mercredi 18 octobre 2017Billets d'humeur

La Cosmétotec’h après la Cosmétothèque ?

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Je me suis fait le rapporteur à plusieurs reprises dans ces colonnes de la montée en puissance de l'intelligence artificielle, en particulier en regard avec les métiers de la formulation. Dans un de ces billets, nous avions même évoqué l'idée que le couplage intelligence artificielle/robots pourrait éventuellement proposer à terme des évolutions étonnantes dans les métiers de la formulation.

Temps de lecture
~ 5 minutes

Dans ces différents billets, la discussion portait sur l’éventualité de l’émergence de ces démarches dans notre sphère professionnelle.
Pour rappel :
Le retour des maîtres queux
L'intelligence artificielle et la formulation
Les rôles changent !!!!! (Les fabricants et le futur des labos)

Je ne pensais pas que les choses pourraient aller si vite, mais tout se passe comme si le processus s’accélèrait fortement. Ce n’est pas dans notre environnement que les choses bougent le plus, mais tout à côté, dans celui de la cuisine. Or, qui n’a pas entendu dire un jour que la formulation n’est ni plus ni moins que de la cuisine ?!!!!

C’est donc dans ce domaine que les choses avancent, et vite ! En effet, nous avons vu apparaître récemment dans la presse spécialisée toute une série d'informations sous le vocable de Foodtec’h, qui renvoie à l'idée que petit à petit, au même titre que dans d'autres domaines d'activité, les robots risquent d'envahir notre environnement. Sans parler de la multitude d’articles produits maintenant avec l’apport de l’IA.

Le plus avancé est peut-être Automated kitchen . Mis au point par une entreprise britannique, ce robot fait tout : il épluche, cuisine et met au four. Il peut même reproduire des plats de chefs étoilés. Il dispose de deux bras articulés blancs, qui reproduisent parfaitement les gestes d’un cuisinier. Il a deux mains, munies de doigts très agiles. Il fonctionne avec 20 moteurs, 24 articulations et 129 capteurs. Il peut donc prendre les ustensiles, couper, éplucher, brasser et faire cuire. Il n’en faut pas moins pour pouvoir reproduire les mouvements exacts d’un chef professionnel. Il a fait une recette de soupe de crabe que lui a montré l’un des vainqueurs de la version américaine de Masterchef. Ce chef a mis des gants spéciaux équipés de capteurs pour cuisiner son plat. Le robot a tout enregistré et reproduit ! La soupe était visiblement réussie.
Curiosité de laboratoire, diront certains. La société britannique qui l’a mis au point pense le commercialiser en 2018 !

Dans la même veine, d’autres éléments de réflexion. Dans un article récent, voila ce que l’on nous dit : IFA 2017: l’intelligence artificielle fait sa cuisine au salon de l’électronique . Dans cette mise au point, on nous décrit toute une série de choses qui vont se passer autour de nous et, entre autres, dans la cuisine.

Peut-être moins directement en lien avec les robots, encore que, on nous présente la Foodentropie. Qu’est-ce que la Foodentropie ? Un laboratoire de l’alimentation durable installé dans le Château de Nanterre, une ancienne usine de cosmétique de surcroit.
Cette ancienne fabrique de dentifrice, classée monument historique, sera entièrement consacrée à l’alimentation durable : au sous-sol, des cuisines partagées pour les professionnels ; à l’étage, un espace de coworking destiné aux start-up du secteur ; à l’extérieur, un potager en permaculture. L’idée est bien sûr de créer des synergies entre ces acteurs.

J'ai essayé de promouvoir deux projets sur ce thème ces cinq dernières années dans le monde de la cosmétique, également dans de superbes anciens établissements cosmétiques, sans jamais réussir à obtenir une once d’attention ! Pas facile d’avoir raison trop tôt !

Enfin, une série d’articles intéressants dans Les clés de demain sur le même thème. Le premier est de Patrick Raimbourg et s'intitule : "Le domaine culinaire doit s'adapter à nos vies et outils numériques". Il analyse l'engouement autour de la Foodtech, une évolution logique qui, selon lui, trouve ses origines il y a plusieurs années. Le second est de Pascal Lavrat, président du club de cuisine d'IBM France sur le thème : "Les outils du numérique ont démocratisé la cuisine". Pour rappel, IBM est le concepteur de Watson. Enfin, Clément Chevrette, responsable de Smart foot Paris, premier incubateur français dédié aux start-up de la Foodtec’h, décrypte ce nouvel écosystème entrepreneurial qui veut mettre l'innovation service de nos assiettes  : un mouvement en adéquation avec les nouveaux usages des consommateurs.

Pour terminer, et c'est une expérience personnelle, j'ai feuilleté très récemment la maquette d'un périodique qui s'intitulera "Robots" et qui consiste à proposer sous forme de magazine des recettes faciles et rapides pour les robots culinaires genre Thermomix. Les supports électroniques existent déjà, mais là, ce serait plus démocratique. Ce ne sont donc plus uniquement les Millenials technophiles qui sont concernées.

Je sais, ce sont des domaines d'application qui ne sont pas les nôtres, cela relève plus de l'art que de la science qui doit être notre référent, etc. Mais la proximité entre ces différents métiers et la recherche de plus en plus systématique de démarches de gestuelles en provenance de la créativité culinaire dans les laboratoires cosmétiques me laissent à penser que cette approche pourrait bien être pertinente.

Dans un passé maintenant un peu avancé, la moulinette Moulinex avait déjà proposé aux formulateurs une avancée intéressante pour les réalisations de certains produits. Le Thermomix va-t-il devenir l'outil magique de la formulation ? Les formulatrices comprendront ce que je veux dire car bon nombre l’utilisent déjà ! Ou devons-nous avoir peur d’Automated formulation guy ? Si ça arrive, on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.

Une voie alternative pourrait être celle des "maîtres queue de la formulation" : Des avancées comme les outils proposés par I2KN , par exemple, vont tout à fait dans ce sens. Mais il faudra trouver les candidats susceptibles de le faire, puis les former. Or, que ne lit-on pas sur la formation ?! Mais ils existent, ne les cantonnez pas au fond des labos avec priorité absolue aux marketeurs ou aux scientifiques.

Bonne cuisine et vive la formulation.

Jean Claude Le Joliff

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