou (optique) de 2012 à 2018, puis président du conseil d’administration du distributeur Sport 2000.

Alès Groupe entend poursuivre en 2019 son plan de transformation, axé notamment sur la réorganisation de ses équipes en France et le redéploiement de sa marque leader Lierac sur le segment de l’anti-âge premium. Le groupe veut aussi poursuire le développement de ses autres marques, dont la diffusion de Phyto (soins capillaires) en pharmacie et à l’international et l’expansion de Jowae (soin de la peau) en France et à l’international.En octobre dernier, le groupe avait cédé sa filiale Parfums Caron au fonds Cattleya, dans le cadre de plan de recentrage sur la cosmétique et les produits capillaires. Le groupe précise que sa cotation sur Euronext Growth, suspendue à sa demande depuis le 27 mars, reprendra à partir du 30 avril.

Agence France-Presse - Le Figaro.fr
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29 avr. 2019 Comment déjouer les pièges de son cerveau au travail

Notre cerveau nous ment ! Pour gagner en efficacité, il simplifie, extrapole… et s’arrange avec le réel, quitte à nous faire croire n’importe quoi. Conseils pour parer aux biais décisionnels.

" Ça va marcher ! Tu vas voir, on va booster les ventes et redresser la situation ! " S’adressant à son bras droit inquiet, Gilles Marque, président d’Actiss Partners, fleuron du management de transition, croyait dur comme fer à la réussite de son projet. Sollicité début 2016 par une petite société de produits cosmétiques en difficulté mais prometteuse, il est certain de parvenir à quadrupler son chiffre d’affaires en deux ans, soit un saut de 500.000 à 4 millions d’euros. Un objectif réfléchi, selon lui, que la réalité vient pourtant contredire peu à peu.

Faisant fi des signaux alarmants - afflux de factures impayées par le client, alertes de sa comptable puis de son associé - le dirigeant ne voit que les choses positives : des produits disruptifs, les excellents rapports du commercial, l’intérêt des Asiatiques pour ce micromarché. A l’été 2017, patatras ! L’ardoise de la TPE culmine à 150.000 euros. C’est le coup d’arrêt. Gilles l’avoue : " Je me suis entêté, emballé par cette pépite d’innovation, les perspectives de gain… Là, j’ai pris cher! "

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Erreur d’appréciation ? Conjoncture défavorable ? Pas du tout. Ce patron expérimenté a été trompé… par son propre cerveau ! Il a été la victime inconsciente de ce que les neuroscientifiques nomment les biais cognitifs. Il s’agit de raccourcis de pensée que nos cellules grises adorent emprunter pour gagner du temps. Ce faisant, elles économisent l’énergie mentale nécessaire pour raisonner, comparer, soupeser… et décider en toute lucidité.

Gilles Marque a été sujet à deux biais largement documentés par les neuroscientifiques : le biais d’optimisme, qui l’a rendu sourd et aveugle aux avertissements répétés de ses collaborateurs, et le biais des “coûts irrécupérables”. Ce dernier l’a entraîné à creuser ses pertes au-delà du raisonnable, dans une fuite en avant… uniquement justifiée par la nécessité de “ne pas avoir dépensé tout ça pour rien”. Un peu comme un joueur au casino mise son dernier sou dans l’espoir de se refaire.

La plupart du temps, ces biais décisionnels sont très utiles dans la vie pour décider vite et bien. Ils proposent, en effet, des chemins neuronaux déjà connus pour répondre efficacement à l’incertitude et aux différentes options qui s’offrent à nous. " Le cerveau est une machine à faire des probabilités et des prévisions. Il ne cesse de décider, faisant en permanence des boucles de rétroaction entre le cortex préfrontal et les structures sous-corticales, afin d’ajuster ses hypothèses ", explique Thomas Boraud, neurobiologiste, directeur de recherches au CNRS et auteur de Matière à décision (CNRS Editions, 2017). Pour se faciliter le travail, le cerveau a recours à ces biais qui lui permettent de réagir face à des situations connues.

Sauf qu’il leur arrive de se tromper. Car ces raccourcis neuronaux sont gérés par un régime de pensée “automatique”, baptisé système 1 (S1) par le psychologue américain Daniel Kahneman. Rapide, intuitif, émotionnel, S1 ne se donne pas toujours la peine de vérifier ses hypothèses et ses associations approximatives. Ça, c’est le travail de système 2 (S2), le mode de pensée adaptatif, autrement dit celui qui réfléchit, déduit, programme, invente… mais qui est aussi plus lent et gros consommateur d’énergie.

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" Les deux systèmes, sont interdépendants, souligne Riadh Lebib, docteur en neurosciences et consultant pour le groupe SBT. Le système 1 “travaille” pour le système 2 en lui fournissant des solutions toutes faites. S’il ne valide pas ces solutions, le S2 reprend la main, ce qui demande à nos neurones beaucoup d’effort, de temps et d’énergie. "

Vous avez suivi ? La plupart des erreurs de jugement trouvent leur source dans une mauvaise délégation entre S1 et S2, explique le Pr Philippe Damier, neurologue au CHU de Nantes et auteur de Décider en toute connaissance de soi. Neurosciences et décision (Odile Jacob, 2014) : " En dehors des situations d’urgence, le système 2 contrôle ce que fait le système 1. Mais sa vigilance est parfois en défaut. Et le cerveau étant prospectif et interprétatif, il s’appuie sur nos croyances et attentes qui faussent nos perceptions et appréciations de la réalité. "

Lorsqu’il n’a sous la main que des informations parcellaires, S2 n’hésite pas à boucher les trous, d’où les conclusions hâtives et les stéréotypes. " Confronté au hasard, le cerveau s’invente même des relations de causalité, créant des déterminismes là où il n’y en a pas ", constate Pierre-Marie Lledo, directeur du département des neurosciences à l’institut Pasteur et directeur de recherche au CNRS.

