lundi 21 septembre 2015Bien choisir ses cosmétiques

Que faire en cas de déséquilibre capillaire ?

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Quand les cheveux sont fragilisés, le cuir chevelu déséquilibré… faut-il s'en remettre au premier soin capillaire venu ? Non, bien sûr. Et si c'est toujours vrai, ça l'est bien davantage encore dans ces moments où leur demande est la plus visible. Un œil à la composition de vos produits cosmétiques, pour éviter les ingrédients malvenus, et s'orienter vers les plus utiles avec les gestes adéquats.

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Il faut le souligner : les soins capillaires, si bons soient-ils, ne remplaceront jamais l'équilibre intérieur, si important pour les cheveux. Et ne pourront jamais complètement compenser le rythme naturel des saisons (qui fait que les cheveux tombent plus facilement en automne) ni les séquences hormonales (qui les fera regraisser plus rapidement à certains jours du mois)…
Mais ils peuvent constituer un bon coup de pouce pour remettre plus vite les choses en ordre. Pour peu, bien sûr, qu'ils soient bien formulés, qu'ils évitent certains ingrédients cosmétiques et soient pourvus en bons actifs.

Les ingrédients cosmétiques à éviter

Ils sont en petite forme, ce n'est pas le moment d'agresser et de malmener davantage vos cheveux. À éviter en priorité, tous les irritants / étouffants / destructurants…

Les tensioactifs
Ils font la mousse des shampooings, mais aussi de fortes agressions au cuir chevelu. Parmi les moins doux que la cosmétique connaisse, les Sodium lauryl sulfate et Ammonium lauryl sulfate.
Les bases lavantes douces, avec des tensioactifs tirés de sucres (glucoside, glutamate…) ou de la betterave (betaine…) sont bien préférables, même pour les cheveux gras qu'on n'a aucun intérêt à décaper.

Les silicones
Elles assurent des touchers doux et des démêlages faciles, mais elles ont aussi la fâcheuse tendance à s'installer (trop) durablement sur les fibres capillaires comme dans l'environnement où elles sont très peu biodégradables. Résultat : elles gainent les cheveux, mais au fur et à mesure, les asphyxient aussi.
Elles sont interdites dans les cosmétiques bio, mais omniprésentes dans tous les autres. À repérer dans les listes d'ingrédients : tous les composés se terminant par methicone ou siloxane.

Les ammoniums quaternaires

Antistatiques et conditionneurs capillaires efficaces, ils sont aussi polluants pour l’environnement et connus pour constituer de forts irritants cutanés.
Également interdits en bio, ils se reconnaissent aux suffixes -monium, -dimonium ou trimonium. Les Quaternium ou Polyquaternium sont aussi à classer dans cette catégorie.

Les colorations capillaires dites permanentes
Pour "tenir" plus de 2 ou 3 shampooings, une coloration a besoin de venir fixer la couleur à l'intérieur de la fibre capillaire, en écartant d'abord les écailles avant de les refermer au moyen de substances qui ne figurent pas parmi les plus douces. Et on se doute bien que le seul principe d'action de ces produits ajoute à la déstructuration des fibres capillaires.

Les actifs à privilégier

À chaque type de problème spécifique, ses actifs dédiés. La cosmétique ne manque pas de ressources, et pour tous les types de cheveux aussi !

Pour tous les types de cheveux
• Vitamines B : ce qu'elle fait à l'intérieur, elle le fait aussi (un peu) à l'extérieur ! Dans les listes d'ingrédients : Panthenol.
• Inuline : cet humectant dérivé du fructose est aussi un bon conditionneur capillaire… tout en douceur (Inuline).
• Protéines : de blé (à éviter pour les allergiques au gluten) ou de lait, elles nourrissent la fibre et la gaine sans l'agresser, sous les noms de Hydrolyzed wheat protein ou Hydrolyzed milk protein.
• La kératine : elle trouve maintenant bien plus fréquemment sous sa forme végétale (la phyto-kératine, mélange de protéines de blé, de maïs et de soja) que sous sa forme animale. Constituant naturel de la fibre capillaire, la kératine exogène (apportée de l'extérieur) contribue à redensifier la fibre capillaire, à la lisser et lui apporter douceur et brillance.

