E = ... Emballé, c'est un cosmétique pesé !

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Non, le signe "e" apposé sur les emballages de nos cosmétiques à côté de la contenance ne signifie pas, comme beaucoup le pensent : "environ". Officiellement, c’est même tout le contraire. Et même si dans les faits, le poids de ce "e" ne doit pas toujours se comprendre au gramme près… Le point avec Bénédicte Lefranc, Inspecteur DGCCRF.

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cosmed3 Basé sur l’intervention de Bénédicte Lefranc, Inspecteur DGCCRF , aux Xe Rencontres réglementaires de l’association Cosmed qui se sont tenues à Marseille le 18 mars 2010.

Il en est des cosmétiques comme des denrées alimentaires : ils doivent clairement indiquer au consommateur "pour combien on en achète". Selon les textes réglementaires, le contenu nominal au moment du conditionnement doit être indiqué sur l’emballage en poids ou en volume. La contenance indique donc combien on achète du produit, au gramme ou au millilitre près… en principe.

La règle de l'erreur tolérée

Car au moment du contrôle métrologique (le contrôle de la mesure), les choses se font d’un coup moins précises. Une marge d’erreur est ainsi admise, et fixée par la réglementation. En clair, on peut acheter moins de produit qu’il n’est inscrit sur l’étiquette, évidemment pour le même prix, et tout à fait légalement.

Pour cela, il suffit de satisfaire deux critères :
• Le critère de la moyenne : pour un même lot, le contenu effectif ne doit pas être inférieur en moyenne au contenu nominal inscrit sur les emballages. En quelque sorte, un peu plus, un peu moins, pour peu que l’ensemble reste honnête, et ça passe.
• Le critère du contenu minimal : toujours dans un même lot, on ne doit trouver aucun produit dont la contenance effective soit inférieure à la quantité annoncée diminuée d’une marge d’erreur tolérée, d’importance variable selon la contenance inscrite sur l’emballage. Par exemple, pour un produit de 1000 g, la marge d’erreur est établie à 1,5 %, soit 15 g : un exemplaire de 985 g sera considéré comme acceptable. Et cela reste vrai tant que le lot contient au maximum 2,5 % de produits dits "défectueux", c’est-à-dire ne contenant pas ce qui est inscrit sur l’étiquette.

L'exception des petits formats

Seuls produits à être strictement évalués (au moins en poids ou en volume) pour ce qu’ils sont : ceux dont la contenance est inférieure à 5 grammes ou 5 millilitres. Cela peut être le cas pour du maquillage (crayons, rouges à lèvres, fards à paupières…) ou encore pour des "produits à forte valeur ajoutée" comme peuvent l’être une ampoule de sérum anti-âge ou un petit tube de Contour des yeux antirides…

La quantité nominale inscrite sur le produit est alors considérée individuellement et non comme une valeur moyenne d’un lot entier, et tout produit dont le contenu est inférieur à ce qui est annoncé est considéré comme non conforme.

Mais il faut aussi souligner que ces mêmes produits sont également dispensés, dès que le poids ou leur volume est inférieur à 5 g ou 5 ml, de la règle commune d’affichage de la contenance. En clair, le fabricant n’est pas obligé de l’indiquer : il le peut s’il veut (et dans ce cas, mieux vaut pour lui être précis), mais rien ne l’y oblige… et il faut le constater, peu s’y astreignent !

Et le "e" ?

On le voit souvent, apposé à côté de la mention de la contenance. Certains consommateurs le comprennent comme le "e" de "environ" (ce qui, on vient de le voir, ne serait pas toujours si injustifié), d’autres lui accordent la valeur d’une certification avec un "e" comme "européenne" (ce qui ne reflète pas non plus l’exact poids de cette mention)…

L’apposition du "e" est en fait une garantie apportée par le fabricant, et sous sa seule responsabilité, que ses produits satisfont aux critères métrologiques réglementaires (le critère de la moyenne et celui du contenu minimal). Elle n’est pas obligatoire, mais permet au produit de bénéficier d’une présomption de conformité a priori par les autorités de contrôle, le fabricant qui l’appose volontairement étant tenu à pratiquer des auto-contrôles en cours de production.

"e" = juste poids, mais… et le juste prix ?

Attention, ne pas mentir, volontairement ou non, sur la contenance réelle d’un produit ne signifie pas que le consommateur "en a pour son argent".
Car il est d’autres moyens de, non pas tromper (quel vilain mot !), mais disons de l’inciter à croire qu’il en achète plus qu’il ne croit.

C’est le cas de ces produits qui, sans changer de nom ni d’apparence, voient leur flacon "rapetisser" de 20 ml… mais afficher toujours le même prix.
Ou celui de ces grands packs cartonnés, aussi haut que ceux conçus pour des tubes de 50 ml, qui renferment, bien calé sur un socle intérieur, un tout petit format de 15 ml.

La réglementation n’impose plus, comme elle l’a fait un temps, une contenance unique pour une catégorie de produit donnée. La diversification des formats qui s’en est suivie n’est pas toujours allée dans le sens de donner de meilleurs repères de comparaison aux consommateurs.
Pour ne pas se tromper, une seule solution : se référer au prix rapporté au 100 ml ou au kg, qui doit être indiqué pour tous les produits sur le lieu de vente. Ces chiffres-là, au moins, ne trompent pas !

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