Enfin, il faut savoir que le cerveau décide de façon aléatoire : " Le processus délibératif, c’est-à-dire l’oscillation entre le oui et non, intègre une part de hasard dans son fonctionnement. C’est indispensable, sinon il se bloque ! ", explique Thomas Boraud. En gros, votre cerveau prend ses décisions à pile ou face et les justifie ensuite en ne retenant que les hypothèses qui lui sont favorables. Ces choix aléatoires que l’on rationalise après coup sont évidemment une source inépuisable d’erreurs, en particulier dans le monde des affaires.

Directeur général de Domus Vi Domicile (aide et soins à domicile), Charles Dauman en a fait la cruelle expérience. Lui n’a pas hésité à passer outre toutes les procédures en vigueur dans son entreprise pour… recruter une ancienne collègue resurgie du passé via LinkedIn. A ses yeux, cette manager dont il avait apprécié les compétences au sein de groupes internationaux de high tech, avait les capacités, l’expérience, l’aisance nécessaires pour tenir le poste de directrice régionale. Une seule rencontre lui a suffi pour qu’il propose son nom au Codir France et obtienne un " oui “.” C’était génial, elle allait s’adapter. Pourquoi rechercher un autre candidat ? " Mais la greffe n’a pas pris, la dame a été remerciée au bout d’un an et la société a vu s’évaporer les 10% de croissance espérés cette année-là.

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Le vécu positif, mémorisé par Charles, ravivé via les réseaux sociaux, a occulté chez lui toute prudence. " J’ai squeezé la procédure habituelle de recrutement, reconnaît-il. Et j’ai, sans le vouloir, imposé ma candidate aux autres. " Charles a été la victime inconsciente de deux pièges cognitifs. Il a d’une part succombé au biais de disponibilité : le contenu émotionnel lié à la réapparition “au bon moment” de son ancienne collègue l’a suffisamment convaincu pour qu’il ne lui demande ni CV ni références et se passe de l’avis de son DRH.

Il a d’autre part été piégé par le biais d’autorité, organisationnel celui-là : ses collègues du Codir n’ont pas osé le contredire ni l’alerter sur son erreur. Un réflexe de prudence utile au sein d’une meute préhistorique, mais qui n’a plus guère de raison d’être lors d’une réunion de dirigeants !

Bref, personne n’est à l’abri de ses biais décisionnels, d’autant qu’ils sont inconscients, évidemment. Difficile pourtant d’en chiffrer précisément le nombre. Sur environ 200 “raccourcis neuronaux”, évaluation la plus fréquente, 70 seraient actifs dans la vie quotidienne et une vingtaine susceptibles d’affecter la décision des managers. Chaque individu, selon son histoire, possède “ses” biais de prédilection. Tel sera plus pessimiste, tel autre aura un goût immodéré pour le risque, tel autre aura tendance à croire n’importe quel chiffre asséné avec conviction… Toutefois, nul n’échappe à l’excès de confiance. Lorsqu’ils sont interrogés, 90% des Français pensent entrer dans la catégorie “bon conducteur”… Ce qui est statistiquement faux, bien sûr.

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Ce biais d’optimisme est d’ailleurs particulièrement élevé chez les dirigeants. Normal : l’optimisme est un trait commun aux managers. Il nourrit leur appétence aux risques, mais ne garantit en rien le succès ! Bien d’autres biais faussent nos raisonnements les plus irréfutables. Ainsi, l’aversion à la perte, qui pousse à accepter tout de suite un gain certain mais peu élevé plutôt qu’un gain aléatoire et élevé. Ou le biais de confirmation, qui ne sélectionne que les informations aptes à corroborer l’hypothèse initiale. Deux biais qui conduisent à coup sûr à louper des opportunités de business, à privilégier les investissements à court terme ou à foncer dans le mur en klaxonnant.

Mais est-il possible de les contourner ? Assurément. " On ne peut pas déraciner les biais. Mais on peut prendre conscience de leur existence et forcer le cerveau à basculer du système automatique vers le système rationnel ", affirme Riadh Lebib. Outre la classique balance décisionnelle (avantages/inconvénients) qui permet de revenir aux faits pour construire une décision, diverses stratégies permettent d’empêcher le cerveau à recourir trop vite à ses biais. L’une d’elles consiste à se faire assister d’autres personnes, si possible dotées de biais cognitifs différents des siens.

Du coup, par effet de lissage, ceux-ci se neutralisent. A condition que la parole soit suffisamment libre au sein de l’entreprise. Car il existe aussi des biais collectifs : les effets de groupe, où chacun s’encourage inconsciemment à suivre le comportement de l’autre, à penser que le chef a forcément raison ou à trouver géniale une idée partagée.

Or, une décision n’est pas forcément bonne parce qu’elle a été prise en commun, illusion la plus fréquente de la pensée de groupe… Le sociologue Christian Morel, auteur de trois opus sur les Décisions absurdes (Gallimard), insiste sur la nécessaire collégialité dans la prise de décision, à ses yeux le meilleur remède contre les biais d’un dirigeant isolé. A condition, toutefois, que le collectif soit “sain” : c’est-à-dire fiable, formé à la communication intensive, capable de contester le choix de ses supérieurs en cas de dérive avec l’assurance de ne pas être puni, comme cela se pratique, par exemple, dans les cockpits d’avion ou dans les blocs opératoires.

Bref, seule une procédure rationnelle, fixée à l’avance et conférant à chaque membre du collectif un droit égal à la parole, permet de déjouer les coups de force individuels d’un cerveau qui s’emballe. D’où la nécessité, dans le cas d’un recrutement, de croiser les regards sur le candidat, entre DRH, patron, responsable opérationnel… Ou de désigner, lors d’une réunion, un “avocat du diable”, chargé de démolir point par point le projet sur lequel on s’apprête à voter.

