lundi 4 novembre 2013Bien choisir ses cosmétiques

Faut-il investir dans une crème anti-âge ?

© Andy Nowack - Thinckstock

Ah, c’est LA grande question ! Celle qu’on pose le plus souvent aux experts. Celle qui revient le plus souvent dans les interviews et les articles de journalistes dédiés aux cosmétiques. Celle que chaque femme (et de plus en plus d’hommes aussi) se pose forcément, à un moment ou à un autre de sa vie. Sans aucun doute la star des questions. Mais peut-on y apporter une réponse aussi définitive que "Oui" ou "Non" ? Ce n’est pas le genre de L’Observatoire des Cosmétiques… qui préfère fournir des éléments de réponses objectifs, pour que chacun ensuite puisse juger, et décider, pour lui-même.

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Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut quand même rappeler que, non, on ne peut pas tout attendre d’une crème. Un investissement cosmétique, tout important qu’il soit, se révélera fort décevant s’il n’est pas soutenu de quelques accompagnements qui relèvent davantage du bon sens que de la technologie des laboratoires de recherches et développement. On les rappelle, pour mémoire…

La bonne base

Pas d’émulsion ou de secret de composition encore à l’horizon, une peau jeune se travaille (et se maintient plus longtemps) d’abord grâce à une bonne hygiène de vie.

Au rayon des recettes anti-âge éprouvées :
• limiter les expositions répétées, prolongées, et surtout sans protection adaptés, au soleil : les rayons UV, avec l’agression qu’ils représentent et les radicaux libres qu’ils génèrent, font vieillir la peau plus vite…
• se rappeler que le tabac, en plus de fortement grever votre budget (et vous limiter dans le choix de votre crème ?), n’arrange rien en termes de production de radicaux libres et d’éclat de votre peau…
• se méfier des régimes amincissants à répétition : la peau, pour être en forme, souple, ferme et tonique, a besoin d’éléments nutritifs aussi de l’intérieur, et notamment d’acides gras et de lipides, de vitamines et de minéraux, ce qui peut se traduire par fruits, poissons gras, huile dans les vinaigrettes qui arrosent les légumes quotidiens…
• penser à boire suffisamment, mais très peu d’alcool (qui n’est pas non plus l’ami de votre épiderme) et beaucoup d’eau, pour que la peau puisse y puiser ses ressources d’hydratation…
• cultiver le sommeil… qui porte bien son nom de réparateur !
Et dans la série des bons réflexes pour aider la nature, et surtout notre épiderme à résister aux signes du vieillissement, on ne saurait trop vous recommander quelques petits exercices tonifiants, comme ceux conseillés par notre expert, le Dr Marie-Pierre Hill-Sylvestre, dans son Petit guide de gym faciale (éd. Jouvence).

Tout cela, ce n’est pas pour tourner autour du pot de crème : c’est juste la base… indispensable. Et justement, on y vient, au pot de crème.

Qu’est-ce qui marche ?

Puisqu’on en est encore un peu aux rappels de base, on redit ici que le nettoyage de la peau, matin et soir, accompagné d’une bonne hydratation, et ce depuis l’adolescence, contribue aussi à maintenir une peau en bonne santé et bien armée face au temps qui passe.
Mais c’est vrai, au fil du temps, l’épiderme, qui a tendance à s’assécher et à perdre en éléments lipidiques qui assurent sa tonicité et son élasticité, aura besoin, en compensation, de plus en plus de bons actifs nourrissants et relipidants, accompagnés de puissants hydratants.

