lundi 12 novembre 2012Bien choisir ses cosmétiques

Voyage au coeur de l'hydratation

©Thinkstock/L'Observatoire des Cosmétiques

S'il est un facteur essentiel à la bonne santé de la peau et à sa beauté, c'est bien son hydratation. Et tout déséquilibre à ce niveau entraîne systématiquement inconforts, défauts esthétiques voire maladies cutanées, le tout plus ou moins handicapant. Mais le processus de l'hydratation de la peau est complexe, et les sources de déséquilibres diverses. Décryptage aux XIIe JEST (Journées d'Échanges Scientifiques et Techniques) de Cosmed, qui se sont tenues le 12 octobre à Montpellier.

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C'est un lieu commun de le dire mais cela vaut parfois d'être rappelé. Notre organisme humain, et la peau qui l'entoure, sont des machines fantastiques, admirablement conçues pour assurer notre santé et notre confort au quotidien. Les processus de l'hydratation ne font pas exception, comme l'a détaillé Stéphane Astie, Docteur en Pharmacie et enseignant en Cosmétologie, lors de ces XIIe JEST organisées par Cosmed.

L'eau à la source de la vie

L'eau est le constituant principal du corps humain. Elle représente environ 60 % de la masse corporelle d'un d'adulte (mais 75 % de celle d'un nouveau-né et 55 % de celle d'une personne âgée).
À titre indicatif, on trouve 83 % d'eau dans notre sang, 80 % dans notre cerveau, 70 % dans notre peau.
La plus grande partie de cette eau se situe à l'intérieur de nos cellules. Une autre partie occupe l'espace intercellulaire, servant de réserve aux cellules et aux vaisseaux sanguins. Le reste est contenu dans le sang et la lymphe et circule en permanence dans tout l'organisme.

L'eau nous est à ce point indispensable qu'on estime qu'à température modérée, la suppression d'apport hydrique provoque la mort en 2 à 3 jours. On considère que nos besoins en eau se montent à 2,5 litres par jour, même s'ils peuvent varier en fonction de l'âge, de la température extérieure, de l'activité physique, de l'altitude…

En outre, l'eau remplit plusieurs fonctions :
• elle participe aux nombreuses réactions chimiques de l'organisme,
• elle assure le transit d'un certain nombre de substances dissoutes indispensables aux cellules,
• elle permet l'élimination des déchets métaboliques,
• elle aide au maintien d'une température constante à l'intérieur du corps.

D'où l'importance d'apporter de l'eau à notre organisme.
Nos principaux apports en eau proviennent de trois sources :
• l'eau de boisson : elle correspond aux 2/3 de nos apports (1 à 1,5 litre),
• l'eau de constitution des aliments : elle représente en moyenne 0,5 à 1 litre d'eau par jour,
• l'eau de combustion : elle correspond à l'eau produite lors des réactions chimiques de l'organisme et représente un apport d'environ 300 ml. Elle est très liée au métabolisme des aliments : l'oxydation d'1 gramme de glucides apporte par exemple 0,6 ml d'eau.

L'eau et notre peau

L'hydratation de la peau est intimement liée à celle de l'organisme. L'eau et la peau entretiennent des rapports étroits. Mais pas forcément linéaires.
D'abord, l'hydratation du stratum corneum (la couche la plus superficielle de l'épiderme) n'est pas uniforme sur toute son épaisseur :
• en surface, la concentration en eau (principalement sous forme liée et comme "piégée") est d'environ 25 %,
• plus en profondeur, elle est d'environ 70 % et se présente en grande partie sous forme libre, ce qui permet des échanges avec les couches inférieures de la peau.

De plus, l'épiderme n'étant pas vascularisé, la répartition de l'eau n'y est pas constante.

