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3 juillet 2017Ils font les cosmétiques

Les algues en cosmétique Ajouter à mon portfolio
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Ennemies des baigneurs et autres afficinonados des balades en bord de mer, les algues ont mauvaise réputation. À tort puisqu’elles regorgent de vitamines et d’antioxydants, bons pour la peau. L’industrie cosmétique l’a bien compris et les intègrent souvent dans les formules. Setalg, fournisseur d’ingrédients marins, nous livre les particularités des algues qu’ils commercialisent.

Temps de lecture : ~ 7 minutes

Sandrine Hervé (Responsable Technique Cosmétique) et Anne-Charlotte de Geyer d'Orth (Responsable Technique Nutrition-Santé) ont répondu aux questions de l'Observatoire des Cosmétiques.

Quelles sont les caractéristiques propres aux algues récoltées par Setalg ?

Setalg est située au cœur du premier champ d'algues d'Europe où plus de 800 espèces se côtoient. On y trouve notamment en grande quantités, des Fucales (communément appelé Goémons), espèce caractéristique des côtes Atlantiques Nord-Ouest.
Ce site a été le premier classé "Espace naturel remarquable de Bretagne".
Deux phénomènes expliquent cette situation :

• Pleubian bénéficie d'un vaste estran où la mer se retire sur trois km à marée basse. L'estran est l'habitat de prédilection des algues de rive,
• sa localisation, située au croisement des eaux froides de la mer du Nord et du Gulf Stream, courant chaud remontant du Sud de l’Atlantique. Ces deux phénomènes instaurent un environnement propice au développement de la faune et de la flore maritime.
Anne-Charlotte De Geyer d’Orth ajoute que "tout le site de récolte est classé "Natura 2000" garantissant une parfaite qualité de l'environnement et des produits".

Ont-elles des allégations cosmétiques objectivées ?

Sandrine Hervé explique que "l’utilisation des algues en cosmétique est ancestrale et leur utilité n’est plus à démontrer. En effet, les caractéristiques des algues sont multiples : richesse en minéraux ainsi qu’en éléments organiques tels que protéines, sucres complexes, acides gras et vitamines.
Certains établissements de thalassothérapie en ont d’ailleurs fait leur expertise, en proposant des cures reminéralisantes et énergisantes uniquement à base de poudres d’algues.
Les algues peuvent également être utilisées pour leurs propriétés fonctionnelles ou visuelles. Les Laminaires et les Fucales sont riches en alginate et peuvent être utilisées dans les formules comme agents texturants (au même titre qu’une gomme Guar par exemple).
Les paillettes de Dulse (Palmaria palmata) de couleur pourpre, apportent un effet visuel intéressant pour tous types de formulation.
Certains ingrédients marins sont même polyvalents. Le Lichen (Chondrus crispus), riche en carraghénanes, renferme des propriétés texturantes, lorsqu’il est utilisé sous forme de poudre. Il possède également, grâce à son extraordinaire dureté, des propriétés exfoliantes douces, lorsqu’il est utilisé sous forme de paillettes".

Néanmoins, Setalg ne travaille pas sur des molécules ou des composés chimiques extraits des algues, mais sur l’algue entière. Sandrine Hervé précise que l’entreprise préfère "miser sur leur exceptionnelle composition et leur qualité en les incorporant dans les produits finis.
Nos allégations cosmétiques portent sur nos masques peel-off. Nous avons à ce jour réalisé plusieurs études cliniques démontrant leur efficacité hydratante ainsi que détoxifiante. Nous travaillons en ce moment sur une thématique anti-âge".

Quel est le cahier des charges lié aux méthodes de récoltes ?

Il existe trois sortes d’algues :
• les algues brunes telles que le Fucus vesiculosus, l’Ascophyllum nodosum ou encore l’Himanthalia elongata,
les algues vertes telle que l’Ulva lactuca,
les algues rouges telles que la Palmaria palmata ou le Chondrus crispus.

Chaque algue possède son propre cahier des charges en ce qui concerne la récolte.

Certaines, comme le Fucus vesiculosus, l’Ascophyllum nodosum ou l’Ulva lactuca peuvent être récoltées toute l’année. D’autres ne peuvent être récoltées qu’à certaines saisons pour garantir la préservation de la ressource. Enfin, certaines sont soumises à des quotas, comme l’Ascophyllum nodosum pour lequel la récolte maximale dans les Côtes d’Armor est de 3500 tonnes d’algues fraiches.

Les personnes habilitées à récolter les algues sont appelées goémoniers, ils sont travailleurs indépendants et possèdent une accréditation. "Il n’y a que sept goémoniers dans les Côtes d’Armor et tous travaillent pour Setalg. Ils suivent les bonnes pratiques de récolte ainsi qu’un cahier des charges établi par nos soins. Elles sont récoltées à la main et sont coupées en prenant soin de laisser une partie de l’algue sur le rocher pour permettre la repousse et la préservation de l’espèce. Le littoral est découpé en parcelles ce qui permet d’assurer une traçabilité des récoltes et de ne pas surexploiter la biomasse", dévoile Anne-Charlotte de Geyer d’Orth.

Quelles sont les conditions de fabrication ?

Setalg est spécialisé dans la récolte et la transformation des macro-algues sous forme de paillettes ou de poudre.
Les algues sont récoltées à marée basse par les goémoniers. "Nous les réceptionnons sous forme fraiche et procédons ensuite à leur transformation.
Elles sont d’abord triées afin de séparer le sable et les coquillages. Elles sont ensuite lavées dans un ou plusieurs bains à remous, puis essorées (à l’aide d’une essoreuse à salade géante).
Elles sont disposées sur des claies en vue du séchage. Nos séchoirs sont totalement automatisés, le flux d’air, la température, l’hygrométrie ainsi que la durée, sont parfaitement contrôlés pour conserver toutes les propriétés des algues. En moyenne, 24h à 72h sont nécessaires pour les sécher.
À cette étape, nous obtenons une algue sèche dont le poids représente 10 à 20 % du poids initial.
Enfin, une étape de broyage permet l’obtention de paillettes plus ou moins grosses ou de poudre.
Nous travaillons au maximum en flux tendu pour garantir la fraicheur de l’algue", détaille Anne-Charlotte de Geyer d’Orth.

Les algues sont-elles problématiques pour la formulation ?

Contrairement à certains ingrédients cosmétiques, il n’y a pas de contre-indication particulière à l’incorporation des algues en formulation. "Le formulateur devra toutefois prêter attention à l’odeur marine que les algues peuvent apporter à la formule", prévient Sandrine Hervé.

Appréciées pour leurs vertus amincissantes, hydratantes et redensifiantes, les algues se font la part belle dans les formules cosmétiques.

JS

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