Les relipidants
Toutes les huiles végétales sont bonnes à prendre. Elles apportent acides gras essentiels, vitamines, antioxydants, et elles contribuent à limiter la déshydratation de la peau. Chacune a ses petits intérêts particuliers, et en matière de lutte anti-âge, on aura une préférence marquée pour celles d’argan, d’argousier, d’avocat ou de bourrache, de macadamia, d’olive ou d’onagre…
Le beurre de karité (Butyrospermum parkii), très réparateur, apporte aussi, en plus de ses corps gras, des insaponifiables qui travaillent à la fermeté de l’épiderme…
Des dérivés du glycérol ou Glycerin (Tripalmitin, Tristearin, Triolein…) sont également de bons actifs relipidants…
Le squalane est à la frontière des relipidants et des autres actifs indispensables pour un bon cosmétique anti-âge : les hydratants.

Les hydratants
Contrairement à ce qu’on imagine souvent, l’hydratation ne vient pas de l’application cutanée d’eau, ni même d’huiles végétales. Elle sera davantage renforcée par des agents émollients et humectants, qui vont piéger l’eau dans les couches superficielles de l’épiderme.

Le glycérol (Glycerin) fait évidemment figure d’incontournable en la matière. Pas une crème hydratante qui n’en contienne et on le comprend : efficace et bon marché, il n’y a vraiment aucune raison de s’en passer.
Les sucres et polyols (Saccharum officinarum, Sucrose, Trehalose, Maltose, Mannitol…) mais aussi le miel (Mel) sont de très bons humectants/hydratants.
Certains extraits végétaux se révèlent également assez efficaces, parmi lesquels la mélisse, l’écorce de saule blanc, la fleur de sureau noir, la racine d’échinacée, la chair d’avocat…

Enfin cette liste ne serait pas complète sans citer LE super-hydratant s’il en est, l’acide hyaluronique. Mais son statut d’actif anti-âge en vogue (du fait, justement, de ses propriétés hydratantes) nous a amenés à le classer dans la catégorie suivante… celle des actifs anti-âge proprement dits.

Les actifs anti-âge

L’acide hyaluronique , donc, a la merveilleuse faculté de "gonfler" en présence d’eau, ce qui donne un effet repulpant et un aspect plus "rebondi" à la peau. Très présent dans notre organisme dans l’enfance (c’est ce qui fait les joues rebondies des bébés !), il diminue inexorablement avec l’âge… d’où l’intérêt d’en apporter à l’épiderme, par injection ou par application cutanée.
Le Dipalmitoyl hydroxyproline est l’autre "repulpant" du moment. Cet acide aminé agirait sur la synthèse du collagène et se prévaut de beaux résultats en matière de réduction de la profondeur des rides.
Les antioxydants , eux, luttent contre les radicaux libres, produits par l’oxydation de la peau au contact des rayons du soleil, de l’air, de la pollution, du stress, etc. Ces radicaux libres détériorent l’éclat de la peau et sa résistance aux signes du temps. Les antioxydants limitent ce phénomène, comme le célèbre rétinol (de la vitamine A), mais aussi la vitamine E (Tocopherol) ou C (acide ascorbique et ses dérivés)… Les enzymes et co-enzymes (comme la Q10) auraient aussi une action antioxydante.
Le silicium et les silices organiques (silanols), comme le Methylsilanol mannuronate, stimulent la régénération cellulaire. Comme l’acide hyaluronique, le silicium est naturellement présent dans nos tissus organiques et diminue avec l’âge de la même façon. Dans les cosmétiques, il joue le rôle de booster sur les fibres de collagène et d’élastine, ayant ainsi une action sur la densité, la fermeté et l’élasticité de la peau.
Les minéraux , comme les lipides, peuvent aussi être mis en œuvre pour la stimulation de la communication inter-cellules. Redynamisants du métabolisme, ils mettent en quelque sorte de l’huile dans les rouages… qui ainsi fonctionnent mieux et se montrent plus résistants aux assauts du temps.

Est-ce là tout ? Que non ! En matière d’"innovations" anti-âge, l’industrie cosmétique sait se faire très productive et jamais à cours d’une nouvelle idée marketing. On pourrait ainsi aussi parler des liposomes, des protéines, des cellules souches, et de tant d’autres… Mais ceux qui sont cités ci-dessus, au moins, sont bien connus et ils ont fait leurs preuves.
À condition évidemment d’être présents en bonne proportion dans le produit. Et aussi d’être mis en œuvre en synergie avec les autres : on gagne davantage si on joue sur plusieurs tableaux !

