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15 octobre 2014Bien choisir ses cosmétiques

La chute de cheveux occasionnelle chez la femme Ajouter à mon portfolio
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©123rf - Aprior

L’alopécie ou perte des cheveux concerne aussi les femmes et peut se révéler traumatisante. Peut-on la vaincre la chute avec un simple shampooing ou une lotion ? Sans en attendre de miracles, les produits cosmétiques peuvent au moins aider à freiner ce phénomène, à stimuler la repousse et à densifier la chevelure, voire, en dernier recours, masquer les effets les plus visibles. 

Temps de lecture : ~ 11 minutes

Au nombre de 100 000 à 150 000 en moyenne par tête, nos cheveux, tout comme notre peau, révèlent notre santé et notre vitalité. Si une soixantaine tombe normalement par jour, au-delà de 100, la chute est pathologique. Passagère ou définitive, réactionnelle ou héréditaire, il existe différents types de chutes de cheveux : la calvitie, l’alopécie congénitale, l’alopécie localisée, la pelade ou l’effluvium télogène, une perte soudaine et temporaire.

Le cycle pilaire

La vie d’un cheveu, qui peut durer de 3 ans pour un homme à 6 ans pour une femme, est une succession de 3 phases au cours desquelles il croît, persiste, régresse puis tombe.
La phase anagène. C’est la phase de croissance du cheveu pendant laquelle les cellules matricielles du bulbe se multiplient activement.
La phase catagène. Période de transition durant laquelle le follicule pileux devient inactif.
La phase télogène. C’est la phase d’élimination au cours de laquelle le cheveu mort, refoulé par un autre cheveu en phase anagène, va tomber.

La succession de ces 3 phases est influencée par des facteurs hormonaux et vasculaires. Quand l’un de ces éléments est déséquilibré, un grand nombre de cheveux, jusqu’à 70 %,  passe anormalement et rapidement de la phase anagène à la phase télogène. Le cycle pilaire est accéléré, la chute des cheveux est brutale. C’est un effluvium télogène aigu.

Les facteurs déclenchants

Les origines d’une chute brutale et importante des cheveux sont multiples et parfois difficiles à identifier :
• stress, fatigue, choc émotionnel, choc opératoire,
• accouchement, fausse couche ou interruption de grossesse,
• régimes ou déséquilibres alimentaires (perte de poids rapide et importante) provoquant des carences en fer,
• variations hormonales (ménopause) ou changements de saison,
• forte fièvre (température supérieure à 39° pendant plusieurs jours),
• traitements médicamenteux (antidépresseurs),
• hyperthyroïdie…

Une fois le stress passé, la chute régresse et les follicules pileux reviennent progressivement en phase active entre 3 à 6 mois. Il faut toutefois compter une année complète pour retrouver une densité de chevelure normale.

Les bons réflexes

Si le Minoxidil, un vasodilatateur en vente libre, est souvent prescrit par les dermatologues pour le traitement de la perte des cheveux, il n’est pas non plus dénué d’effets secondaires et son efficacité dans le cas d’une alopécie passagère est remise en cause. Pis, il aurait tendance à aggraver les symptômes et à repousser leur résolution spontanée et complète. Pour prendre soin de ses cheveux et prévenir leur chute, une hygiène de vie saine et de bons réflexes sont recommandés.

Privilégier une alimentation riche en vitamines et nutriments, qui fortifie le cheveu de l’intérieur.
Les vitamines du groupe B et notamment la vitamine B6 (levure de bière, poissons gras, poulet, œufs, lentilles, pollen…) nourrissent et participent au renouvellement des cellules du follicule pileux.
Le zinc (huîtres, foie, sésame, noix…) stimule la croissance des cheveux.
Les acides aminés soufrés : cystéine et méthionine (fruits de mer, poulet, crucifères, légumineuses…). Associés à la vitamine B6 et au zinc, ils servent à synthétiser la kératine, constituant majeur des cheveux.
La vitamine A (abats, poissons, beurre…) favorise la croissance de la fibre capillaire et aide le cuir chevelu à maintenir son hydratation.
Le fer (volaille, viande rouge, poisson, légumes verts, légumineuses…) participe à la nutrition des cellules de reproduction du cheveu.
- Le magnésium (oléagineux, chocolat, céréales complètes, légumes verts et secs…), essentiel à notre organisme, contribue à réduire le stress et aide à lutter contre la perte des cheveux.
Et aussi sous forme de cures : la vitamine D qui stimule la phase anagène du cycle pilaire et la silice efficace pour dynamiser la croissance des cheveux.
Sans oublier de boire de l’eau , par petites gorgées, tout au long de la journée.

Se préserver du stress. C’est l’une des causes majeures du déséquilibre du cycle pilaire. Les techniques douces de relaxation sont les bienvenues. Elles aident à travailler le souffle et à mieux respirer, un plus pour faire baisser la pression et se recentrer : yoga, chi gong, shiatsu, sophrologie, méditation…

Protéger ses cheveux des tractions excessives
(brossages vigoureux, tressage, crêpage) et des agressions chimiques (colorations, permanentes, lissage) qui les fragilisent, des rayons UV du soleil qui favorisent leur chute et du tabac et de l’alcool qui les assèchent.

