mercredi 6 janvier 2010Bien choisir ses cosmétiques

Des cosmétiques à risques ? Mais quels risques ?

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Tous les ingrédients présents dans les produits d’hygiène et de beauté sont autorisés par la réglementation, dosés et contrôlés de façon à garantir la sécurité des consommateurs. Il n’en reste pas moins que la matière réglementaire n’étant pas toujours exacte, on continue à connaître, à suspecter voire à craindre certains risques associés à l’utilisation de cosmétiques. Quelques-uns sont avérés, d’autres sont supposés, certains sont forts, d’autres ne touchent que certains utilisateurs, mais le risque… d’un risque est toujours présent, au moins dans nos esprits. Encore faut-il savoir ce qu’on entend par risque…

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De quoi parle-t-on exactement quand on évoque les risques associés à l’utilisation des cosmétiques ? Que cible-t-on quand on cloue au pilori tel ou tel ingrédient ? La précision n’est pas inutile : il s’agit en effet d’effets indésirables, de nature parfois bien différente ou, en fonction de la sensibilité ou des appréciations de chacun, considérés éventuellement comme plus ou moins graves ou importants.

Les allergies

Les cosmétiques entraîneraient des réactions de type allergique chez 15 à 20 % de la population. Eczémas, démangeaisons, plaques rouges, dartres, urticaires, œdèmes… il y plus d’une réaction indésirable associée à ces manifestations !

Une allergie peut se déclencher, en réaction à une molécule allergène, après parfois des années d’utilisation sans problème de produits qui la contiennent, mais pendant lesquelles, peu à peu, l’organisme est dit sensibilisé.

Une fois déclarée, elle se réactive à chaque nouveau contact, qu’il soit direct (quand on applique une crème sur la peau) ou "à distance" (un vernis à ongles peut déclencher l’apparition d’une plaque d’eczéma sur les paupières) et même éventuellement "par procuration" (quand la teinture capillaire d’une maman provoque une dermatite chez son bébé…), parfois de façon immédiate, éventuellement quelques jours après le contact.
Elle peut en tout cas s’avérer très handicapante au quotidien.

Les irritations

Elles peuvent provenir de produits inadaptés au type de peau (une lotion à base d’alcool sur une peau sèche…) ou de certains ingrédients au caractère irritant.

Elles se traduisent par des picotements, tiraillements, rougeurs ou autres sensations de brûlure, en général très rapidement après l’application du produit en cause, parfois seulement après quelques jours d’utilisation.

Leurs manifestations, à l’inverse de celles induites par une allergie, restent le plus souvent limitées à la zone de contact avec le produit, et il suffit de ne plus se servir de ce dernier pour que les symptômes régressent puis disparaissent.

Les effets toxiques pour l’organisme

Autant on peut relativement facilement lier une allergie ou une irritation cutanée à un produit ou une molécule spécifique, autant on ne pourra jamais dire qu’un cancer (ou un Alzheimer, ou une malformation du fœtus, ou une baisse de la fertilité masculine…) a été provoqué par tel ou tel ingrédient cosmétique.

En matière de toxicité, si on connaît des substances qui sont dotées d’un potentiel nocif pour l’organisme, la relation directe entre leur utilisation et la survenue d’une maladie est impossible à établir avec certitude. Parce qu’elles ne sont jamais seules en cause, parce que les interactions entre plusieurs d’entre elles ont parfois bien plus d’incidences que leurs effets particuliers si on les considère isolément, parce qu’il faut prendre en compte également leur capacité à être fixées par l’organisme, la durée, la fréquence et la répétition des expositions, ou encore d’autres facteurs très variables comme le terrain de chaque individu, la qualité de son patrimoine génétique, son hygiène de vie globale, son environnement… bref, on ne peut parler ici qu’en termes de risques, plus ou moins avérés, plus ou moins importants et à plus ou moins long terme.

Mais certains de ces risques, même potentiels, sont bien identifiés, comme c'est le cas pour le formaldéhyde et les libérateurs de formol, parfois en cours de l'être comme pour les perturbateurs endocriniens. Et leurs éventuelles conséquences s’avèrent souvent suffisamment alarmantes pour être considérées sérieusement.

Les effets polluants pour l’environnement

Une matière première cosmétique peut être végétale et cultivée selon les exigences de l’agriculture biologique, elle peut aussi être issue de cultures conventionnelles utilisant pesticides et engrais, dérivée de l’industrie pétrochimique ou de la synthèse pure.

Son procédé d’obtention et/ou de transformation peut répondre à des critères environnementaux respectueux des équilibres naturels, il peut aussi relever d’une chimie lourde.

Au final, l'impact environnemental d'un ingrédient (ou d'un produit fini) peut s’avérer négligeable, ou au contraire les matières premières mises en œuvre s'avérer polluantes, très peu biodégradables, nocives pour les organismes aquatiques, toxiques pour la faune et la flore…

Les implications sur le monde animal

Maintenant que les expérimentations animales à des fins cosmétiques sont interdites, reste le problème des ingrédients issus d’animaux.
Certains peuvent leur être soustraits sans dommage (œufs, lait, miel, lanoline, cire d’abeille, urée…), beaucoup de ceux qui nécessitent la mort de l’animal pour être prélevés ont été interdits et remplacés par des molécules synthétiques, notamment en cas d’espèces protégées (le musc du chevrotin du Tibet dans les parfums par exemple).

On en trouve encore pourtant, même si pour tous ou presque, il existe une alternative végétale ou un équivalent synthétique : ainsi le carmin, un colorant rouge, peut provenir de cochenilles (petits pucerons) écrasées ; la kératine, le collagène, l’élastine ou certains acides gras peuvent être obtenus à partir des os ou de la graisse des vertébrés…

À noter qu’il n’est pas toujours facile de les éviter, même quand cela représente un critère de choix important pour le consommateur, puisque l’origine de la matière première, dans bien des cas, ne change pas le nom officiel de l’ingrédient.
Le Squalane (un hydratant), qu’il provienne d’une huile animale (par exemple celle de foie de requin) ou de celle de l’olive, sera toujours déclaré sous le nom INCI de Squalane.
Le fabricant, s’il le souhaite, peut prévoir une place sur son étiquette pour préciser la nature de sa matière première, mais cela reste de sa seule initiative. À noter que si on voit assez fréquemment des mentions du type "Squalane issu de l’olive" ou "Squalane d’origine végétale", on n’en rencontre jamais qui annonce une source animale.
Que penser quand rien n’est indiqué ? Dans le doute…

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