Est-ce que ça se voit ?

On voit parfois sur les étiquettes des cosmétiques anti-âge des résultats chiffrés de réduction de profondeur ou de longueur des rides, de gain en élasticité ou en hydratation, en fermeté ou en volume…
Attention : avant de se fier à ces promesses (et à s’attendre à les voir se reproduire sur soi), mieux vaut vérifier de quels genres de tests sont issus ces chiffres. On a déjà eu l’occasion de dire ici que des auto-évaluations par un panel restreint de volontaires n’ont pas tout à fait la même valeur qu’une expérimentation clinique…
Et même dans ce cas, à quoi faut-il s’attendre ? Les rides vont-elles disparaître ? Va-t-on gagner 10 ans et paraître sensiblement plus jeune ?

Il faut le dire. Alors, on le dit : même ce qui est scientifiquement mesuré n’est pas toujours perceptible à l’œil nu. Et 10 % de ride en moins ne fait pas forcément une grosse différence quand on s’examine dans le miroir.
À moins évidemment que le produit n’intègre à sa formule quelques pigments réflecteurs de lumière, comme le Mica. Car eux, par simple effet visuel, donnent vraiment l’illusion que la ride est atténuée ! Une illusion temporaire, bien sûr, qui s’évanouit à l’heure du démaquillage… mais un effet visuel réel pas si négligeable et qu’on prend bien volontiers !

Là où les crèmes anti-âge agissent vraiment, et, au moins pour certaines d’entre elles, de façon assez performante, c’est sur l’état général de la peau, et en la matière, un peu de tonicité, de fermeté et d’élasticité en plus, cela permet aussi de mieux résister et de moins marquer les signes de vieillissement. On se résume ? Vous ne gagnerez pas 10 ans, mais vous éviterez peut-être "l’effet vieille peau" !

Est-ce que ça vaut le prix que ça coûte ?

C’est L’AUTRE grande question, souvent corollaire de la première. Les crèmes les plus chères sont-elles les plus efficaces ? Peut-on se dispenser de dépenser un quart de SMIC pour obtenir des résultats ?
Si vous êtes fidèle de ce site, vous savez depuis longtemps comment est déterminé le prix d’un cosmétique . Et vous savez qu’il n’est pas toujours en exact rapport avec la qualité intrinsèque du produit.

Ajoutons ici que ce qui est vrai pour tous les cosmétiques l’est bien davantage encore dans le secteur de l’anti-âge. Un prix élevé donne confiance dans l’efficacité, même s’il n’est justifié ni par la qualité des matières premières mises en œuvre, ni même complètement par le packaging souvent luxueux qui les entoure. Méfiance, donc, et encore une fois, seule la formule du produit et sa liste des ingrédients qui la décrit, peuvent apporter une réponse fiable à cette question.

Bon, d’accord, mais alors ? (On vous entend d’ici derrière votre ordinateur, vous savez ?) Au final, QUELLE CRÈME CHOISIR ?
Difficile d’en recommander une seule. Celle qui vous convient, comme à votre type de peau, à votre style de vie, à vos habitudes cosmétiques ou à votre porte-monnaie, n’est pas forcément celle de votre voisine. Ce n’est pas forcément non plus la dernière qui vient d’être lancée sur le marché, ou celle qui est le plus largement médiatisée…
Mais pour celles qui insisteraient, les experts de L'Observatoire des Cosmétiques proposent néanmoins un petite sélection des produits anti-âge qu'ils ont distingués comme les plus intéressants, après en avoir évalués plus de 190, juste dans la catégorie de ceux qui peuvent être utilisés le matin comme le soir. À consulter en cliquant ici .

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