mardi 13 septembre 2016Bien choisir ses cosmétiques

Dans l'intimité de l'hygiène intime féminine

© Thinkstock/L'Observatoire des Cosmétiques

L'hygiène intime féminine ressemble encore souvent à un sujet tabou. L'offre de produits cosmétiques destinés à l'assurer est pourtant bien présente, et regroupe le meilleur… comme le beaucoup moins bon. Lesquels choisir ? Comment s'en servir ? Petit guide et conseils pour prendre soin de la zone intime en toute sécurité et douceur.

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Disons les choses clairement : quand on parle d'hygiène intime féminine, on évoque la toilette des muqueuses de la région uro-génitale, zone de notre corps qui fait l'interface entre nos appareils urinaires et sexuels et l'extérieur. Chatte, foufoune, minou, zézette… les mots d'argot ne manquent pas pour désigner cette zone, qu'on n'évoque par ailleurs souvent qu'avec une discrétion pleine de réserves.

Parlons-en, toutefois. Car cette zone, et surtout si on l'accable de traitements mal adaptés à sa sensibilité, peut être le siège d'inconforts persistants, de symptômes de brûlures, de démangeaisons ou d'irritations, quand ce n'est pas d'infections. Soignons-la donc comme il se doit.

Attention, zone sensible

Plus perméable que la peau, naturellement humide, cette partie de l'anatomie féminine est particulièrement fragile. Mais, la nature étant bien faite, elle possède ses propres défenses naturelles pour préserver son équilibre, et notamment au travers de la flore vaginale.

On le rappelle, le vagin n'est pas une cavité stérile, mais un organe très perfectionné, où cohabitent toute une série de germes, à la fois protecteurs (comme les bacilles de Doderleïn) et pathogènes (comme les streptocoques, colibacilles, Candida albicans…). L'équilibre de cette flore dépend de son pH, habituellement acide, situé entre 3,8 et 4,2.
C'est cette acidité qui permet de lutter contre les infections et empêche de "mauvais" germes de se développer. Si le pH est altéré, c'est la porte ouverte aux mycoses (pH trop acide) ou aux infections bactériennes (pH trop alcalin).

Quand la flore se déséquilibre

Plusieurs types de facteurs peuvent favoriser un déséquilibre du pH de la flore vaginale :
• les carences œstrogéniques durant la grossesse, la ménopause ou avant les règles,
• le stress, la fatigue, le manque de sommeil,
• le diabète,
• certains traitements médicamenteux (anti-acnéiques, antibiotiques…),
• une mauvaise hygiène, un excès d'hygiène ou des toilettes inadaptées…
• les agressions chimiques (chlore des piscines…),
• les microtraumatismes dus au port de vêtements trop serrés ou à des frottements répétés…

À chaque femme sa flore vaginale, mais pour toutes, quelques bons réflexes et principes d'hygiène, à transmettre dès le plus jeune âge à nos filles et ne pas négliger à l'adolescence et aux moments des règles, peuvent permettre de garder l'équilibre.
Tout en gardant à l'esprit qu'en cas de vrais problèmes ou d'inconforts récurrents, une consultation médicale et gynécologique s'impose.

Les gardiens de l'équilibre

Que faut-il donc faire, et ne pas faire, pour garder une belle flore ?

• Proscrire les douches vaginales : elles sont encore malheureusement pratiquée par 50 % des femmes, mais perturbent les défenses naturelles du vagin en "lessivant" sa flore et en le laissant dès lors sans protection.

• Au moment de la toilette, le gel-douche habituel peut faire l'affaire, mais à la condition qu'il soit très doux, de préférence hypoallergénique, et qu'il ne contienne pas de tensioactifs (faiseurs de mousse) irritants ou d'ingrédients allergisants. On peut aussi opter pour un produit spécifique, censé réunir ces caractéristiques.

• Pratiquer des toilettes douces, et toujours externes, de la vulve, au doigt ou avec un gant propre, sans oublier de bien rincer ensuite à l'eau claire. Pas d'abus en la matière : une fois par jour suffit, deux fois par jour représente l'extrême maximum autorisé.

• Toujours bien sécher (sans frotter) la zone après le rinçage : la laisser humide est source de macération, facteur d'infection.

• Préférer les douches aux bains. Et de manière générale, éviter de maintenir la zone uro-génitale dans une humidité prolongée (changer fréquemment de serviette hygiénique durant les règles, ne pas garder sur soi un maillot de bain mouillé après la piscine ou un bain de mer…).

• Si bain il y a, éviter de le faire durer trop longtemps, et de l'additionner de produits trop moussants (qui risquent d'être aussi "décapants") ou trop pourvus d'ingrédients sensibilisants (comme certaines huiles essentielles).

• Aux toilettes, toujours s'essuyer avec un geste allant du devant vers l'arrière (et non pas de l'arrière vers l'avant comme on le fait naturellement) pour éviter d'amener vers les germes provenant du tube digestif vers le vagin et la vessie.

• Privilégier des sous-vêtements en fibres naturelles (coton ou soie) plutôt qu'en matières synthétiques et en changer chaque jour.

• En dehors de la période des règles, éviter le port quotidien de serviettes hygiéniques et de protège-slips qui entravent l'aération de la région intime.

• Ne pas porter de sous-vêtements la nuit.

• Ne pas porter trop souvent de vêtements très serrés (jeans, collants…) qui génèrent frottements et macération.

• Après un bain en piscine, se rincer à l'eau claire.

• En cas de mycoses, laver ses sous-vêtements en machine à 60°  (certaines spores résistent aux températures plus basses).

Bien choisir ses cosmétiques

La majorité des produits d'hygiène intime sont annoncés comme "doux", "testés sous contrôle gynécologique" et portent la mention "hypoallergénique". Cela ne garantit pas tout.
On retrouve ainsi dans certaines formules nombre d'ingrédients déconseillés pour la région intime, souvent parce qu'irritants, asséchants et/ou allergisants.

Pour ne pas provoquer de démangeaisons, inflammations ou allergies, tout en assurant une toilette parfaite, il faut avant tout de la douceur avec une formule adaptée au pH physiologique, qui respecte le film lipidique et la lubrification naturelle de la muqueuse.

Les ingrédients à éviter
• Parfums
• Huiles essentielles
• Tensioactifs irritants (Sodium lauryl sulfate, Ammonium lauryl sulfate…)
• Conservateurs et actifs antiseptiques, susceptibles de détruire les germes protecteurs de la flore vaginale, en plus d'être éventuellement asséchants, irritants et/ou allergisants (Alcohol denat., DMDM Hydantoin, Triclosan…).

Les ingrédients à privilégier
• Agents régulateurs de pH (acide lactique… )
• Actifs adoucissants et apaisants (camomille, avoine, calendula, bleuet, chanvre, hibiscus, mauve, lavande…)
• Tensioactifs doux issus de bases végétales, betterave ou sucre (les […]- betaine, […]-glucoside, […]-glutamate…)
• Agents assainissants (sauge, pin, eucalyptus… ou cranberry, dont on connaît les vertus pour lutter contre les infections urinaires par voie orale et qu'on retrouve dans quelques produits d'hygiène intime).

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