Pour les cheveux secs
Ils adorent les matières riches et grasses, qui les nourrissent et leur apportent leurs acides gras restructurants.
Au menu :
• beurres : de karité (Butyrospermum parkii butter), de mangue (Mangifera indica seed butteer), de cacao (Theobroma cacao butter) ou d'Illipé (Shorea robusta seed butter),
• huiles végétales : abricot (Prunus armeniaca kernel oil), jojoba (Simmondsia chinensis seed oil), coco (Cocos nucifera oil), olive (Olea europaea fruit oil), ricin (Ricinus communis seed oil), argan (Argania spinosa kernel oil)…

Pour les cheveux gras
L'idée est ici de réguler les productions de sébum et de purifier le terrain, et les actifs végétaux règnent en maître.
• Pour rééquilibrer : bardane (Arctium lappa root extract), ortie (Urtica dioica extract), reine-des-prés (Spiraea ulmaria extract), myrte (Myrtus communis extract), dérivés de zinc (Zinc gluconate, Zinc PCA), mais aussi bien sûr toutes les argiles…
• Pour purifier et rafraîchir : huiles essentielles de menthe (Mentha piperita oil), d'eucalyptus Eucalyptus globulus oil), de citron (Citrus lemon oil)…

Contre les pellicules
Rééquilibrer et assainir le cuir chevelu sont encore ici les objectifs principaux, en luttant contre les champignons responsables de la formation des pellicules.
• Les climbazole (Climbazole) et pyrithione de zinc (Zinc pyrithione) antifongiques, l'huile essentielle de cade (Juniperus oxycedrus wood oil) et la propolis sont réputées pour leur action antipelliculaire, comme les extraits de capucine (Tropaeolum majus extract) ou de fenugrec (Trigonella foenum-graecum extract).
• Huiles essentielles d'eucalyptus, d'arbre à thé (Melaleuca alternifolia leaf oil), de sauge (Salvia officinalis oil) ou de romarin (Rosmarinus officinalis leaf oil) assainissent le terrain.
• L'acide salicylique (Salicylic acid) ou les pyridones (Ciclopiroxolamine, Piroctone olamine) agissent comme des exfoliants, contribuant à déstructurer les squames que sont les pellicules pour mieux les éliminer.

L’équilibre capillaire de l’intérieur

Nos cheveux nous rendent beaux, mais ils reflètent aussi notre santé et nos soucis quand ils sont trop gras ou trop secs, blanchissent, se couvrent de pellicules ou sont en chute libre. Quand ils tirent le signal d’alarme, ils traduisent des déséquilibres internes qui peuvent la plupart du temps être résolus avec une alimentation saine et diversifiée en compléments de soins cosmétiques.

Parmi les nutriments bénéfiques pour la santé capillaire :
Les vitamines B (levure de bière, poulet, foie, légumes secs, céréales complètes, poissons, soja, œufs) nourrissent les cheveux de l’intérieur. La levure de bière en est une source non négligeable. En cure, une à deux fois par an, elle aide à améliorer la pousse et l’éclat des cheveux, régule le sébum et aide à diminuer les pellicules. Tout comme la spiruline, une algue concentrée aussi en protéines et acides gras, qui favorise la régénération du cuir chevelu et fortifie les fibres capillaires.
La vitamine A (foie, sardines, beurre…) antioxydante intervient dans le processus de renouvellement des cellules du cuir chevelu et favorise la croissance des cheveux.
Le zinc (huîtres, foie, sésame, crustacés…) normalise la production de sébum des cuirs chevelus gras.
Le sélénium (noix du Brésil, huîtres, abats, poissons gras…) régule la circulation sanguine du cuir chevelu et aide à diminuer les pellicules et la chute des cheveux.

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