CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
5 mars 2014Ingrédients

L'acide borique Ajouter à mon portfolio
fonctionnalité réservé aux abonnés pro
voir nos formules d'abonnement

Par Ben Mills (Travail personnel) [Public domain], via Wikimedia Commons

L'acide borique (acide boracique ou acide orthoborique) est un acide faible souvent employé comme antiseptique, insecticide, absorbeur de neutron dans les centrales nucléaires pour contrôler le taux de fission de l'uranium, et comme précurseur d'autres composés chimiques. Il tire son nom de l'un de ses composants, le bore. Sa formule brute est la suivante : H3BO3 ou B(OH)3. Quand il se présente sous forme de minerai, on le désigne sous le nom de sassolite. Il existe sous forme de cristaux incolores ou de poudre blanche se dissolvant dans l'eau.

Temps de lecture : ~ 8 minutes

L'acide borique est produit principalement à partir de minerai de borate par sa réaction avec l’acide sulfurique. La plus grande source de borates dans le monde est une mine à ciel ouvert située à Boron en Californie, USA. L'acide borique a été produit pour la première fois par Wilhelm Homberg (1652-1715) à partir du borax, sous l'action d’acides minéraux, et a reçu le nom de "sal sedativum Hombergi". L'acide libre est présent sous forme native dans certaines zones volcaniques telles que la Toscane, les îles Lipari et au Nevada, ses effluents sont mélangés à la vapeur issue des fissures de la croûte terrestre. L'acide borique est aussi un constituant de nombreux minerais (borax, boracite, boronatrocalcite et colemanite).

Utilisations :
• Utilisations médicales et biologiques. Il peut être utilisé comme antiseptique pour les brûlures ou les coupures et est parfois employé dans les pommades et les onguents, ou est utilisé dans une solution très diluée comme bain oculaire (eau boriquée). Comme composé antibactérien, l'acide borique a été prescrit comme traitement de l’acné.
• L'acide borique peut être utilisé pour traiter les levures et les mycoses comme les candidoses (mycoses vaginales) en remplissant de poudre d'acide borique des ovules qui seront insérés dans la cavité vaginale au coucher pendant trois à quatre nuits consécutives. Il a été également employé en prévention du pied d'athlète, en insérant la poudre dans les chaussettes ou les bas, et en solution, il peut être prescrit pour traiter certaines formes d’otites externes (infection de l'oreille) chez l’homme ou l’animal. Le conservateur dans les flacons d'urine (bouchon rouge) au Royaume-Uni est de l’acide borique. Le borate de sodium, un antiseptique doux, associé à d’autres composants appropriés, peut également être proposé en usage externe pour des maladies des yeux, telle que la sécheresse oculaire.
• Le borate de lithium est le sel de lithium de l'acide borique employé en laboratoire comme tampon pour le gel couramment employé dans les tampons d'électrophorèse des acides nucléiques (appelés Tampon TAE et Tampon TBE). Il peut être utilisé pour l’électrophorèse de l'ADN et de l'ARN, en gel de polyacrylamide et en gel d'agarose.
Il est également souvent utilisé comme insecticide relativement peu toxique, pour l’extermination des cancrelats, termites, fourmis, puces et beaucoup d'autres insectes. Il peut être employé directement sous la forme de poudre pour les puces et les cancrelats, ou être mélangé avec du sucre ou de la gelée pour les fourmis. C'est également un composant de beaucoup d’insecticides du commerce. Dans cette utilisation, particulièrement dans le cas des cancrelats, l'acide borique sous forme de poudre est appliqué dans les zones fréquentées par les insectes. Les fines particules s'accrochent aux pattes des insectes et causent par la suite des brûlures chimiques mortelles. L'acide borique est commercialisé pour cet usage dans des quartiers résidentiels dans des zones urbaines infestées par les cancrelats.
• Utilisation dans l'industrie nucléaire. Le bore a une capacité élevée d'absorption des neutrons, mais avec l'inconvénient, au-delà d'un certain seuil, d'augmenter le risque de radiolyse de l'eau.
• Autres emplois. Les borates et l'acide borique ont été employés depuis la période de la Grèce antique pour le nettoyage, la conservation des aliments et d'autres activités. Dans l'industrie du bijou et de la soudure traditionnelle (plomberie), l'acide borique a été ou est encore employé en combinaison avec l'alcool dénaturé pour réduire l’oxydation de surface et l’importance de l’oxydation sur les métaux pendant les opérations de métallurgie et de soudure. Le mastic au silicone a été fabriqué à l'origine en ajoutant de l'acide borique à de l’huile de silicone. L'acide borique est couramment utilisé par les pyrotechniciens amateurs - en solution dans l’alcool - pour donner à la flamme une couleur vert clair. Il est également employé en Inde et à travers le monde pour abattre la poussière sur les terrains de sport, pour diminuer le frottement et pour augmenter la vitesse du jeu.