Autre technique, le pre-mortem, préconisé par le neurobiologiste Philippe Damier. La méthode consiste non plus à analyser le passé, mais à se transporter collectivement dans un futur où le projet a capoté, et à en faire l’autopsie en disséquant par écrit les raisons du désastre, ce qui permet de lever les doutes et les non-dits. Et d’imaginer un plan B, moins risqué. On peut aussi, dans une logique paradoxale, zapper le système automatique, en examinant le projet par la négative, avec la formulation " ne… pas ", relèvent les experts de SBT : Et si le plan ne se réalisait pas ? Et si je ne faisais pas ? Et si X ne voulait pas ? Cette stratégie permet d’explorer des option non envisagées.

Autre parade : ne pas parler en premier, conseille Patrick Amar, psychologue et dirigeant d’Axis Mundi, auteur de Psychologie du manager (Dunod, 2012), afin de court-circuiter le biais d’ancrage : " Lorsqu’on négocie un salaire ou un budget, annoncer tout de suite un chiffre, c’est l’ancrer dans le cerveau de son interlocuteur qui se basera dessus pour se repérer. Mieux vaut indiquer une fourchette. En sens inverse, avant de fixer un investissement ou un prêt, il faut se défier du montant qui vient instantanément à l’esprit, qui s’est peut-être ancré dans le cerveau suite à une lecture sur le sujet ou qui se fonde sur une intuition. Le confronter à d’autres études s’impose. " Et puis, au démarrage des réunions, le leader s’appliquera à se taire, , ajoute ce coach, au risque d’orienter dans son sens les neurones de l’équipe.

Nul ne sait combien de biais altèrent notre jugement, et les neuroscientifiques en découvrent encore. Wikipédia en recense près de 200, que l’américain Buster Benson a réorganisés, en 2016, en fonction du problème que le cerveau cherche à résoudre. Florilège.

Il n’est pas bon de décider le ventre creux ou l’esprit fatigué ! En 2011, le sociologue israélien Shai Danziger a épluché 1.112 audiences judiciaires de son pays pour déterminer comment se décident les libérations conditionnelles. En début de journée, le taux de libération est de 65%, puis il baisse au fil de la matinée jusqu’à atteindre le point zéro à l’heure du déjeuner. Juste après cette pause, les magistrats - pourtant impartiaux - sont plus indulgents, le taux remonte à 65% avant de chuter à nouveau fortement avant la pause goûter de l’après-midi, puis il remonte et s’effondre en fin de journée.

Ecartant l’idée d’un quota inconscient de décisions favorables, le chercheur estime que pour éviter la surcharge de choix créée par les prises de décision répétitives, les magistrats épuisés mentalement optent pour le choix le plus facile : le refus de la liberté conditionnelle. La décision est plus rapide et nécessite un verdict écrit moins long… juste avant la pause déjeuner. Des conclusions valables pour les décisions financières, médicales, d’embauche, etc. Par ailleurs, une étude du chercheur de l’Inserm Bastien Blain, publiée en 2016, montre qu’un travail cognitif prolongé, de plus de six heures, favorise un choix financier impulsif, privilégiant la récompense immédiate plutôt que des bénéfices à long terme.

Marie-Madeleine Sève - Capital.fr
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29 avr. 2019 JAB takes back majority control of Coty with tender offer

JAB Holdings successfully boosted its stake in problem-plagued cosmetics maker Coty, taking back majority control after strong investor response to its tender offer.

The investment firm that has been on a $50bn-plus deal spree across the consumer sector said in a statement on the preliminary results of the offer that 217m shares had been tendered. JAB will buy 150m of them, taking its stake to 60 per cent from 40 per cent currently.

The deal shows how JAB, which also owns Keurig Dr Pepper and Pret A Manger, is doubling down to support Coty, one of its oldest investments after a particularly difficult stretch. Not only has Coty been buffeted by disruption hitting the beauty sector, it botched the integration of a blockbuster $12.5bn deal to buy Procter & Gamble’s beauty brands in 2015.

A new management team is now in place, and is expected to unveil a turnround plan later this year for Coty, whose brands include CoverGirl make-up and Wella hair products.

Coty shares closed on Friday at $11.26, far off the $32.45 peak they hit in June 2015 just before it won the auction for the P&G brands and below their initial public offering price of $17.50 in 2013.

In London,Leila Abboud,Tender Offer - Financial Times (FT)
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29 avr. 2019 Le phénomène Bella Hadid

Avec son métissage presque universel et son visage comme digitalisé, le top-modèle américain et superstar des réseaux sociaux incarne, en même temps qu’il les redéfinit,les critères de beauté actuels.

Il faut la voir pour le croire: Bella Hadid éclipse tout sur son passage. Dans la rue vêtue d’un jogging, à l’aéroport après huit heures de vol ou maquillée sur une séance photo, le mannequin de 22 ans hypnotise les hommes comme les femmes. Les proportions de ses traits forment-elles le fameux nombre d’or qui obsède les mathématiciens et les artistes depuis la nuit des temps? Ses joues affûtées au rasoir, sa bouche dessinée et ses yeux de chat sont-ils à ce point parfaits qu’ils sont devenus les plus demandés dans les cabinets de chirurgie esthétique - malgré les avant/après dont les tabloïds se régalent, elle-même réfutant toute intervention?

