CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
7 novembre 2008L'actualité des cosmétiques

Enquête sur les cosmétiques "sans conservateur" Ajouter à mon portfolio
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Une enquête conjointe de la DGCCRF et de l'Afssapas sur les cosmétiques

La recrudescence sur les étiquettes de la mention "Sans conservateur" a attiré l'attention des autorités de contrôle. La DGCCRF et l'Afssaps ont donc mené une enquête sur ce type de cosmétiques au cours des 2e et 3e trimestres de l'année 2008. Résultats : 50 % de produits non conformes. Édifiant… et parfois inquiétant.

Temps de lecture : ~ 4 minutes

 7 novembre 2008
La mention "Sans conservateur" peut être comprise de plusieurs façons différentes (voir l'article à ce sujet dans la rubrique " Apprendre à lire les étiquettes" ). Elle est à la mode et attire les consommateurs qui y voient le gage d'un produit naturel et ne comportant pas les éventuels inconvénients liés à l'utilisation de composés d'origine synthétique.
Mais elle peut aussi recouvrir des réalités moins engageantes : la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et l' Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) ont ainsi cherché à vérifier si elle n'était ni trompeuse, ni mensongère, ni dangereuse…

Le cadre de l'enquête

 44 produits estampillés "Sans conservateur" ont fait l'objet de ces contrôles. Parmi eux, les plus couramment utilisés : savons liquides, gels-douche, masques, crèmes pour le visage ou pour le corps, shampooings, dentifrices…
L'enquête portait sur deux points essentiels :
• le caractère mensonger ou non de l'allégation,
• la sécurité sanitaire de la formule.

Chaque produit a donc été analysé en laboratoire pour vérifier qu'il ne contenait effectivement pas de conservateur . Toutes les formules ont également subi des tests pour vérifier que leur système de protection était suffisant pour éviter d'éventuelles contaminations bactériennes et/ou microbiologiques.
Les étiquetages ont aussi fait l'objet des vérifications "habituelles" concernant notamment leur conformité avec la réglementation en vigueur.

Les résultats de l'enquête

Sur 44 produits analysés, 21 se sont révélés conformes et sans problèmes, 10 ont été déclarés non conformes, 12 ont été considérés comme non satisfaisants, 1 a été estimé dangereux.

Dans 3 des produits analysés, les contrôles ont permis de détecter la présence de conservateurs, acide benzoïque et méthylparaben notamment. Dans ce cas, la mention a été considérée comme clairement mensongère.

Dans 10 produits, des conservateurs ont été détectés, mais dans des quantités très faibles . Selon Catherine Rioux, qui commentait ces résultats au Congrès Parfums & Cosmétiques le 6 novembre dernier à Chartres, il s'agit vraisemblablement dans ce cas de substances qui n'ont pas été ajoutées par le fabricant lui-même dans la formule, mais qui ont servi à conserver les ingrédients mis en œuvre. Il n'en reste pas moins qu'on retrouve leur présence dans le produit fini, et que la mention "Sans conservateur" ne peut pas être considérée comme exacte.

Le système de conservation de 12 produits n'a pas été jugé satisfaisant , permettant notamment la prolifération de micro-organismes en nombre trop important.

 1 produit, dans lequel les analyses ont détecté la présence d'une bactérie pathogène, a été jugé dangereux pour la santé humaine et retiré du marché.

D'autres anomalies ont été relevées sur les étiquettes, notamment l'absence de numéro de lot (indispensable à la traçabilité, et particulièrement utile en cas de lot contaminé…) ou de date de péremption (particulièrement indispensable dans le cas de cosmétiques sans conservateur et par ailleurs obligatoire sur tous les produits cosmétiques ). Les analyses ont également détecté dans certains produits la présence de molécules aromatiques allergènes qui n'étaient pas mentionnées sur l'étiquette, alors que la réglementation le prévoit.

Au total, cette enquête a aboutit à 17 rappels à la réglementation, 5 procès-verbaux, 6 mesures de police administrative (pour la modification des étiquetages), et 1 retrait de commercialisation.

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