CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
31 mars 2010ANSM

Bilan de Cosmétovigilance 2009 : la lecture de la FEBEA Ajouter à mon portfolio
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Nous vous en parlions le 27 mars dans cette même rubrique : l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) vient de publier le bilan de la Cosmétovigilance pour 2009. Un compte-rendu qui a été également été étudié par la FEBEA (Fédération des entreprises de la beauté), un des représentants des entreprises cosmétiques, qui nous a transmis son analyse en forme de complément d'informations, que nous publions intégralement ici.

Temps de lecture : ~ 6 minutes

 31 mars 2010
Quels effets indésirables déclarés à l'AFSSAPS en 2009 ? (texte de la FEBEA)

À noter tout d'abord que dans le bilan de Cosmétovigilance 2009 , l’ Afssaps annonce l’élaboration de différents documents : la méthode d’imputabilité, les recommandations de bon usage des produits cosmétiques destinées aux consommateurs, la campagne de mise en garde des consommateurs concernant les produits de blanchiment de la peau et la dépigmentation volontaire, le projet de recommandations de bon usage des teintures capillaires permanentes.

Il faut noter également que les informations sont plus détaillées depuis le bilan 2007 (publié en 2008).

Nombre d’effets indésirables reçus

En 2009, 232 effets indésirables ont été déclarés à l’AFSSAPS contre 193 en 2008. Ceci représente effectivement une augmentation de 20 %. Entre 2007 et 2008, cette augmentation était de 53 % (126 versus 193). Sur deux années, on arrive donc à un doublement du nombre d’effets indésirables reçus.

Les déclarants

Deux nouveaux types de déclarants sont cités cette année : les infirmiers et la DGCCRF (au total 4 %).
Les autres déclarants, déjà cités l’année dernière, se retrouvent dans les mêmes proportions SAUF les industriels qui en 2008 et en 2007 représentaient 1 % des déclarants et en représentent maintenant 16 % ; cela pourrait expliquer l’augmentation des cas déclarés ?

La gravité

Le nombre d’effets indésirables graves reste stable voire diminue légèrement (34 cas en 2007, 32 cas en 2008, 28 cas en 2009). Le nombre d’effets indésirables "considérés comme grave" est plus variable : 50 cas en 2007, 97 cas en 2008, 81 cas en 2009. En revanche, le nombre d’effets indésirables non graves déclarés est passé de 38 cas en 2007 à 65 cas en 2008 puis à 116 cas en 2009. Cela montre bien que l’augmentation des effets indésirables déclarés porte essentiellement sur les cas non graves.

La nature des effets indésirables

On note une baisse des effets indésirables de nature autre qu’allergique ou irritative (de 26 cas en 2007 (soit 20 %) et 37 cas en 2008 (soit 19 %) à 7 % (16 cas) en 2009).

La population

Les informations concernant l’âge et le sexe des utilisateurs sont nouvelles et n’étaient pas fournies dans les précédents bilans : on note un pourcentage important d’enfants (16 % soit 37 cas).

Les catégories de produits cosmétiques impliqués

Cette rubrique est beaucoup plus détaillée que précédemment. De nouvelles catégories de produits apparaissent : les parfums et eaux de toilette, les déodorants, les produits pour les ongles, les lingettes cosmétiques et les produits de blanchiment de la peau. Les soins capillaires ne sont plus cités. En ce qui concernent les catégories de produits associées à des réactions allergiques cutanées, ce sont les mêmes que celles citées en 2009 pour les déclarations de 2008. Les catégories citées comme associées à des réactions allergiques cutanées en 2007 (teintures capillaires, tatouages éphémères noirs, produits de soin pour le visage) se retrouvent aussi dans les déclarations de 2009.

Les cas marquants

Les teintures capillaires permanentes
S'il est vrai que depuis 2004 les déclarations d’effets indésirables secondaires à la réalisation de ces teintures ont augmenté, il faut noter désormais (ce qui n’est pas indiqué dans le bilan AFSSAPS) une stagnation voire une légère diminution de ces cas : 28 cas en 2008 et 25 cas en 2009. De plus, en 2009, le nombre de ces cas ayant été suivis d’une exploration allergologique est plus faible (réalisée chez 10 patients en 2009 tandis qu’en 2008 des tests épicutanés avaient été réalisés chez 23 patients).

Les produits de blanchiment de la peau
Visiblement, il s’agit dans tous les cas de produits illicites.

Les produits de protection solaire
Il s’agit majoritairement de produits contenant de l’octocrylène.

Les cas de mésusage
 10 en 2009 versus 9 en 2008, mais tous ne sont pas décrits dans ce nouveau bilan 2009, ce qui est regrettable car cela permet de les identifier par rapport aux EI liés à un usage raisonnablement prévisible.

Enfin, plus généralement, et comme lors des précédents bilans, il est regrettable qu’il n’y ait aucune information sur le degré d’imputabilité avec le produit, que les exemples d’effets indésirables "considérés comme graves" ne soient pas détaillés afin d’en comprendre la définition et que les chiffres globaux amalgament les EI dus à un mésusage et les autres et cela quelque soit le degré d’imputabilité puisque ce dernier paramètre est inconnu.

Pour aller plus loin : voir le bilan complet de la Cosmétovigilance 2009 sur le site Internet de l’Afssaps.


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