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27 mars 2019L'actualité des ingrédients

DPS Phénoxyéthanol : une prise d'otage de l'industrie par l'ANSM ? pro Ajouter à mon portfolio
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L'industrie cosmétique conteste la DPS Phenoxyethanol de l'ANSM

Le 20 mars 2019, l’ANSM a publié une Décision de Police Sanitaire (DPS) pour imposer aux fabricants de produits cosmétiques non-rincés contenant du Phenoxyethanol de faire figurer sur l’étiquetage qu’ils ne peuvent pas être utilisés sur le siège des enfants de moins de trois ans. Cette décision, assortie d’un délai de neuf mois, a suscité l’inquiétude, voire l’indignation de l’industrie cosmétique, qui la juge scientifiquement discutable, non conforme au Règlement Cosmétiques, incohérente et inutile en plus d’être impossible à mettre en application… L’affaire va être portée devant la Commission européenne et le Conseil d’État français. Explications.

Temps de lecture : ~ 10 minutes

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Les doutes de l’ANSM sur la sécurité du phénoxyéthanol ne datent pas d’hier.
Déjà en 2012, après une Évaluation du risque lié à l’utilisation du phénoxyéthanol dans les produits cosmétiques, l’Agence recommandait que ce conservateur ne soit pas utilisé dans les produits cosmétiques destinés au siège des bébés, et que sa teneur maximale soit fixée à 0,4 % pour les autres produits destinés aux enfants de moins de trois ans.

Des bases scientifiques discutées par l’industrie

Transmise à la Commission européenne, cette évaluation a été soumise au CSSC, qui a maintenu, lui, que le phénoxyéthanol était sûr à sa concentration maximale actuelle de 1 %, pour toutes les classes d’âge.
“L’évaluation de l’ANSM reposait sur une étude de toxicologie chez le rat par voie orale”, explique aujourd’hui Anne Dux, Directrice des affaires scientifiques et réglementaires de la FEBEA. “Le CSSC a estimé que cette étude n’était pas pertinente pour évaluer la sécurité du phénoxyéthanol en utilisation cosmétique”.

Les experts scientifiques européens ont donc pris en référence des études effectuées sur le lapin, l’espèce la plus sensible à l’éventuel effet délétère du phénoxyéthanol (l’hémolyse), et ont pris en considération la voie cutanée (qui représente l’exposition réelle via un produit cosmétique).
Ils ont aussi estimé, en se ...