Opter pour des massages doux du cuir chevelu
.
Sans friction et avec bienveillance, du bout des doigts, à l’aide de mouvements circulaires, ces massages détendent et stimulent la microcirculation du cuir chevelu. Effectués pendant la pose du shampooing, ils aident de plus à en faire pénétrer les actifs.

Les actifs cosmétiques antichute

Shampooings, lotions, ampoules, sprays… : l'offre cosmétique antichute ne manque pas, et parfois, les résultats de ces produits sont appréciables. Leur mode d'action ? Ils jouent sur plusieurs tableaux, s'employant à la fois à freiner l'importance de la chute des cheveux, à revitaliser le cuir chevelu et à stimuler les follicules pileux, à donner volume et densité à la chevelure restante… Avec des actifs spécifiques, le plus souvent utilisés en association.

Pour freiner la chute
La caféine. On la connaît bien en actif amincissant. Mais la caféine, tirée du café, du guarana, ou d'origine synthétique, est aussi réputée pour prévenir la chute des cheveux et la ralentir une fois qu'elle est entamée.
• Le pterocapus marsupium. L'écorce de cet arbre exotique est également présent, et pour les mêmes raisons, dans nombre de produits dédiés à ce problème.

Pour redynamiser le cuir chevelu
Rien de spectaculaire à attendre d'un cuir chevelu affaibli et qui fonctionne en-deçà de ses possibilités optimales: il s'agit donc de le remettre en forme.
Relancer la microcirculation. Une bonne microcirculation permet de mettre le follicule pileux (le "berceau" des nouveaux cheveux) dans les meilleures conditions pour fonctionner avec efficacité.
C'est le règne des extraits végétaux, comme le ginseng (Panax ginseng) ou la bardane (Artium majus)…
Stimuler le cuir chevelu. Là encore, le végétal règne en maître, comme avec les extraits d'ortie (Urtica dioica), d'écorce de bouleau (Betula alba), de neem (Melia azadirachta), de ginkgo biloba, ou les huiles essentielles d'eucalyptus (Eucalyptus globulus), de menthe poivrée (Mentha piperita), de myrte (Myrtus communis), de cèdre (Cedrus atlantica)…

Pour favoriser la repousse
Tout se passe ici au niveau du follicule pileux.
La quinine (ou quinquina). On l'assimile à un remède de grand-mère. Il n'empêche qu'elle a la propriété de protéger le bulbe pileux, de le stimuler et de le fortifier.
Les acides aminés. Ils sont à la base de tous les processus vitaux de l'organisme, et un apport en acides aminés contribue à relancer celui de la pousse des cheveux. On en compte 20 en tout. Les plus utilisés dans les produits antichute : Alanine, Arginine, Cystéine, Lysine, Thréonine, Tyrosine…
Les vitamines du groupe B. Elles sont aussi utiles en apport alimentaire qu'en application topique via un cosmétique. On y voit ainsi la Niacinamide (vitamine B3), le Panthenol (Vitamine B5), la Pyridoxine HCl (vitamine B6), la Biotin (vitamine B8)…
Les oligo-éléments. De la même façon que les acides aminés, les oligo-éléments, et notamment le zinc, sont essentiels aux réactions enzymatiques qui assurent, par exemple, la bonne kératinisation des cheveux.

Densifier la chevelure
S'il en tombe… il en reste quand même un peu sur la tête. Et ces cheveux-là vont être l'objet de tous les soins, qu'il s'agisse de leur donner du volume, ou de s'en servir comme point d'appui pour masquer les calvities.
La kératine. C'est, à plus de 95 %, l'élément constitutif du cheveu. C'est elle qui lui donne sa densité, sa brillance, sa tenue. En plus de relancer le processus de kératinisation naturelle, un cosmétique peut constituer un apport supplémentaire de kératine, pour donner au cheveu un effet volume appréciable, même s'il est temporaire.
Les poudres SOS. On les trouve de plus en plus facilement (chez les coiffeurs, sur Internet) et de plus en plus naturelles. À base de fibres (de coton, de soie…), disponibles en différentes teintes pour se fondre avec la couleur naturelle de la chevelure, elles "s'accrochent" aux cheveux (même très fins, même très courts), et "regarnissent" comme par magie les zones clairsemées, pour un rendu final quasi insoupçonnable. Elles s'éliminent au shampooing, mais leur application quotidienne ne demande que quelques secondes. Et c'est une très bonne solution pour attendre sereinement la repousse des vrais cheveux…

Pratiquer la douceur
Cela va sans dire… mais ça va encore mieux en le rappelant. S'il faut éviter toute agression externe susceptible d'affaiblir le cuir chevelu et les cheveux, cela ne vaut pas que pour le séchage ou la coloration, mais aussi pour le shampooing.
Plus que jamais dans ce cas, il faut privilégier les bases lavantes douces, à base de coco ou de sucre, éviter les tensioactifs (comme les Sodium lauryl sulfate ou Ammonium lauryl sulfate) ou les conditionneurs les plus irritants.
À moins de choisir un produit spécifique antichute, pour les lavages quotidiens, une bonne option peut être de s'orienter vers les rayons des shampooings pour bébés…

HLH-LW

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