“Bella Hadid a une structure osseuse d’Alien”, résume le maquilleur libanais Sharbel Hasbany sur son blog. Peter Philips, directeur de la création et de l’image du maquillage chez Dior dont elle est égérie depuis 2016, de renchérir. “J’ai eu l’occasion de travailler avec beaucoup de filles sublimes, mais son visage à elle est extraordinaire. Si on analyse chaque élément de façon anatomique, ses yeux possèdent une couleur incroyable, un bleu pailleté de gris et d’ambre, sa peau a la texture idéale, même ses cils sont parfaits, ni trop longs, ni trop courts, bien placés… Pourtant elle n’est pas une beauté classique, elle l’est devenue.” Il y a quelques semaines, pour sa réédition après dix ans d’interruption, le magazine Vogue Grèce mettait en couverture le profil de la Californienne au milieu de statues grecques - tout un symbole.

La jeune femme est née en 1996 à Los Angeles. Son père Mohamed Hadid est un promoteur immobilier palestinien et sa mère, Yolanda, un mannequin néerlandais devenu une vedette outre-Atlantique grâce à la télé-réalité The Real Housewives of Beverly Hills (2014-2015). Ses deux filles, Gigi et Bella (officiellement, Jelena et Isabella), y font leur apparition. La mode s’emballe pour ces deux sœurs élevées aux green juices et au sport. Gigi, de 18 mois l’aînée, est la première à poser en “girl next door” (pour Guess, Balmain, Tommy Hilfiger, etc.) mais rapidement, les marques de vêtements, de joaillerie et de beauté s’arrachent le visage hors norme de Bella. Il y a quelque chose en elle du métissage presque universel … dans l’air du temps.

“Les symboles et les codes de l’esthétique changent selon les époques et les groupes humains. Ces choix d’affiliation esthétique sont influencés par plusieurs facteurs: la culture ou subculture de référence, mais aussi des phénomènes de mode (ou d’exotisme) se propageant de plus en plus suivant les biais virtuels comme les blogs ou les réseaux sociaux, soulignait la chercheuse Virginie Silhouette-Dercourt (maître de conférences à Paris XIII) lors d’un séminaire sur les esthétiques du monde donné à la librairie Kléber, à Strasbourg. À l’époque de la globalisation, on assiste à l’émergence d’une”unimorphisation“, une uniformisation des morphologies humaines. Aucune perte de la”biodiversité" n’est en train de se produire ; au contraire, le terrain nous révèle que les modèles esthétiques s’enchevêtrent et les pratiques s’hybrident de manière souvent imprévisible, spontanée et créative." Incarnant cette théorie, Bella Hadid a les paupières lourdes et bridées des Asiatiques avec l’iris des Caucasiennes, les pommettes slaves avec la bouche charnue des Africaines et la carnation des Moyen-Orientales.

Une carte dont l’Américaine aux 24 millions de followers sur Instagram joue constamment, passant du blond (sa couleur naturelle) au brun, révélant ses rituels de maquillage et multipliant les selfies en gros plan. “Elle connaît parfaitement son visage, sait l’utiliser et comment être belle - comme la plupart des digital natives, sans doute? reprend Peter Philips. Elle représente un phénomène de société, l’osmose entre son physique et l’univers des réseaux sociaux est évidente.”

On a déjà évoqué, dans ces pages, le syndrome appelé par la communauté scientifique “Snapchat dysmorphie” poussant de plus en plus de jeunes filles à réaliser des interventions esthétiques afin de ressembler à leur image digitale. Finissant par confondre virtuel et réel, ces patientes réclament des yeux agrandis comme sous l’effet d’un filtre, une bouche en cœur, une peau pixellisée… Avec son côté avatar, mi-kawai mi-statue grecque, Bella Hadid fait sans doute partie de leurs idoles.

Au fil des années, sa communauté l’a vue évoluer, perdre ses joues d’enfant, devenir influente. “Au début, elle n’avait pas confiance, elle s’est épanouie sous le regard des autres, or l’empowerment est si important de nos jours. Le monde entier a suivi sa métamorphose, et cela aussi est très moderne: les gens se disent que si elle est devenue belle, ils peuvent le devenir, continue Peter Philips. Dans le même genre, il y a eu Twiggy dans les années 1960, qui rompait par sa fraîcheur et son naturel avec les canons de l’époque, et évidemment Kate Moss, en pleine gloire des supermodèles. Personne ne pouvait être Claudia Schiffer, mais les femmes du monde entier s’identifiaient à Kate.” À chaque génération, sa révolution.

Dr Michel TORDJMAN.: “La majorité des femmes veut être soi, en mieux”

INTERVIEW - Ce médecin parisien, pionnier dans le domaine de l’esthétique et fondateur des laboratoires Filorga, revient sur les progrès et les excès en matière d’injections, mais aussi sur l’exception française.

Retoucher les signes de l’âge, uniformiser le teint mais aussi corriger les volumes… Un tiers des femmes, en France, ont eu ou envisagent d’avoir recours à la médecine esthétique (à ne pas confondre avec la chirurgie, qui implique un passage au bloc) selon une étude Ifop menée par les laboratoires Filorga. Comment les généralistes, dermatologues et spécialistes, de plus en plus nombreux à dispenser ces soins, gèrent-ils l’ampleur de l’engouement? Le docteur Michel Tordjman (Paris VIIIe) est l’un des précurseurs dans ce domaine, conférencier, fondateur de la marque Filorga, en 1978, et inventeur d’un complexe de réjuvénation de la peau (le NCTF), toujours numéro un dans le monde en polyrevitalisation et mésothérapie. Il revient avec nous sur les progrès de la discipline, les demandes des patientes mais aussi les dérives.

LE FIGARO. - En quarante ans, la médecine esthétique a fait un bond considérable… Où en sommes-nous actuellement?

Dr Michel TORDJMAN. - Quand j’ai commencé ma carrière, j’avais à disposition du silicone pour injecter - aujourd’hui, interdit - et de la pâte de Unna, un peeling à desquamation forte pour la peau qui devenait marron avant de se détacher. C’est à peine croyable pour les jeunes médecins d’aujourd’hui! Désormais, nous disposons d’un arsenal thérapeutique complet, des injectables biodégradables (acide hyaluronique) aux peelings plus ou moins forts, en passant par la toxine botulique pour figer les muscles responsables des rides, le laser pour gommer les imperfections, les fils tenseurs contre le relâchement… Ces méthodes sont opérateur-dépendantes, le résultat dépend de la main du médecin, mais, a priori, on peut tout faire.

