dimanche 25 avril 2010Bien choisir ses cosmétiques

Combien de cosmétiques pour un bébé ?

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Peu c’est mieux ! Nombre de dermatologues le répètent à l’envi : moins le bébé est en contact avec des produits et des ingrédients cosmétiques, moins il risque de rencontrer une substance susceptible de provoquer une allergie et une irritation. Et plus on laisse faire la nature, moins on va à l’encontre de ses mécanismes de protection naturelle, et plus la peau de bébé se développe harmonieusement.

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Peu de cosmétiques au quotidien, et le respect des mécanismes de protection naturelle de peau de bébé, cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire du tout et se contenter de l’eau claire toute sa vie !
L’hygiène et quelques soins spécifiques sont bien sûr indispensables. Mais ils sont à envisager avec mesure, voire parcimonie, un peu sur le mode d’une comptine qui ne saurait pas dépasser de beaucoup la dizaine…
• 1, 2, 3… dans les produits, je fais mon choix
• 4, 5, 6… mes gestes, je fais légers et précis
• 7, 8, 9… pour les ingrédients, je me contente de peu
• 10, 11, 12… et la peau de mon bébé est toute douce !

Les trois indispensables quotidiens

Un bébé n’a pas besoin de très nombreux produits cosmétiques pour être heureux, propre et sentir bon : un seul gel peut laver corps et cheveux dans le bain quotidien : ils sont le plus souvent conçus pour ce double usage… surtout tant que les cheveux de bébé se comptent sur les doigts d’une main ou presque.

Une crème corporelle ou un baume de massage peut suivre, surtout si l’enfant a la peau sèche ou irritée.

Pour les petites toilettes et les changes, seul un lait nettoyant est indispensable, une crème pour le siège n’étant recommandée qu’en cas d’irritations, et non en applications régulières.

Ainsi, au quotidien, seuls trois produits, mais bien choisis, suffisent… ce qui limite à la fois le budget et les risques de sensibilisations ou d’irritations, toujours accrus par la multiplication des substances avec lesquelles le bébé est en contact depuis son plus jeune âge.

Les produits dont on n’a pas forcément besoin

Malgré tout ce que peuvent dire les publicités ou les argumentaires des produits, certains d’entre eux, même s’ils sont présentés comme indispensables, peuvent facilement, et parfois avec intérêt, ne pas arriver jusqu’à la trousse de toilette de bébé. Un peu de tri ne nuit pas : c’est plus économique, c’est plus pratique, c’est moins encombrant… et c’est souvent mieux pour bébé !

Le savon
On voit sur le marché des "savons pour bébé". Dans ce cas souvent hypoallergéniques et surgras, ils n’en restent pas moins des savons, c’est-à-dire des bases lavantes assez décapantes qui mettent à mal l’équilibre hydrolipidique (déjà fragile) de la peau de bébé. Qu’il soit liquide ou solide ne change rien, les ingrédients de base sont les mêmes.
Pour le bain, mieux vaut un gel lavant spécialement formulé pour bébé ; pour les petites toilettes, le lait habituel fait très bien l’affaire.

Le shampooing
Là aussi, l’industrie propose quelques produits destinés uniquement au lavage des cheveux de bébé. Quelques-uns sont formulés de façon intéressante. Bon. Mais… est-ce vraiment utile ? Quand la majorité des gels lavants sont conçus pour nettoyer de la tête aux pieds ? Et surtout tant que bébé n’a que quelques cheveux très courts sur le crâne ? Est-il vraiment indispensable d’ajouter un produit supplémentaire dans le rituel de soins quotidien ?

Les lingettes
On les présente comme pratiques, hygiéniques, modernes… et on en trouve même maintenant proposées par la cosmétique bio. Même si elles ne sont pas des plus écologiques, puisqu’elles accroissent considérablement (lingette et emballage compris) les déchets (rarement recyclables dans ce cas) générés par la toilette de bébé.
Mais ce qu’on leur reproche surtout, c’est leur composition, rarement satisfaisante. Outre des agents nettoyants pas toujours des plus respectueux de l’épiderme, elles contiennent généralement une bonne dose de conservateurs, et souvent parmi les moins recommandables. Et en plus, elles y ajoutent du parfum ! Pour des produits qu’on utilise en priorité sur le siège de l’enfant, franchement, on fait mieux.
Alors, en dépannage, en voyage, quand on ne peut vraiment pas faire autrement, à la limite. Mais au quotidien, non ! Un coton et du lait, ce n’est quand même pas beaucoup plus compliqué !