Pertes et éliminations
C'est qu'on perd quotidiennement l'eau de notre organisme par différentes voies. Les pertes urinaires sont les plus importantes (environ 1,5 litre par jour), mais on laisse aussi échapper ce précieux liquide par la peau.
La perspiration constitue le premier mode permanent d'élimination d'eau corporelle. La diffusion naturelle du flux hydrique dans l'épiderme amène à une évaporation directe en surface, appelée perte insensible en eau (PIE ou TEWL pour TransEpidermal Water Loss). Pour être insensible, elle n'en est pas moins importante : on estime qu'on perd ainsi environ 500 ml d'eau par jour. Quelles que soient les conditions extérieures, la peau, par ce biais, se déshydrate continuellement.
La sudation , elle, est consécutive à une exposition à la chaleur ou en relation avec un effort physique. Elle est liée à la dilatation des pores de la peau et à l'activité des glandes sudoripares.
Ces glandes sont présentes sur toute la surface cutanée, mais avec une distribution plus importante dans les régions où l'épiderme est plus épais (pieds, paumes des mains) ou de taille plus importante (aisselles, parties velues de la face et du cou, aines, etc.). On en a dénombré 25 millions. Sous l'effet de la chaleur, qui active l'irrigation sanguine et développe une dilatation vasculaire, elles sécrètent plus abondamment. Et voilà encore de l'eau qui s'enfuit.

Et ce n'est pas là la seule cause d'une sécheresse de la peau.

Mécanismes de régulation
L'hydratation de la peau est régulée par trois mécanismes naturels, mais qui peuvent être perturbés par les agressions extérieures, et le sont systématiquement avec l'âge.
La réserve . L'eau est stockée par nos GlycoAminoGlycanes (GAGs), des sortes d'"éponges" qui constituent une véritable réserve hydrique, responsable du volume et de la densité du derme. Selon les besoins, ces GAGs libèrent l'eau pour la distribuer à toutes les couches de la peau. Mais avec le temps, la synthèse des GAGs diminue. On en fabrique donc moins, ce qui entraîne un épuisement progressif des réserves en eau de la peau.
La diffusion . L'eau de notre peau n'est pas statique, elle se déplace entre les différentes couches, suivant un processus appelé flux osmotique. Les divers flux osmotiques sont équilibrés pour que toutes les structures cutanées soient hydratées de façon optimale. Mais au fil des années, ils ont tendance à se déréguler : l'eau ne se répartit plus correctement et certaines structures se retrouvent très appauvries en eau.
La rétention . La couche cornée (la partie supérieure de l'épiderme) est une véritable barrière de protection anti-déshydratation. Elle est constituée de cellules appelées kératinocytes, qui sont reliées entre elles par des lipides polaires. Ce sont eux qui bloquent le flux d'eau qui remonte jusqu'à la surface, ce qui limite son évaporation. Mais là encore, avec l'âge, les kératinocytes synthétisent moins de lipides polaires, ce qui provoque une désorganisation de cette barrière de protection contre la perte en eau.

Quand la régulation fonctionne mal
Le rôle premier du revêtement cutané est d'assurer la fonction barrière en protégeant l'organisme des agressions extérieures et en limitant ses pertes en eau. C'est une barrière à la fois physico-chimique et bactériologique. La peau intervient non seulement dans la régulation du métabolisme hydrique mais aussi dans les mécanismes d'adaptation aux variations de température : c'est notre premier radiateur.
En surface, une faible fraction de l'eau qui s'évapore forme avec les lipides épidermiques et ceux du sébum une fine émulsion qui recouvre tout le revêtement cutané. Ce film hydrolipidique de surface (FHL) lubrifie la peau, l'assouplit et participe à la fonction barrière.

Si une peau bien hydratée est douce et lisse, la déshydratation s'accompagne de signes cutanés connus : sèche, craquelée, desquamative (elle "pèle"), irritable, blanchâtre, elle tiraille et est peu confortable. Et cela peut mener jusqu'à de vraies maladies de la peau, comme la dermatite atopique.
On peut être plus sujet que d'autres à la déshydratation cutanée. Chez le tout petit par exemple, le rapport surface corporelle/poids est supérieur à celui de l'adulte et explique le risque de déshydratation à la chaleur. Chez la personne âgée, les mécanismes d'autorégulation fonctionnent moins bien, la peau est plus fine et se déshydrate peu à peu. Il existe aussi plusieurs types différents de "peau sèche" (voir à ce sujet l'article Quelle peau sèche êtes-vous ? - en ligne prochainement).

Mais pour tous et toutes, et particulièrement dès qu'on avance en âge, éviter les causes de la déshydratation et préserver l'hydratation naturelle devraient être des réflexes aussi quotidiens que celui de se laver les dents ou de prendre une douche.
Et justement après la douche (pas trop chaude et avec un lavant pas trop agressif), n'oublions pas le lait, la crème ou l'huile hydratante sur le corps, la crème sur le visage. Notre peau en a besoin… et elle le vaut bien.

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