La performance a-t-elle donné naissance aux excès?

C’est en effet le revers de la médaille, on peut aller trop loin. Aux États-Unis, en Asie et en Amérique du Sud, les interventions très voyantes sont synonymes de richesse et d’ascension sociale, ce qui modifie leurs critères de beauté. En France, la majorité des femmes veut être soi, en mieux. Vous aurez toujours des demandes de pommettes énormes, de bouches XXL, notamment chez les jeunes, qui désirent ressembler aux idoles de la téléréalité, mais la tendance chez nous reste au naturel. La fameuse “French touch”. Je fais partie des médecins qui refusent de surcorriger, et je demeure fidèle à la devise d’Hippocrate, “primum non nocere”, “en premier lieu, ne pas nuire”.

L’innovation majeure et la garantie de naturel résident-elles dans la complémentarité des techniques?

Il existe plusieurs façons de traiter une ride ou une perte de volume: plutôt qu’un seul traitement, agressif, je crois en effet à une injection de toxine botulique par-ci, un peeling et une séance de revitalisation par-là… Même si elles sont de plus en plus et de mieux en mieux informées, les patientes n’ont pas toujours les bons mots pour formuler leurs attentes. Elles parlent souvent de paraître plus reposées, plus fraîches. Systématiquement, lors du premier rendez-vous, j’effectue un bilan global du visage. Parfois, enlever au laser un grain de beauté en relief ou un vaisseau sanguin mal placé suffit à se sentir mieux dans sa peau.

Plutôt prévenir que guérir?

À l’évidence. Je m’occupe de certaines patientes depuis plus de quarante ans, on a progressivement corrigé les signes du vieillissement cutané (rides, relâchement, manque d’éclat) et, croyez-moi, elles n’ont pas besoin de lifting! Anticiper, c’est une démarche intellectuelle différente. Assez rapidement, on n’est plus dans la réparation mais dans l’entretien: un traitement de fond une fois par an (Botox, injection) plus un coup d’éclat (mésothérapie, peeling léger) avant une soirée ou un jour important.

La cosmétique fait-elle partie de l’entretien?

Elle est complémentaire, il ne faut surtout pas croire qu’en sortant de chez le médecin esthétique, on n’a plus besoin de crèmes! Je demande toujours à une patiente quels produits elle utilise, chez elle. L’une des causes du vieillissement cutané est le dessèchement, or une crème empêche la peau de se déshydrater: je recommande une application matin et soir, voire trois fois par jour, la rémanence d’une formule avoisinant quatre heures. Les écrans solaires, même en ville, sont indispensables également. Prendre soin de son visage au quotidien fait partie du cercle vertueux et participe à la confiance en soi.

Emilie Veyretout - Le Figaro.fr
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26 avr. 2019 Affaire des "bébés sans bras" : la piste toxicologique (6/6)

L’hypothèse court depuis le début de l’affaire : un ou plusieurs agents nocifs présents dans l’environnement seraient impliqués. Pesticides, médicaments, mélange de produits… Par Arthur Gasqueres et Augustine Passilly (*)

L’hypothèse court depuis le début de l’affaire dite des " bébés sans bras " : un ou plusieurs agents nocifs présents dans l’environnement seraient impliqués. Mi-avril, les spéculations ont été relancées par la directrice du registre des malformations en Rhône-Alpes, Emmanuelle Amar. À la suite de rencontre avec les maires des communes concernées, elle pose l’hypothèse d’une eau du robinet polluée. Mais pour le moment, seules des suppositions ont été émises, sans éléments de preuve. Tour d’horizon des produits mis en cause.

Non médiatisée à l’origine, l’affaire des " bébés sans bras " remonte à 2015. Le Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera) relève alors six cas d’agénésie transverse des membres supérieurs dans l’Ain. Depuis, douze autres s’y sont ajoutés dans la région, ainsi que quatre dans le Morbihan et trois en Loire-Atlantique. " L’hypothèse la plus probable serait celle d’une exposition à un tératogène commun à ces six mères, peut-être une substance utilisée en agriculture ou en médecine vétérinaire ", estime l’organisme dans un rapport paru la même année.

L’enquête confiée fin octobre dernier à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et à Santé Publique France étudie la piste toxicologique. Dans le point d’étape du 31 janvier dernier, les enquêteurs mentionnent le lien entre " réduction de membre et les expositions ". Un pesticide, un médicament ou une combinaison de plusieurs produits pourraient avoir causé ces malformations.

Toxicité des pesticides

Premier suspect, le Folpel, un pesticide. C’est Michel Philips, un pédiatre à la retraite, sans compétence particulière en chimie mais engagé contre l’utilisation abusive des pesticides, qui en parle pour le comparer à la thalidomide, un médicament ayant entraîné des malformations congénitales au début des années soixante. Le folpel est un organochloré largement utilisé comme fongicide en France, et aussi utilisé dans certaines peintures et matières plastiques. Il pourrait avoir favorisé la survenue de ces malformations de membres, selon Michel Philips. " Cette hypothèse ne me semble pas déraisonnable, à condition d’apporter des preuves mécanistiques et de comparer la population exposée à une population-contrôle ", estime Xavier Coumoul. Ce toxicologue et biochimiste à l’Inserm a participé à une étude collective sur les effets des pesticides sur la santé en 2013, étude qui a été reconduite et se déroule toujours.