La lotion
Elle peut avoir son intérêt, surtout en plein été, pour rafraîchir bébé. Mais dans la toilette quotidienne ? Pour nettoyer l’enfant, un lait est souvent plus efficace. Et pour rincer le lait, une eau thermale semble bien préférable à ce mélange de tensioactifs assortis de conservateurs et souvent de parfum qu’est une lotion. Parce qu’alors, on va aussi recommander de la rincer à l’eau thermale, et du coup, on ne voit pas bien l’intérêt…

Le talc
Alors, là, soyons clairs, nombre de dermatologues disent : "Surtout pas !". Le talc, présenté comme un incontournable des soins du siège, apparaît en l’espèce tout à fait contre-indiqué. Car que se passe-t-il une fois la couche refermée ? Il a tendance à s’agglutiner dans les plis du siège, formant de petites boules qui peuvent irriter, et à terme, augmenter les risques d’infection !
D’autre part, sa poudre peut également être irritante pour les voies respiratoires de l’enfant si elle est inhalée, et comment éviter complètement ce risque à l’application ?
Vraiment… mieux vaut s’en passer !

La crème pour le visage

Elle n’est pas mauvaise en elle-même, mais… sa composition et sa texture sont très semblables à celles d’une crème pour le corps, voire d’une crème pour le visage et le corps. Pour faire simple, en gros, c’est la même chose. Alors, encore une fois, a-t-on vraiment besoin d’un produit spécifique… et supplémentaire ?

Les cosmétiques spécifiques… en cas de besoin

Si on conseille de ne pas abuser sur le nombre de produits en général, il est des moments où certains sont tout de même très utiles en complément des soins de tous les jours. Et c’est bien le cas quand apparaissent ces deux événements assez fréquents chez les bébés que sont les croûtes de lait et les "fesses rouges".

Les croûtes de lait
Les croûtes de lait (qui portent ce nom parce qu’elles apparaissent pendant la période où le bébé est nourri exclusivement de lait) peuvent ainsi apparaître quelques jours après la naissance et persister jusqu’aux 18 mois, voire 2 ans de l’enfant.
Situées le plus souvent sur le cuir chevelu et le haut de la tête (front, tempes et sourcils), les croûtes de lait se présentent sous la forme de squames jaunâtres, blanchâtres ou bien grisâtres. Ces plaques, parfois épaisses et écailleuses, sont souvent assez inesthétiques. On estime que deux bébés sur trois sont concernés dès la première semaine de vie, et jusqu’à l’âge de deux ou même trois ans.

Ce n’est pas la nature de l’alimentation qui est responsable de ces manifestations cutanées, ni d’ailleurs un manque d’hygiène.
Les croûtes de lait sont dues à la concentration des glandes sébacées, normale au début de la vie et temporaire, au niveau du cuir chevelu. La sécrétion excessive de sébum qui en résulte, ajoutée à la transpiration, et leur macération plus ou moins importante dans les cheveux ou sous les bonnets, finissent par former ces plaques croûteuses, pas dangereuses, mais assez disgracieuses.

Pour en venir à bout, des produits spéciaux sont proposés par l’industrie cosmétique, mais l’huile d’amande douce pure a fait preuve aussi de son efficacité en la matière.

Les fesses rouges
Elles précèdent le vrai érythème fessier et sont très fréquentes chez le bébé.
Elles sont principalement dues au contact et à la macération permanente des selles et des urines (jusqu’à 20 par jour !) dans les couches.

Les irritations sont également favorisées par les frottements de ces dernières sur la peau, qui souffre aussi d’autre part d’être toujours enfermée dans cette enveloppe étanche. Des diarrhées répétées, certains médicaments, la survenue d’un rhume ou la poussée d’une dent peuvent également favoriser la transformation de ces petites irritations en érythème fessier.

Ce dernier touche en moyenne un nourrisson sur deux, entre sept et douze mois. Il se traduit par une dermite irritative aiguë, avec rougeurs, inflammation et inconfort voire douleurs plus ou moins importantes pour l’enfant. Il se localise moins sur les fesses proprement dites que sur les bourrelets du haut des cuisses, les organes sexuels et le pubis.

Les fesses rouges justifient l’achat d’une crème supplémentaire, en général à base d’oxyde de zinc. Ces crèmes pour le change, très utiles alors, ne sont pourtant pas d’usage quotidien. Quand tout va bien, nettoyage et bon séchage suffisent à chaque nouvelle couche.
Un liniment peut également être utilisé dans ce cas avec intérêt en remplacement du lait de toilette.

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