Sur cette base notamment, le 16 février 2007, l'acide borique et ses sels ont été classés "Reprotoxique de catégorie 2" à l'annexe de la 30e A.T.P. de la directive 67/54822,23. De ce fait, son utilisation a fortement diminué.

Dans les produits cosmétiques ou plus généralement de beauté

L’acide borique a été utilisé comme agent d’ajustement du pH, sous forme de solutions tampons, par exemple les solutions de Gifford.

Exemples de formule

Solution acide
• Acide borique : 12,4
• Chlorure de Potassium : 7,4
• Eau déminéralisée : Qsp 1000

Solution basique
• Carbonate de Sodium : 21,2
• Eau déminéralisée : Qsp 1000

Utilisations des solutions de Gifford

Solution acide Solution basique pH obtenu
 30cc  0cc  5
 30cc  0,05cc  6
 30cc  0,1cc  6,2
 30cc  0,6cc  7
 30cc  1cc  7,2
 30cc  1,5cc  7,6
 30cc  2cc  7,8
 30cc  2,4cc  8,4

Les solutions proposées par Palitzch et Sorenson reposent sur le même principe.

Mais les utilisations les plus fréquentes étaient surtout en relation avec ses propriétés bactériostatiques. On retrouve son utilisation comme conservateur antimicrobien dans de nombreuses préparations depuis il y a maintenant de nombreuses années. Toutefois, son faible pouvoir bactéricide a limité son utilisation comme conservateur au profit d'autres substances comme les parabens. Par contre, ses propriétés bactériostatiques ont fait que son utilisation a été plutôt fréquente. On le trouve dans des produits pour enfant comme les lotions contre l’érythème fessier. Son utilisation est citée dans des produits déodorants, dentifrices ou encore des produits décolorants pour les ongles. Mais l’utilisation la plus courante est dans des démaquillants du contour de l’œil ou des lotions visages. Pour ce qui concerne les lotions contour de l'œil, on trouve son utilisation comme régulateur de la pression osmotique des produits.

L’une des utilisations la plus connue est dans l’Eau Précieuse Dépensier©.

• Voir les autres parties de ce dossier

Contribution réalisée par Jean Claude Le Joliff
Biologiste de formation, Jean Claude Le Joliff a été un homme de R&D pendant de nombreuses années. Successivement en charge de la R&D, puis de la Recherche et de l’Innovation dans un grand groupe français de cosmétiques et du luxe, et après une expérience de création d’un centre de recherche (CERIES), il s’est tourné vers la gestion de l’innovation.
Il a été par ailleurs Professeur associé à l’Université de Versailles Saint Quentin (UVSQ) et reste chargé de cours dans le cadre de plusieurs enseignements spécialisés : ISIPCA, IPIL, ITECH, UBS, UCO, SFC etc.
Il est le fondateur de inn2c, société de conseil en R&D et Innovation. Consultant auprès de plusieurs sociétés internationales, il a participé activement à des projets comme Filorga, Aïny, Fareva, et bien d’autres.
Il a créé la Cosmétothèque®, premier conservatoire des métiers et des savoirs faire de cette industrie.

© Cosmétothèque® – Tous droits réservés

Tous les articles (39)