La base de données Agritox de l’Anses, qui recense les propriétés chimiques et la toxicité des substances actives, appuie ces suspicions. Le risque de tératogenèse y est mentionné pour une exposition au folpel chez le rat ou le lapin. Ce pesticide est entre autres utilisé pour traiter le blé, une culture présente autour des trois villages épicentres de Druillat dans l’Ain, Guidel dans le Morbihan et Mouzeil en Loire-Atlantique. L’exposition prénatale des bébés nés sans bras semble donc possible.

La piste du folpel n’est, à ce jour, pas la seule à explorer en termes de pesticides. À l’été 2009, des épandages aériens de deltaméthrine - un insecticide - sont autorisés dans l’Ain pour lutter contre la chrysomèle des racines du maïs, un insecte particulièrement destructeur. Le 17 septembre 2009, le sénateur Rachel Mazuir interpelle le ministre de l’Agriculture, déplorant que

" dans le département de l’Ain, 330 hectares ont été récemment contaminés et l’épandage par hélicoptère de deltaméthrine a été autorisé, suscitant inquiétude et colère des administrés des communes concernées, des apiculteurs et des associations de protection de l’environnement. "

Outre ses propriétés neurotoxiques, Agritox souligne le caractère tératogène de cet insecticide sur le fœtus du rat et de la souris. Les sept enfants atteints d’agénésie étant nés entre 2009 et 2014, le lien entre l’exposition à ce pesticide et la malformation est à étudier. Pour Jean‑François Narbonne, professeur à l’Association Toxicologie-Chimie (ATC) et ancien membre de l’Anses, l’impact de ce pesticide sur le fœtus ne doit pas être minimisé : " C’est un pyréthrinoïde, or on sait que ce sont des perturbateurs endocriniens qui jouent sur le développement. " Il n’est cependant pas en mesure d’affirmer que la deltaméthrine ait pu engendrer des agénésies transverses. " Est-ce que ça joue sur le développement des os ? Ça je ne sais pas ", admet le toxicologue.

L’épidémiologiste de l’Inserm Luc Multigner, qui a également participé à l’étude de 2013 sur les pesticides, envisage lui aussi la cause toxicologique. " Depuis 2013, quelques travaux, essentiellement aux États-Unis, soulèvent la question de l’association entre pesticides et anomalie des membres ", explique le chercheur. Il cite notamment une étude californienne de 2015 qui liste un nombre de pesticides susceptibles d’être à l’origine de malformations congénitales. La plupart comme l’oryzalin, l’imidaclopride et le sulfate de cuivre sont toujours autorisés en France. Leur risque de tératogenèse figure sur la base de données de l’Anses, notamment pour le fœtus du rat, du lapin et de la souris.

Mais attention aux conclusions trop vite tirées. Élodie Haraux, chirurgien pédiatre au CHU d’Amiens travaille au sein de l’unité PériTox (périnatalité et risques toxiques) sur l’impact des pesticides sur les anomalies congénitales. Elle préfère rester prudente sur la transposition des études animales au fœtus humain. " L’homme n’est pas une souris géante. Ce risque n’est pas forcément superposable, mais ça n’en reste pas moins inquiétant. "

Les investigations concernant les pesticides doivent donc se poursuivre, selon Luc Multigner. Il n’est toutefois pas optimiste sur les chances d’aboutir. " Il faut recueillir des précisions auprès des familles, et reconstituer ce qu’il s’est passé au moment de la naissance des enfants pour voir s’il y a un facteur commun. Lorsqu’il s’agit de facteurs environnementaux, c’est extrêmement compliqué ", prévient l’épidémiologiste.

D’autres scientifiques, comme le toxicologue Jean‑François Narbonne, estiment que la piste des pesticides n’est pas la plus évidente.

" Je pense plutôt à des médicaments. Les doses sont beaucoup plus importantes que les traces de pesticides. L’étude de l’Anses parue en 2011 montre un maximum de 1 mg au total de pesticides dans le corps, et de 0,7 mg pour les enfants. On est à 500 mg ou 1 g pour un Doliprane ! "

Effet cocktail

Selon Élodie Haraux, c’est la piste multifactorielle qui doit être privilégiée. " Avant, on disait " c’est la dose qui fait le produit “. Maintenant, on sait que même une dose infime peut entraîner des problèmes. Les produits peuvent se cumuler et avoir ensemble des effets, même à très petite dose, qu’ils n’auraient pas données isolément même à forte dose. L’effet cocktail peut venir des pesticides, des médicaments, des cosmétiques, de l’air…”.

Le dossier semble être coincé entre deux problématiques, selon la pédiatre. D’une part, l’augmentation d’un nombre de malformations congénitales dans une zone géographique pendant une période donnée fait fortement suspecter une cause environnementale. D’autre part, l’agent ou les agents responsables de ces malformations seront très difficiles, voire impossibles, à incriminer du fait de la difficulté d’identifier une exposition ancienne pendant la grossesse. En effet, comment retrouver rétrospectivement toutes ces substances auxquelles la mère a été exposée dans l’air, dans l’eau, dans son alimentation, au cours de son activité personnelle et professionnelle ?

Il est donc pour l’instant impossible de définir la ou les causes des malformations. " Il faudrait pouvoir étudier de façon prospective toutes les sources d’exposition des femmes enceintes pour déterminer les principaux agents causaux, ce qui est très complexe et pas encore réalisé actuellement " complète Élodie Haraux.

(*) Arthur Gasqueres et Augustine Passilly, journalistes en formation, sont les auteurs de cet article, partie d’un dossier sur l’affaire dite des bébés sans bras. Les éléments scientifiques des six articles que nous vous présentons ont été validés par les experts interrogés. L’ensemble a été rédigé par les étudiants et est publié sous l’égide de Pascal Guénée, directeur de l’Institut Pratique du journalisme de l’Université Paris Dauphine - PSL.


