lundi 29 février 2016Bien utiliser ses cosmétiques

Low poo, No poo : pourquoi, pour qui ?

© Thinkstock/L'Observatoire des Cosmétiques

Moins ou pas de shampooing… c'est la nouvelle recommandation "tendance" pour nettoyer les cheveux. Et cela va du seul rinçage à des routines plus élaborées, y compris avec des produits cosmétiques qui se multiplient pour répondre à cette nouvelle demande. Avantages et inconvénients…

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La mode (car ç'en est une) vient des États-Unis, d'où son nom.
"Poo" est le diminutif de shampoo, shampooing en anglais. "Low" veut dire moins, "No" est assez clair : c'est pas du tout.

Pourquoi ?

Le phénomène est né du rejet des substances chimiques utilisées dans les shampooings classiques, comme les sulfates (parmi lesquels certains tensioactifs moussants) suspectés d'abîmer les cheveux, ou les silicones (utilisées pour apporter de la brillance, gainer et adoucir les fibres capillaires) qui les alourdissent.
Dans la lignée du "moins, c'est mieux", la logique de cette tendance préconise donc de se passer de shampooing. Et l'environnement n'y est pas perdant, puisque c'est autant de rejets de matières plus ou moins polluantes en moins dans les réseaux d'évacuation des eaux.

Mais cela veut-il dire qu'on doit afficher une tignasse sale et grasse, mal coiffée tous les jours de l'année ? Que nenni ! Car si le "low pow" et le "no pow" évitent les shampooings, ils ont aussi des techniques propres, qui à remplacer les cosmétiques classiques par d'autres produits… tout aussi  cosmétiques !

Comment ?

L'idée est donc de ne plus "laver" ses cheveux, mais de simplement les "nettoyer"…
Pour les adeptes les plus pointues de cette technique, la pratique consiste à espacer peu à peu les shampooings classiques, pour "habituer" le cuir chevelu à réguler sa production de sébum, et ne pratiquer, à terme, que des rinçages avec du bicarbonate de soude, du rhassoul ou du vinaigre…
Pour d'autres, il s'agit plus simplement de remplacer le shampooing traditionnel par un après-shampooing, de préférence sans silicones (ce qui n'est pas si simple à dénicher, sauf en cosmétique bio qui se les interdit). Le rituel est alors à peu près le même qu'avec un shampooing classique : on répartit le produit sur le cuir chevelu et les cheveux, on masse du bout des doigts, et on rince.
Pas de gain de temps ni de réelle économie d'eau, donc… mais bon, ça peut être un choix.

Quels résultats sur les cheveux ?

Selon les convaincues du "no poo", la méthode suffit pour avoir des cheveux d'un aspect propre et doux. Les tutoriels les plus autorisés qui l'expliquent sur Internet conseillent tout de même une exfoliation régulière du cuir chevelu en cas d'inconfort, et notamment de démangeaisons…
Mais surtout, il apparaît que nouvelle routine est loin de convenir à tous les types de cheveux. Si elle semble adaptée à ceux qui sont crépus, très frisés ou très secs, les "testeuses" aux cheveux fins ou tout simplement normaux se montrent bien moins enthousiastes avec chevelures raplapla, racines grasses et tête au look négligé au rendez-vous.

Et pour l'industrie cosmétique, ça marche ?

Là, la réponse est oui, et sans ambiguïté ! Parce qu'à toute nouvelle tendance correspondent de nouveaux produits ! Selon le cabinet de consulting Kline, le segment des conditionneurs purifiants a enregistré une croissance exponentielle depuis 2014, avec la plus forte hausse des ventes de tous les après-shampooings dans les salons.
Et on voit même apparaître sur le marché des "shampooings no-poo" et des "après-shampooings lavants" ! Ou comment réinventer le shampooing 2-en-1 qui lave et conditionne les cheveux… Mais en le parant de termes à la mode (ce ne sont plus que crèmes lavantes douces ou conditionneurs purifiants)… et en ajoutant quelques euros au prix de vente.
Au final, devinez qui gagne le plus… avec ce moins ?

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