mardi 26 mai 2009Ils font les cosmétiques

Papa et Maman Dermatherm et leurs enfants

Didier Lopez et Mylène Pillot : Papa et Maman Dermatherm

Ils se sont rencontrés en 2006 et se sont plus dès leur première rencontre : ils avaient tant de choses en commun ! En premier lieu, cette même vision de ce que leurs futurs enfants devaient être et devenir, de comment il fallait les concevoir pour pouvoir les présenter au monde avec fierté. Ils les voulaient bons, agréables et utiles, quasi irréprochables. Didier Lopez et Mylène Pillot sont ainsi devenus Papa et Maman Dermatherm, unis dans le même désir cosmétique, portés par les mêmes exigences, et également heureux aujourd’hui de leurs premiers bébés conçus ensemble : une gamme entière de produits d’hygiène et de soins bio et dermocosmétiques qui sort de l’ordinaire.

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Il a 45 ans, a travaillé 15 ans dans la médecine nucléaire et l’informatique, dirige aujourd’hui l’entreprise familiale CLTech qu'il a créée en 2001 avec son frère Christophe et qu’il a voulu diversifier en créant une branche cosmétique, "un secteur où on peut apporter quelque chose en termes de soin".
Elle a 32 ans, s’est spécialisée en aromathérapie et en botanique durant ses études de pharmacie, a choisi de devenir formulatrice : "Je cherchais mon produit idéal", dit-elle, "j’ai fini par le faire moi-même. Au début, on a pourtant cherché à me décourager : on me disait "les pharmaciens ne deviennent pas formulateurs, le secteur de la R&D (Recherche et Développement) est bouché"… J’ai persévéré".
Il savait tout des dosages hormonaux ou d’anticorps dans le domaine de la cancérologie, des techniques de thérapie par irradiation, ou d’automatisation pour assurer la protection des opérateurs…
Elle avait vu sa mère et sa tante souffrir de problèmes de peau, son enfance avait été baignée dans un environnement dermatologique, elle était sensibilisée à la toxicité des plantes et toute petite déjà (à 4 ans !), elle faisait ses premiers tests produits en se tartinant la figure du beurre tiré du frigo familial et en annonçant avec certitude : "Maman ! Pommade…".

Destins à croiser

Il voulait développer une gamme de produits cosmétiques ne contenant que des ingrédients actifs et bons pour la peau, en en retirant tout ce qui ne l’était pas, pour que le geste quotidien de l’utilisation d’un cosmétique ne comporte aucun risque et qu’il reste un plaisir à vie…
Elle avait vu, au cours de ses stages d’après études, l’envers de la beauté et les non-sens de la cosmétique, les rajouts de substances au dernier moment parce qu’une formule ne tient pas, les allégations marketing sur un actif présent à l’état de traces, les formules standardisées qui servent, toujours les mêmes, de base à plusieurs types de produits, de la crème solaire à celle de nuit : "Un parfum, un colorant différent et le tour est joué. Il est facile de faire illusion. La cosmétique a oublié les vraies valeurs : celles qui portent à proposer des soins de la peau qui ne fassent pas mal".

Il n’avait pas 10 ans d’investissements et d’habitudes derrière lui : il était neuf en cosmétique, partait d’un "terrain vierge" tout à fait propice à l’innovation.
Elle était (elle est toujours !) portée par une vraie colère contre les "grands" de la cosmétique : "Je trouve inadmissible qu’ils continuent à mettre dans leurs produits des composants nocifs pour l’environnement ou pour la santé alors qu’il existe des solutions alternatives. En cosmétique, on voit des choses aberrantes : les formulateurs sont sous pression, on leur demande du rendement, de faire toujours plus vite. Ils sont soumis aux exigences du marketing qui ne s’occupe jamais de la formule mais seulement du plus superficiel et qui leur demande la lune : des textures, des tenues, des "sans conservateurs", de belles mousses… sans jamais s’occuper de ce qu’il y a dans le produit. Du coup, ils sont poussés à faire du facile, pratique et pas cher, ils font du chiffre d’affaires, mais peu de vraies formules étudiées jusqu’au bout.
En m’intéressant à la composition des cosmétiques, j’ai commencé à me poser des questions : mais pourquoi met-il ça dans ce produit ? Ma formation de pharmacienne me donne un regard différent sur les formules : j'ai toujours une approche "toxicologique" des choses. Les formulateurs en général ne sont pas autant sensibilisés aux risques physiologiques qu'un pharmacien. J'ai la chance aujourd’hui de concevoir la formulation des produits, en y apportant ce regard
".

Une union basée sur des valeurs communes

Avec leurs parcours si différents, ils auraient pu ne jamais se rencontrer.
Il voulait, pour développer sa gamme, "une pharmacienne industrielle ayant une vraie envie cosmétique".
Elle cherchait, en réaction à tout ce qu’elle avait compris du monde de la beauté, "l’espace de liberté pour inventer son produit parfait".
En fait, ils étaient destinés à se rencontrer.

