CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
11 novembre 2018Ils font les cosmétiques

Dans la peau d’une chargée d’affaires réglementaires Ajouter à mon portfolio
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Juliette Fincias

Peu connu du grand public, le métier de chargé d’affaires réglementaires a une importance capitale, car il assure la sécurité et la conformité des cosmétiques avant leur mise sur le marché. Juliette Fincias, arrivée deuxième au concours spécial 10 ans de l’Observatoire des Cosmétiques, exerce cette profession pour le compte des laboratoires Visiomed. Elle a ouvert les portes de son bureau pour faire découvrir ses activités.

“L’idée de me lancer en cosmétique a germé au lycée. J’ai toujours aimé la chimie et le maquillage, autant dans la création que dans le plaisir d’utilisation. Je me suis rendu compte que le métier de formulatrice en cosmétique permettait de concilier les deux. Après l’obtention d’un bac scientifique S en 2011, je me suis dirigée dans cette voie”, commence Juliette Fincias.

Elle s’engage dans une licence en chimie/biologie/géologie en vue de se spécialiser dans le secteur de la beauté par la suite. Au bout de deux ans, elle décide de changer d’établissement. “Finalement, l’option qui devait me permettre de me former au secteur de la beauté a été annulée. Je suis partie à l’université de Guingamp, beaucoup plus orientée cosmétique. Son originalité réside dans le fait qu’elle fonctionne comme une petite entreprise. C’est donc extrêmement professionnalisant puisque nous créons nos propres produits”, raconte-t-elle.

Convaincue depuis longtemps qu’elle veut travailler en formulation, Juliette Fincias n’est pas au bout de ses surprises. Alors qu’elle n’a, a priori, aucun goût pour le réglementaire, elle commence à s’y intéresser. “C’est un de mes professeur qui a fait changer ma vision. François Bourrust a réussi à rendre cette discipline beaucoup plus vivante et m’a motivée dans cette voie. Ma dernière année d’alternance a d’ailleurs fini de me convaincre. Pour la première fois, je travaillais vraiment derrière une paillasse et j’ai réalisé que ce n’était pas fait pour moi”. Fraîchement diplômée en 2016, Juliette Fincias est fin prête à conquérir le marché de l’emploi. Elle commence sa carrière en Bretagne, comme chargée d’affaires réglementaires dans une entreprise spécialisée dans les dispositifs médicaux produits à base d’eau de mer. Certes, il ne s’agit pas de cosmétiques, mais cette expérience lui permet d’appréhender différentes réglementations et d’avoir une vision plus globale des choses.

Elle rejoint le groupe Oméga Pharma sur les marques Innoxa et T.Leclerc, rachetées en août 2018 par les laboratoires Visiomed. Elle travaille donc toujours sur l’encadrement réglementaire de ces entités.

Une journée type

“C’est un peu compliqué. On peut avoir tendance à penser que le chargé d’affaires réglementaires s’occupe de ses petits dossiers et c’est tout mais ce n’est pas le cas !”, affirme Juliette Fincias.

La première chose à laquelle elle s’attèle le matin, c’est une vérification consciencieuse de ses mails. En effet, son entreprise a une activité à l’international, des messages sont donc susceptibles d’arriver à n’importe quelle heure. “Les sujets peuvent être très variés : différents services qui posent des questions en rapport avec des développements en cours ou des réclamations des consommateurs. Parfois, juste le check des mails suffit à driver le reste de ma journée si je n’ai pas d’autres urgences”, ajoute-t-elle.

Comme la réglementation cosmétique est en constante évolution, Juliette Fincias est obligée de se tenir informée. Elle s’astreint, autant que faire se peut, à faire de la veille sur différents supports (comme l’Observatoire des Cosmétiques !).

“Tous les jours, je travaille sur les Dossiers Information Produit (DIP) des cosmétiques en cours de développement. Ils regroupent toutes les informations qui attestent de la sécurité du produit pour la santé humaine et qui respectent le Règlement Cosmétiques. Même quand le produit est sur le marché, il faut rester en alerte, car il peut y avoir des mises à jour à faire, en cas de cosmétovigilance par exemple. Je m’occupe des déclarations sur le portail du CPNP, de la validation des artworks et des supports de communication au niveau du développement des produits. Je suis également en charge du suivi des tests. J’identifie ceux qui doivent être effectués, je les fais réaliser et ensuite j’exploite les résultats afin de faire des claims support pour que ce soit plus simple pour les équipes marketing”, détaille-t-elle.

Chargé réglementaire, véritable chef d’orchestre

Contrairement à ce que l’on peut penser, un chargé d’affaires réglementaire ne travaille pas seul dans son coin, au contraire.

Juliette Fincias explique “être en contact permanent avec les différents services, que ce soit au niveau de la supply chain, du marketing ou de la R&D. Mes collègues et moi sommes là pour donner un cadre et le faire respecter. Attention, nous ne sommes pas non plus la police. Notre mission est aussi de répondre aux questions et aux sollicitations tout en gardant à l’esprit les intérêts de l’entreprise. La notion de stratégie business est d’ailleurs capitale. Par exemple, quand on m’envoie un brief marketing pour validation. Si au vu des allégations, je me rends compte que le produit correspond plus à un dispositif médical, je l’oriente en ce sens”.

Flexibilité et polyvalence semblent être les qualités essentielles d’un bon chargé d’affaires règlementaires. “La curiosité et l’envie d’apprendre sont toutes aussi importantes. Le Règlement Cosmétiques et les différentes Directives sont en constante évolution. Dans ce métier, on sort constamment de sa zone de confort”, conclut-elle.

JS

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