Sous la coordination de Pascal Guénée, Directeur de l’Institut Pratique du journalisme, Université Paris Dauphine - PSL

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Arthur Gasqueres,Augustine Passilly - La Tribune
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26 avr. 2019 Premières récoltes de chlorelles pour LDC Algae

Le projet de création d’une ferme capable de produire des microalgues pour l’industrie cosmétique pharmaceutique et alimentaire commence à prendre forme après plusieurs années de retard. Les premières installations, situées dans la petite commune de Plouguenast, dans le département des Côtes d’Armor, fonctionnent sur 5.000 mètres carrés couverts. Une première récolte démarrée en mars a déjà permis d’obtenir une centaine de tonnes de chlorelles.

Dans trois ans, si tout se déroule comme prévu, étendue sur 30 hectares, LDC Algae espère produire 7.800 tonnes de chlorelles. " Le projet porte sur un investissement de 32 millions d’euros. 10 millions d’euros ont déjà été investis uniquement sur des fonds privés ", indique son fondateur René-Jean Guillard, qui a longtemps travaillé en Asie.

Pour approvisionner la ferme en chaleur et électricité, un méthaniseur est alimenté par une cinquantaine d’exploitants agricoles qui livreront leurs résidus d’élevage (160.000 tonnes par an). La chlorelle se nourrit des nutriments. Dès que l’entreprise aura obtenu les agréments sanitaires nécessaires (le dossier est en cours), le végétal qui pousse en quelques heures dans des photobioréacteurs, sera alimenté en minéraux issus des digestats du méthaniseur.

Les débouchés sont multiples et trois marques ont été développées. Il y a d’abord GreenFeed pour les élevages. Vendu sous forme liquide aux élevages de poules pondeuses, le produit stimule les défenses naturelles, favorise la ponte et limite l’utilisation d’antibiotiques, affirme l’entreprise. Grâce à une unité pilote qui fonctionne depuis quatre ans, elle a pu faire réaliser des études scientifiques par le Zoopôle de Ploufragan qui ont démontré les vertus de la chlorelle dans les élevages.

LDC Algae qui table sur un chiffre d’affaires de 2 à 3 millions d’euros l’an prochain puis 20 millions d’euros en pleine capacité, a également créé la marque Green Corps, dont les gammes sont aussi composées de chlorelle. " L’entreprise de transformation de pommes de terre Altho, spécialiste des chips, l’utilise déjà sur ses plantations afin de réduire l’apport en cuivre et limiter le risque de mildiou “, soutient René-Jean Guillard. L’algue devient alors un fongicide naturel. Une boisson énergisante du nom de” Greenbloom " est également issue de la production de LDC Aglae. Elle est commercialisée par une entreprise genevoise.

Financée notamment par la société à capitaux chinois Skyworld qui possède un centre de recherche en cosmétique, cette ferme a été contestée en justice par l’association Eaux et Rivières au nom de la défense des zones humides, mais elle détient dorénavant l’ensemble des autorisations d’exploitation.

Stanislas Du Guerny - LesEchos.fr
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25 avr. 2019 Cartoon primate strikes fear among Malaysian palm producers

In banning Rang-tan from British television screens over Christmas 2018, Clearcast helped raise public consciousness about the controversies surrounding the production of palm oil.

The cartoon primate is the star of a campaign by supermarket chain Iceland, including the banned advert, which was named the most effective of the holiday period after garnering tens of millions of online views.

Rang-tan encapsulates a growing worry among Malaysia’s palm oil producers that developed country consumers will eventually shun the many products containing the oil, including brands of chocolate, soap and cosmetics.

Attention has already been focused by a move in Europe to start phasing out the use of palm oil in biofuels from 2023. Executives say this has driven home the need to push sustainable production, even as the industry reels in the face of oversupply and low prices.

“We need to be wary of the long-term consequences of the relentless negative sentiment against palm oil from the EU,” Mohd Bakke Salleh, executive deputy chairman of Sime Darby Plantation (SDP), the world’s biggest producer by planted area, told scoutAsia Research.

“We believe this is one of the biggest challenges the industry is facing now.”

The palm oil industry is a major foreign exchange earner for Malaysia, accounting for 6.8 per cent of its total exports and 5 per cent of its GDP last year. The country is the world’s second-largest palm oil producer after Indonesia, accounting for 27 per cent of global output.

But the industry is coming out of a miserable 2018, which saw global crude palm oil prices slump 16.4 per cent to $598 a tonne, their lowest level since 2006. Export revenues from palm oil and palm-related products fell 13.3 per cent to Rm67.5bn ($16.4bn).

Although analysts are expecting a slight price recovery this year as production growth slows, the medium-term outlook remains dim because of lower anticipated demand from the EU and China (Chinese demand has been slowing since a 2014 peak because of a soyabean oil glut).

The prospect of a sharp reduction in demand from the EU is an acute worry for Malaysian producers because Europe is the second-largest export destination for its palm oil after India, with some 50 per cent of its exports to the EU being used in biofuels.

Palmed off

The European Commission ruled last month that palm oil used in biofuels could not count towards EU renewable energy targets. The ruling, which is likely to become law in May, will cap the use of palm oil in biofuels at 2019 levels until 2023, after which it will be reduced to zero by 2030.

Oscar Tjakra, an oilseed analyst at Rabobank in Singapore, said palm oil prices were likely to come under greater pressure after 2023. As much as 4m tonnes of EU import demand could be affected by the commission’s act, he warned, equivalent to about 5 per cent of current global production.

“This is quite significant given the current palm oil oversupply situation,” he said.

European demand for palm oil is already falling – Malaysia’s exports to the EU fell another 4 per cent last year, marking the third straight annual drop.

Malaysian planters, including United Plantations, the world’s first producer of certified sustainable palm oil, worry moves against palm-based biofuels will morph into a broad-based consumer backlash against the use of palm oil in all products.