Très vite entre eux, la confiance s’est installée. Ils ont décidé de s’unir pour le meilleur… et en évitant le pire, de faire ensemble beaucoup d’enfants. On le précise, dans la "vraie" vie, ils ont chacun de "vrais" conjoints et de "vrais" enfants : la petite Annabelle, la fille de Mylène Pillot, née en décembre 2008, a ainsi bénéficié dès ses premiers jours de la bienveillance des ses "faux" frères mais vrais amis, ces produits cosmétiques que sa Maman avait conçus dans son "autre" vie. Mais c’est une autre histoire, et si Papa et Maman Dermatherm parlent volontiers des enfants qu’ils ont faits ensemble, ils restent pudiquement beaucoup plus discrets sur leur vie privée.

Il faut le dire aussi, ces enfants ont été conçus avec l’assistance, l’aide et le soutien de quelques tantes et oncles, marraines et parrains (enfin avec toute l’équipe qui travaille avec eux au sein de Dermatherm). Qu’on se rassure, dans cette conception où tout le monde a mis sa petite graine, la morale est restée sauve ! Elle a même été un des moteurs qui l’a dirigé…

Choix de vie

Pour ces enfants, donc, ils ont tracé une ligne de vie des plus exigeantes (d’autres appelleraient ça un cahier des charges), mais assez simple à énoncer : ils devaient être irréprochables. L’idée était d’aller jusqu’au bout de la démarche, de créer des produits responsables et éthiques, de qualité, qui soient absolument bons pour la peau et ne comportent aucun risque, en proposant des formules épurées de toute substance inutile ou nocive, pouvant être supportées par les peaux les plus sensibles et les plus réactives. Rien que ça…

Le bio s’impose évidemment. L’éviction de toute une série d’ingrédients parmi les plus controversés aussi. "Les chartes bio, la réglementation européenne", affirme Mylène Pillot, "ne sont pas suffisantes. C’est souvent le dernier rouage qui bouge quand il y a un problème. Quand on est responsable, on s’informe. Et on devance la réglementation". On peut dire aujourd’hui que Dermatherm l’a effectivement devancée, et largement…

Bannies également des formules : les huiles essentielles, les échanges avec des allergologues ayant vite créé une certitude à ce sujet ("Du bio sans HE, ça ne court pas les rues !", souligne Mylène Pillot, "mais beaucoup de consommateurs avaient besoin de cette solution").

Chaque matière première mise en œuvre dans les produits fait l’objet de la plus grande vigilance : "Pour tous, nous avons remonté à la source, et c’est parfois une tâche bien compliquée. Certaines matières premières sont des mélanges d’actifs provenant de plusieurs origines, arrivent aux formulateurs après un parcours complexe impliquant plusieurs distributeurs… En disséquant ainsi toutes les matières premières qu’on nous proposait, nous avons parfois eu des surprises… mais on voulait absolument éviter toute tromperie du consommateur". Seules les plus sûres, les plus actives et les plus inoffensives ont ainsi été admises dans les formules Dermatherm.

L’écueil des incontournables

Une fois les premiers choix tranchés, les plus "faciles", restaient deux problèmes à résoudre, deux éléments qu’on ne peut pas éliminer (ou difficilement) des cosmétiques : l’eau… et les conservateurs.

Pour l’eau, c’est celle de la source de Fumades-les-Bains qui a été préférée : de qualité thermale, la plus soufrée d’Europe, reconnue pour ses vertus thérapeutiques et indiquée pour traiter nombre de problèmes de peau, elle devient ainsi le premier actif bienfaisant de la marque.

La problématique des conservateurs s’avérait nettement plus complexe. "Dans un produit cosmétique responsable, garantissant un haut niveau de sécurité au consommateur, un système de conservation est indispensable", commence Didier Lopez. "Un système de conservation, oui", complète Mylène Pillot, "mais sans conservateurs !".
Il est vrai qu’ils font partie des composés cosmétiques les plus suspects, les uns pour être irritants, les autres allergisants, certains aussi toxiques pour l’organisme. Impensable pour les enfants Dermatherm. "Nous partions de rien", explique Didier Lopez. "En général, on cherche la solution au remplacement des conservateurs dans la formule-même. Nous avons changé d’angle d’approche, nous avons cherché ailleurs".

