Les spécificités de la peau noire

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Parce que la peau noire a ses propres caractéristiques, il est important de savoir comment elle fonctionne pour pouvoir en prendre soin correctement. La connaissance de la peau, de l’intérieur, est essentielle pour faire les bons choix cosmétiques.

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Du point de vue de la structure, la peau noire est semblable à une peau caucasienne, à quelques détails près.
La peau, organe de protection, n’est pas plus épaisse mais elle est plus dense. Cela se voit au niveau du stratum corneum, qui est composé de 12 couches alors que celui d’une personne de type caucasien n’en a que huit. Le derme est plus solide et plus compact.
La peau foncée reçoit naturellement plus de soleil et donc d’infrarouges : elle est donc structurée de façon à perdre moins d’eau. À l’intérieur du derme, cette fonction se voit clairement : les cellules sont plus jointives. Le stratum corneum est également plus riche en lipides et produit d’avantage de film hydro-lipidique, une protection de plus contre l’évaporation de l’eau.
De plus, les glandes sudoripares (responsables de la transpiration) sont un peu plus grosses et présentes en nombre : une peau noire est adaptée pour absorber plus d’infrarouges, la chaleur de son environnement implique que la thermorégulation doit être plus efficace (la transpiration doit être plus abondante) Et, facteur supplémentaire, sa couleur noire amplifie le phénomène d’absorption des infrarouges.

La pigmentation

Exposés au soleil, les mélanocytes des peaux caucasiennes produisent de la mélanine, responsable de la coloration de la peau : les kératinocytes captent les UV et transmettent un message aux mélanocytes, dans le but d’obtenir une sorte de " parasol moléculaire " pour se protéger.
En plus de ce mécanisme identique, les mélanocytes des peaux foncées fonctionnent même sans lumière. Les grains de mélanine sont plus gros, plus stables et de forme ovoïde. Le mélanocyte est programmé pour produire de la mélanine constamment.
Il peut arriver que les cellules fonctionnent mal, c’est alors qu’on observe l’apparition de taches pigmentaires ou même de vitiligo (dépigmentation sur de larges zones de la peau).
Ces phénomènes multi-factoriels s’expliquent par des mutations génétiques au niveau des cellules concernées. Conséquence : soit le mélanocyte ne fabrique plus de mélanine, soit cette mélanine n’est plus transmise au kératinocyte.

L’exposition au soleil

Structurellement parlant, une peau noire bronze et réagit de la même façon qu’une peau claire. À savoir, les kératinocytes sollicitent les mélanocytes afin de protéger le derme. L’utilisation de produits solaires est requise pour les expositions longues. Bien que cet épiderme soit moins sujet aux brûlures, il n’est pas complètement protégé des atteintes des UVA qui pénètrent la peau en profondeur et qui sont responsables des mélanomes (cancer de la peau).
Le soleil lui est d’ailleurs essentiel. En effet, pour fabriquer de la vitamine D, responsable du bon équilibre de la peau et du terrain microbien, de la solidité des os mais également garante de la bonne humeur, un épiderme noir a besoin de six fois plus d’UV qu’un blanc.

Sécheresse cutanée

L’épiderme foncé, de phototype 4/5, a besoin d’UVB pour garantir son bon équilibre. C’est la raison pour laquelle il souffre de sécheresse voire d’atopie quand il vit dans des milieux tempérés, où la luminosité est moins forte.
La sécheresse cutanée peut être expliquée par une rupture entre le génome et l’exposome qui n’est plus celui de référence. La peau n’est pas encore "adaptée".
Pour enrayer au maximum cette problématique, la réponse cosmétique se doit d’être de qualité. Il convient de se tourner vers des produits enrichis en vitamine D, avec un fond de molécules hydratantes et anti-déshydratantes et des céramides pour apporter à l’épiderme plus de confort.

Quelques petits boutons

Parallèlement à la sécheresse cutanée, les glandes sébacées sont plus grosses et produisent plus de sébum. Associé à la transpiration plus abondante, la formation du film hydro-lipidique est plus importante, afin de mieux se protéger des UV. L’inconvénient est que cette hyperséborrhée est le terrain idéal pour le développement des bactéries responsables de l’apparition de petits boutons.
Toutes les personnes dont la peau est noire ne sont et ne seront pas victime d’acné, l’environnement microbien est juste plus propice à son apparition.

Moins de rides ?

On constate bien souvent que cette peau marque moins rapidement les signes du vieillissement cutané. De ce fait, l’âge biologique de la peau est en apparence inférieur à l’âge chronologique. On l’explique par plusieurs facteurs.
• Dans un premier temps, le vieillissement est causé à plus de 90 % par le stress oxydatif, provoqué par l’exposition aux rayons UV.
• Un épiderme noir est moins impacté par la pénétration d’UV puisqu’il est mieux protégé en surface. Les UV sont ralentis et créent moins d’inflammations.
• Dans un second temps, le fibroblaste, cellule responsable de la production du complexe acide hyaluronique/collagène/élastine, est plus gros et plus efficace que dans un épiderme caucasien. La peau est programmée pour rester élastique et ferme.

Enfin, l’exposome joue un rôle direct également. Lorsque ces personnes vivent dans des zones peu éclairées, leurs peaux n’ont pas besoin de se défendre contre les agressions des UV, elles vieillissent moins vite.

Une cicatrisation difficile

Si les fibroblastes sont très efficaces et travaillent plus vite, cela pose un problème lors de la cicatrisation. La surproduction de collagène entraine l’apparition d’une couche de peau épaisse au niveau des plaies. C’est ce qu’on appelle des chéloïdes. Cependant, ces cicatrices ne sont pas dangereuses pour la santé.

JS

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