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7 avril 2014Ils font les cosmétiques

Christelle Rischner : maquilleuse professionnelle Ajouter à mon portfolio
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Christelle Rischner

Elle travaille à la télévision, mais vous ne la voyez jamais. Elle voyage avec les Miss France, mais ne monte jamais sur scène… Christelle Rischner est maquilleuse professionnelle, un métier qu’elle a choisi par passion et dont elle nous dévoile les coulisses. Témoignage. 

Temps de lecture : ~ 9 minutes

La formation

Christelle a 29 ans. Attirée par la beauté et le maquillage depuis son plus jeune âge, elle grandit en Lorraine où sa mère et ses amies vont être ses premiers cobayes. Elle sait qu’elle en fera son métier depuis la classe de troisième mais, encore trop jeune pour intégrer les écoles spécialisées, se rabat sur un BEP Vente, avant de poursuivre avec un CAP Esthétique : " Je pensais qu’il le fallait pour intégrer une école de maquillage et en fait pas du tout !" . En effet, il n’est pas nécessaire d’avoir une formation particulière pour intégrer une école de maquillage mais le diplôme n’étant pas reconnu par l’État, il est préférable d’avoir un plan B.
En 2005, elle s’installe à Paris et intègre l’Académie Make Up For Ever de Paris pour une formation de neuf mois : " Il y a des formations de trois, six ou neuf mois. J’ai choisi celle de neuf mois, la plus complète". Aujourd’hui, l’Académie propose des formations intensives – qui peuvent varier entre une semaine et deux mois – et d’autres plus longues, au choix entre six, sept ou dix mois.
Un programme qui n’est pas donné puisqu’à son entrée dans l’école, Christelle a dû débourser 7000 €. Aujourd’hui, il faut compter plus de 8000 € pour une formation de dix mois.

Pendant ces neuf mois d’école, Christelle n’a pas le temps de souffler car il y a beaucoup de savoir-faire à intégrer sur une courte durée : " J’ai appris la beauté, la mode, le cinéma, le théâtre et le body-painting. C’est très concentré". Eh oui, le maquillage est plus compliqué qu’il n’y paraît et rien n’est laissé à l’écart : " on dit comme ça que le maquillage c’est simple, mais rien que sur le teint, on passe déjà un mois".
Elle sort de l’école en 2006 et réussit depuis dans le maquillage " avec des hauts et des bas !". En effet, c’est un milieu dur à intégrer, il faut envoyer des dizaines de CV, s’attendre à presque autant de refus et surtout, se faire connaître : " Vu que je viens de Lorraine, je ne connaissais personne sur Paris. Heureusement, on a la chance de faire beaucoup de stages à l’école donc je me suis fait des contacts comme ça".
Cela fait tout juste deux ans et demi que Christelle " travaille bien" et c’est en grande partie grâce aux contacts établis lors des stages comme Miss France et des contacts qui ont suivi ainsi qu’à sa persévérance.

Au cœur du métier

Le maquillage, un milieu où il est donc difficile de se faire un nom et qui se mérite. Christelle a souvent été dissuadée de suivre cette voie car les débouchés étaient presque inexistants : " En Lorraine, maquilleuse ça veut dire esthéticienne, or ce n’est pas la même chose". Cependant, grâce à sa volonté et au soutien de ses parents, elle a pu poursuivre son rêve de petite fille et a réussi petit à petit à évoluer.
Au cours de ses années de travail, Christelle a pu maquiller pour des milieux très variés comme la télévision ou l’institutionnel, ce qui lui a permis de rencontrer beaucoup de personnes différentes mais toujours aussi accueillantes : " les gens sont vraiment sympas, je ne travaille jamais avec les mêmes personnes car je vais un peu à droite, à gauche. Je fais plein de trucs différents". Elle a également commencé à maquiller pour des mariages depuis 3 ans.
Et un de ses meilleurs souvenirs serait les Miss France où elle a pu travailler avec Élodie Gossuin, Valérie Bègue ou encore Laury Thilleman : " Les miss étaient toutes super…Au fur et à mesure de leurs aventures, elles évoluent car elles veulent toutes gagner, mais c'est une super ambiance et je suis restée en contact avec beaucoup d'entre elles qui sont devenues des copines".
Une bonne ambiance, donc, où elle a pu acquérir de la rapidité dans son travail et apprendre à gérer la tension : " I l y a une certaine pression car le maquillage sera vu par beaucoup de monde mais depuis huit ans, j'ai pris de l'assurance et je ne stresse plus pour le résultat".
Elle a également pu partir en voyage d’une semaine avec les Miss à deux reprises, en Thaïlande et en République dominicaine : " C’était intensif mais je pense que c’est mon plus beau souvenir".
Elle se rappelle aussi un tournage en montagne, particulièrement difficile au niveau des conditions de travail : " Ce n’est pas un mauvais souvenir mais retoucher sur des skis, ce n’est pas le top".