Les pistes éliminées

Les substances alternatives sont vite éliminées de la démarche.
• "L’alcool, asséchant et irritant, n’est pas bon pour la peau", détaille Mylène Pillot. Out l’alcool.
• "Les huiles essentielles ne sont pas non plus une solution", continue-t-elle, "on ne peut pas conserver de façon satisfaisante un produit avec seulement des huiles essentielles, c’est un mensonge. Il en faudrait plus de 4 %, une quantité bien trop importante pour être bien tolérée par la peau". Out (confirmé) les huiles essentielles.
• "Les glycols", enchaîne-t-elle, "dosés autour de 7 %, sont des boosters de conservation. Mais ils sont desséchants et irritants". Out les glycols.
• "Certains acides, benzoïque ou sorbique, par exemple, se révèlent défavorables au développement des bactéries. Mais ils ne servent à rien à la peau". Out les acides.
• "Certains extraits végétaux sont parfois proposés en remplacement des conservateurs, mais l’affaire de l’extrait de chèvrefeuille conservé au formaldéhyde nous a rendu plus que prudents à ce sujet". Out les extraits végétaux.
• "Les systèmes enzymatiques seraient efficaces même en pot, mais sont très nouveaux. On manque de recul pour évaluer leurs éventuels effets indésirables. Nous avons voulu rester fidèles à notre éthique de précaution et nous ne les avons pas retenus". Out les enzymes.
• "Le sucre ou le sel auraient pu être envisageables, mais ils auraient dû être incorporés en quantités bien trop importantes pour qu’on arrive à obtenir une texture correcte du produit". Out le sucre et le sel.

Décidément, il fallait chercher ailleurs. L’idée commence à germer dans la tête de Papa Dermatherm : pourquoi pas dans le traitement des produits ? "Nous avons étudié plusieurs méthodes", explique-t-il.
"L’électricité pulsée donnait une formule propre, mais pas une vraie conservation. Certaines ondes agissaient en faveur d’une décontamination, mais ce n’était pas suffisant…".

L’innovation en marche

Restait le packaging. Didier Lopez procède alors par analogies. À quoi lui fait penser un cosmétique ? Une crème, un lait… dans leur texture, leur couleur, leurs noms… l’image de la crème chantilly…
Eurêka ! Et si on essayait l’UHT ? L’Ultra Haute Température… Un procédé qui consiste à élever très rapidement (en quelques secondes) la température du produit jusqu’à 135°C, et à le refroidir ensuite tout aussi rapidement. Un procédé pour lequel on dispose de plus de 20 ans de recul en agroalimentaire, concernant tant son efficacité que sa sécurité. Et si c’était la solution en cosmétique ?

Mais la transposition directe d’une installation utilisée par exemple pour le lait n’est pas adaptée. Il faut faire évoluer le procédé pour le rendre applicable à toutes les formes galéniques des produits d’hygiène et de beauté.
18 mois de recherches et 1,5 million d’investissement plus tard, la solution est enfin là, le procédé applicable et breveté.
Pour les produits Dermatherm, il est complété d’un flacon-pompe airless étudié de façon à garantir la sécurité du produit une fois que celui-ci est ouvert par le consommateur. La formule est travaillée de façon à ce que les actifs de la formule ne perdent pas en efficacité durant le passage à ultra haute température. Les tests de contrôle sont positifs, l’aventure peut commencer, les premiers produits sont lancés.

Premiers pas dans la vie

Et les retours des premiers utilisateurs, qui deviennent vite des fidèles inconditionnels, sont plus qu’encourageants : "Je ne pouvais plus me laver sans que cela soit insupportable pour ma peau", raconte cette conquise des premiers temps. "Grâce à vos produits, j’ai retrouvé le plaisir de la douche !".

Le procédé intéresse aussi d’autres acteurs de la cosmétique. "En un an", sourit Didier Lopez, "nous avons eu droit à 4 contrôles de la DGCCRF et 1 de l’Afssaps. Ils voulaient d’abord s’assurer de la réalité de l’absence de conservateurs, puis ils ont vérifié la sécurité de nos produits en effectuant des tests bactériologiques. La concurrence aussi a fait preuve de son intérêt. Tous nos produits ont été achetés par nos plus gros concurrents, qui ont pratiqué des challenges tests… Sans vouloir trahir de secret, je pense que la technique ne restera pas l’apanage de Dermatherm. Certes, elle est brevetée, mais elle est ouverte. D’autres vont s’y mettre, et nous sommes prêts à négocier des transferts de technologies. Nous sommes persuadés que cela est bon pour nos consommateurs, et nous pensons que cela doit l’être pour tous.".

Bon pour tous, et à tous points de vue : voilà qui satisfait pleinement Mylène Pillot. "Il était temps que la cosmétique propose des produits absolument sûrs. Le mouvement vient des gens qui ont des problèmes de peau, mais il est valable pour tous. Faut-il continuer à utiliser les cosmétiques les yeux fermés et attendre d'avoir un problème de peau pour regarder ce que l'on applique dessus ? Avec Dermatherm, j’ai la liberté de proposer des produits vraiment très bons, avec uniquement le meilleur pour la peau, même si la crème est un peu moins blanche ou un peu moins lisse. Le plus important est le respect du consommateur".

"Après les phases de recherches et de tests de 2006 et 2007, le lancement commercial en 2008, 2009 sera l’année de vérité", conclut Didier Lopez. C’est effectivement cette année qu’on pourra évaluer comment les enfants de Papa et Maman Dermatherm vont se comporter dans la société cosmétique.
Mais, conçus avec tant de soins, nourris de tant de principes éthiques, élevés dans un tel souci de pureté et de sécurité, comment pourraient-ils mal tourner ? On souhaite en tout cas longue vie et bonheur à toute la famille.

© 2009- 2020  CosmeticOBS

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