“The real problem is that the negative sentiment created against palm oil used for renewable fuel will, like a nasty pneumonia, spread to palm oil being used for edible purposes,” Carl Bek-Nielsen, chief executive of United Plantations, told scoutAsia Research.

Mr Bek-Nielsen thinks the industry should aggressively embrace the strictest standards for sustainable production to fight negative perceptions about the oil in western countries.

The industry still has some way to go. According to the Roundtable for Sustainable Palm Oil (RSPO), an industry standards body, certified sustainable oil accounted for 19 per cent of total production last year, while Malaysia’s proportion was slightly higher at 22 per cent.

Betting on sustainability

The RSPO, whose members include producers such as SDP, as well multinationals and NGOs, argue that sustainably produced palm oil can address the environmental concerns about the crop. It notes 2018 research by the International Union for Conservation of Nature, the global authority on endangered species, showing that crops such as soyabean and rapeseed require up to nine times more land to produce the same amount of oil as palm.

But critics point to other studies suggesting that adherence to RSPO standards does little to ameliorate the environmental impact of palm oil production. They have showed similar levels of deforestation in plantation areas, as well as similar falls in orang-utan populations.

Nonetheless, SDP, which says that 98 per cent of its production is RSPO-certified, is betting that following strict sustainability standards will pay off.

“It may be costly in the short term, and certain markets may be reluctant to pay the premium for sustainably produced palm oil. However, we believe the pressure is mounting for companies to act responsibly and for global markets to source only sustainable palm oil,” said Mr Bakke.

Europe is SDP’s biggest market after Malaysia, accounting for 22 per cent of its Rmb14.4bn revenues last year.

Palm oil’s ubiquity means the industry is not going anywhere for the foreseeable future. It is the most consumed vegetable oil in the world because of low costs and efficiencies in production, while attempts to push alternatives are stymied by palm oil’s wider range of uses than candidates such as soyabean or rapeseed oil. However, so long as production controversies swirl, choppy market conditions are likely to persist.

– Siew Mung Tan, Malaysia Researcher, FT Confidential Research

scoutAsia Research - Financial Times (FT)
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24 avr. 2019 The Cofounder Of Cosmetics Brand Fluide Talks Celebrating Queer Beauty All Year Long

Isabella Giancarlo (left) and Laura Kraber (right), founders of Fluide

In January 2018, Isabella Giancarlo and Laura Kraber launched Fluide, a queer cosmetics brand dedicated to shredding gender norms in the makeup industry.

Fluide markets its cruelty-free products to genderqueer and gender-expansive young people who do not often have the opportunity to buy makeup without shame. Fluide’s products are designed for all skin shades, and the brand encourages customers to wear makeup in any way that feels good to them.

“I always felt like I had to have a full face of makeup when I was growing up,” says Giancarlo. “It can feel so constricting. And then I talk to people who say, ‘I used to sneak my mother’s lipstick.’ To be able to let us both wear makeup in a way that feels good to us would be my dream.”

Fluide’s intent is to take the pressure and prescriptive advertising out of the equation. On the website, models of all genders and races – and with their own unique senses of style – show off the products, most of which contain bold, bright colors and shimmering glitter and sparkle. It is clear Fluide is urging its customers to loudly and unapologetically take up space.

With Fluide, Giancarlo and Kraber are fighting against the idea of the straight, cisgender, white, skinny covergirl as the highest and only standard of beauty.

“Those ways the women were styled never really resonated with me as a queer person,” Giancarlo says. “I personally was never interested in the smoky eye or a contouring demo. I wanted to see people who wore makeup in a way that was interesting to me. As an artist and creative, I wanted to see big, bold, funky looks that I felt weren’t really seen in the beauty industry at all.”

Giancarlo is proud that Fluide highlights queer beauty every day of the year and not only during Pride Month. “When we started Fluide I felt like there weren’t a lot of other brands that were showing queer people all year long. Different brands would tout queer folks during June, and while that’s wonderful, we are out here every day all year.”

Giancarlo, 26, and Kraber, 47, met in 2016. Giancarlo was working at a creative agency, and Kraber, who was the head of strategy for a health and wellness company, became her client. They clicked over ideas on how to make cosmetics more accessible to all.

As an intergenerational team, each founder brings her unique perspective to the table. Giancarlo approaches her work as a queer young person, herself, who wishes she had more gender-expansive role models growing up. Kraber identifies as an ally and comes to this work as a mother of two teenagers who has observed her kids experiencing and understanding gender far more openly than older generations.

Kraber brings 20 years of digital marketing and PR experience as well as experience working for Internet startups. Giancarlo also spent time working at an early stage startup, which she says allowed her to learn about many aspects of running a business.

Nevertheless, this is both of their first time running a business on their own, which means over the past two years they have been doing a lot of learning. Realizing their limits has been key, says Giancarlo. Neither has a background finance, yet in the beginning, they were determined to do all the financial work themselves. Eventually, they realized seeking outside help would make their business stronger.

They also do their best to focus on self-care and take time for themselves. But even when she is overworked and overtired, Giancarlo says she wouldn’t trade her exhaustion for any other job. “We’re constantly working on something we’re obsessed with,” she says. “And that we love and that we think needs to exist in the world. So that exhaustion is balanced with that intense purpose and drive.”

When so much of the public story of queerness is about suffering, Giancarlo is proud Fluide exists to focus on celebrating queer beauty and joy. She hopes Fluide helps alleviate the pain of the “makeup baggage” she believes weighs down many members of the queer community.

“Whether we felt like we needed to wear it or couldn’t wear it or couldn’t wear it in a way that felt authentic to us, Fluide was created to say, leave all your preconceived notions of who makeup’s for and what it’s supposed to look like at the door and do whatever feels like an authentic representation of yourself.”

Molly Sprayregen - Forbes
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