À la télévision, Christelle a laissé sa marque sur de nombreuses émissions comme la Nouvelle Star , la Star Academy , l’Ice Show ou encore Sosie or not Sosie , au cours desquelles elle a pu maquiller Martin Solveig, Christophe Maé, Laurent Ournac ou encore Mireille Darc.
Et une journée à la télé ne ressemble pas à la suivante : quand elle arrive, Christelle reçoit une feuille de service sur laquelle est noté son programme de la journée. Et le rythme peut être très aléatoire : " Ça peut s’enchaîner comme vous pouvez avoir des pauses de deux heures".
Bien souvent, le style de maquillage lui est imposé par le directeur artistique ou par la production et elle doit gérer les préférences des personnes qu’elle maquille : " En général, les modèles font plutôt confiance à leur maquilleuse, mais il arrive de temps en temps de tomber sur certains plus exigeants, qui connaissent bien leur peau… mais c'est assez rare".
Cela est vrai aussi quand elle maquille une mariée : " Certaines personnes ont l'habitude de leur propre marque de maquillage, du coup je suis obligée de m’adapter à chacune des demandes, surtout si la cliente fait des allergies à certains produits".
Récemment, Christelle a travaillé pour BNP Paribas (shootings photos et tournages), ainsi que pour la marque Hublot, marque horlogère suisse de luxe, du groupe LVMH lors d’un tournage à Genève.

Et après ?

Actuellement auto-entrepreneuse, Christelle veut continuer à travailler pour la télévision et un de ses rêves serait de maquiller au cinéma. Mais le maquillage de télé et celui du cinéma ne se ressemblent pas : en effet, le maquillage de la télévision est beaucoup plus "poussé" que celui du cinéma, qui doit être quasi-invisible : " Cela doit à peine se voir et doit rester naturel, à part s'il y a de la transformation comme une pose de postiche ou un vieillissement".
Du coup, il va être dur d’y entrer sans expérience même si le savoir-faire est là : " Vu que je suis très axée sur la télé, la beauté et les photos, le cinéma est un milieu très bouché".
Et une fois intégré, il ne faut pas s’attendre à être chef maquilleuse d’un claquement de doigts mais au contraire, recommencer tout en bas de l’échelle.

Son conseil pour les aspirantes maquilleuses tient en un mot : s’accrocher. " Il faut vraiment suivre leur passion et faire ce qu’elles ont envie, même si c’est dur. Et puis c’est un métier super !"

Pour la contacter ou avoir un aperçu de son travail
• Voir le site Internet de Christelle Rischner

Intéressé(e) par une formation ?

Voici trois écoles recommandées par Christelle :
• L’Académie Make Up For Ever de Paris
 52 Ter Rue des Vinaigriers, 75010 Paris
 01 53 05 93 43
Voir le site Internet
• ITM Paris
 9 Rue des Arènes, 75005 Paris
 01 44 08 11 44
Voir le site Internet
• Élysées Marbeuf
 64 Bis Rue La Boétie, 75008 Paris
 01 53 23 87 00
Voir le site Internet

MW

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