lundi 4 mai 2015L'ingrédient du mois

Les fleurs de la beauté

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Comment redonner à sa peau le velouté d'un pétale de rose ? La blancheur du lys ? L'éclat du magnolia ou la douceur de la mauve ? Avec les fleurs, bien sûr ! Qui n'envahissent pas seulement les argumentaires marketing, mais également (et de façon bien plus efficace) les formules de nos cosmétiques.

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D'un point de vue cosmétique, les fleurs ont deux atouts majeurs.
D'abord, elles font joli sur les étiquettes, et, pour un service marketing, il est bien plus facile (et payant !) de raconter l'histoire d'une fleur que celle de la dernière molécule synthétique au nom très compliqué, tout efficace soit-elle…
Ensuite, elles renferment de jolis composants, au premier rang desquels toute une batterie d'antioxydants, qui leur confèrent de réelles propriétés pour la peau. La grande majorité des fleurs a ainsi des vertus anti-radicalaires, s'opposant à la formation des radicaux libres facteurs de vieillissement cutané prématuré. Beaucoup ont aussi un potentiel hydratant, certaines sont de plus adoucissantes, d'autres apaisantes, d'autres encore assainissantes ou tonifiantes.
Les toutes dernières recherches ont même su tirer de certaines d'entre elles des extraits aux apports d'une technicité que la synthèse envie.
Et de même qu'elles s'épanouissent généreusement au soleil, les fleurs se montrent tout aussi prodigues avec la cosmétique, qu'elles fournissent en ingrédients de toutes sortes et de toutes formes.

Des fleurs en huiles et en parfums

Des fleurs, classiquement, on tire d'abord des huiles essentielles, qui offrent, en plus de leur parfum naturel, leurs propriétés spécifiques.
Parmi les stars du genre, celles de rose de Damas ( Rosa damascena flower oil ) et d'hélichryse ( Helicrhysum italicum flower oil ). Toutes deux sont régénérantes, anti-radicalaires, promotrice de la synthèse de collagène, antirides et assouplissantes de la peau : en un mot, anti-âge. Ce qui suffit à expliquer leur préciosité, et leur succès.
Mais elles ne sont pas les seules à être intéressantes en cosmétique.
L'huile essentielle de camomille romaine ( Anthemis nobilis flower oil ), elle aussi anti-âge, est également hydratante et apaisante.
Celle de néroli, les fleurs d'oranger amer ( Citrus aurantium amara flower oil ), tonifiante, régénérante et apaisante, trouve tout son intérêt dans les soins après-soleil pour réconforter la peau après l'exposition.
Les peaux grasses préfèreront l'huile essentielle d'ylang-ylang ( Cananga odorata flower oil ), régulatrice de la sécrétion de sébum, régénérante et apaisante, celle de marjolaine ( Origanum majorana flower oil ), purifiante, ou celle de géranium ( Pelargonium graveolens flower oil ), également purifiante, en plus d'avoir une action antitaches.
Et ce ne sont là que quelques-unes parmi les plus utilisées.

Des fleurs en eaux

Que serait la cosmétique bio sans les eaux florales ? Même si on peut les utiliser pures en guise de tonique, elles constituent souvent le premier actif d'une formule quand elles y remplacent l'eau toute simple. Elles apportent alors avec elles quelques propriétés des plantes dont elles sont tirées (en plus de rehausser le pourcentage total d'ingrédients d'origine biologique dans le produit).
Décongestionnante et apaisante, rafraîchissante et adoucissante, l'eau florale de bleuet ( Centaurea cyanus flower water ) figure parmi les plus couramment utilisées en cosmétique, particulièrement dans les soins des contours des yeux.
Apaisantes, calmantes et adoucissantes, les eaux de fleurs d'oranger ( Citrus aurantium dulcis flower water ) et de camomille ( Chamomilla recutita flower water ) sont particulièrement bienvenues pour les peaux sèches et sensibles, comme peuvent l'être celles des bébés.
L'eau florale d'hamamélis ( Hamamelis virginiana flower water ), décongestionnante et astringente, resserre les pores des peaux mixtes à grasses, que celle de lavande ( Lavandula angustifolia flower water ) contribue à purifier.
Les eaux de fleurs de tilleul ( Tilia cordata flower water ) et de verveine ( Lippia citriodora flower water ) adoucissent et apaisent, tandis que, bien sûr, rose de Damas et hélichryse gardent tous leurs apports anti-âge en eau florale également.

Des fleurs en extraits

Enfin, pétales, pistils ou étamines peuvent aussi être réduits en extraits, dont la cosmétique tire des actifs des plus intéressants. Et on ne compte plus alors leurs bénéfices, même si certaines fleurs sont plus emblématiques que d'autres.
Ainsi, on ne peut pas concevoir un vrai monoï sans ses fleurs de tiaré ( Gardenia tahitensis flower extract ), le souci ( Calendula officinalis flower extract ) est réputé pour ses propriétés apaisantes et anti-irritantes, et la pâquerette ( Bellis perennis flower extract ), qui raffermit les tissus cutanés, est une incontournable des soins pour le buste.
Nombreuses sont les fleurs qui peuvent ainsi intervenir avec intérêt dans les soins cosmétiques. Et si beaucoup sont connues traditionnellement depuis la nuit des temps, la recherche leur découvre encore de nouvelles propriétés. Quelques exemples parmi tant d’autres : Coslys a été la première à déposer un brevet sur le totum de rose et de lys, tandis que le laboratoire Melvita a breveté un complexe de cinq fleurs blanches (lys étoilé, narcisse, bellis, lupin blanc, gaulthérie) à l'action éclaircissante du teint et antitaches. Nuxe compose les produits de sa gamme Merveillance avec le "lys d'un jour" aux vertus anti-glycation et dé-glycation, tandis que Chanel mise sur la rose Centifolia, une fleur rare et fragile, très prisée en parfumerie.

Et la tendance fleurie ne devrait pas s'arrêter là. La cosmétique a encore de belles fleurs devant elle…

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