CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
14 juin 2009ANSM

Effets indésirables dus aux cosmétiques : les chiffres 2008 Ajouter à mon portfolio
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Comme chaque année, l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) vient de publier les chiffres de la Cosmétovigilance pour 2008. Premier constat : le nombre d’effets indésirables consécutifs à l’utilisation des produits cosmétiques est en augmentation.

Temps de lecture : ~ 6 minutes

 14 juin 2009
Depuis 2004, l’ Afssaps a mis en place un système de surveillance et d’enregistrement des effets indésirables dus à l’utilisation des cosmétiques, permettant de les répertorier et de centraliser les informations les concernant dans le but de mieux les prévenir.
Cette Cosmétovigilance était une première française, qui sera bientôt généralisée à l’ensemble du territoire européen, grâce aux dispositions du nouveau Règlement régissant les cosmétiques qui entrera en application en 2013.
Le bilan de la Cosmétovigilance 2008 pour la France vient d’être publié.

Des chiffres en hausse

 193 effets indésirables ont été déclarés en 2008 (pour 126 en 2007 et 104 en 2004). À noter que cette augmentation conséquente traduit aussi un fonctionnement de plus en plus efficace du système de Cosmétovigilance : mieux répertoriés et devant être déclarés obligatoirement, les effets indésirables sont ainsi mieux recensés…

 66,5 % d’entre eux ont été considérés comme graves, et parmi eux :

  •  19 ont entrainé une hospitalisation
  •  9 ont motivé un arrêt de travail
  •  4 ont occasionné une inaptitude professionnelle

 33,5% ont été considérés comme non graves.

Des réactions principalement de type allergique

 70 % des effets indésirables sont de nature allergique. Parmi les réactions allergiques explorées, les différents tests réalisés avec le détail de chaque produit ont mis en évidence les allergènes suivants :

  • la vitamine K1 oxyde
  • l’acide glycyrrhetinique
  • le propyl gallate
  • le méthylène-bisbenzotriazolyl tétramethylbutylphénol
  • les hydrolysats de protéines de blé

 30 % des effets sont de nature non allergique. Sur les 193 effets indésirables déclarés :

  •  11  % sont des réactions d’irritation
  •  19 % sont des réactions d’autre nature (convulsions, gènes respiratoires…)

Les cosmétiques responsables

L’Afssaps a répertorié également les principaux produits cosmétiques impliqués dans la survenue des effets indésirables.
Pour les réactions allergiques, ce sont principalement :

  • les tatouages éphémères noirs
  • les teintures capillaires
  • les produits de soin pour le visage
  • les produits de soin pour le corps
  • les produits d’hygiène

L’importance du nombre de réactions dues aux tatouages éphémères noirs a amené l’Agence à réitérer sa mise en garde à leur encontre le 11 juin dernier.
Elle précise dans ce bilan que 32 cas d’eczéma de contact ont été déclarés en 2008, pour des tatouages réalisés principalement sur des lieux de vacances, et dans lesquels des contrôles de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) ont permis de détecter la présence de paraphénylènediamine en pourcentage important.

Pour les réactions irritatives, sont d’abord en cause :

  • les produits de soins capillaires
  • les crèmes de soin pour le corps
  • les crèmes de soin pour le visage

Des conseils d’utilisation à respecter

La composition des cosmétiques n’est pas seule en cause dans les effets indésirables répertoriés. L’Afssaps en a recensé également 9 en 2008 qui sont consécutifs à un mésusage (une utilisation non conforme à la destination d’un produit, à son usage habituel ou à son mode d’emploi).

Ainsi, des confusions entre des produits cosmétiques conditionnés en unidoses et des produits de statuts autres ont entraîné notamment :

  •  3 cas de gène respiratoire chez des nourrissons suite à l’instillation de savon liquide dans le nez
  •  1 cas de crise d’asthme suite à l’utilisation d’un spray pour cheveux chez une patiente asthmatique alors que les précautions d’emploi figurant sur l’étiquetage du produit préconisaient de ne pas utiliser ce dernier en cas d’asthme
  •  1 cas de brûlures de second degré au niveau du siège d’un nouveau né suite à l’utilisation, à plusieurs reprises, d’un produit destiné à être rincé. Dans ce cas cependant, l’étiquetage du produit a été considéré insuffisamment clair et l’Afssaps a réalisé une inspection du responsable de la mise sur le marché du produit suite à ce signalement.

Tous acteurs de la Cosmétovigilance

Le système de la Cosmétovigilance prévoit que les effets indésirables dus à un cosmétique doivent être portés à la connaissance de l’Afssaps en premier lieu par le fabricant du produit. L’agence relève cependant qu’en 2008, seul 1 % des déclarations ont émané d’industriels.
À savoir : toute personne en présence de tels phénomènes peut ou doit les signaler. Les professionnels de santé (et en premier lieu les dermatologues-allergologues) sont bien sûr en première ligne, mais tous les consommateurs peuvent aussi agir en leur nom propre, en remplissant une feuille de déclaration disponible sur le site Internet de l’Afssaps .

Ainsi en 2008, les déclarations ont émané :

  • des médecins : dermato-allergologues du Réseau de Vigilance en Dermatologie Allergologie dans 43,5 % des cas, autres dermatologues dans 13,5 % des cas, généralistes dans 11 % des cas, allergologues dans 4 % des cas, autres spécialistes dans 4 % des cas (2 pédiatres, 2 pneumologues, 1 ophtalmologiste, 1 anesthésiste et 1 psychiatre)
  • des CRPV (Centres Régionaux de Pharmacovigilance) dans 11 % des cas
  • des pharmaciens dans 7 % des cas
  • des consommateurs dans 4 % des cas
  • des CAP (Centres Antipoison) dans un 1 % des cas.

Pour aller plus loin : voir le bilan complet de la Cosmétovigilance 2008 sur le site Internet de l’Afssaps.

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