CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
10 avril 2010Apprendre à lire les étiquettes

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Il y a quelques mentions, prévues par la réglementation, que le fabricant doit obligatoirement faire figurer sur les packagings de ses cosmétiques. Des informations que le législateur a estimées indispensables de mettre à la disposition des consommateurs. On les considère souvent d’un œil plus que discret et pourtant… si elles sont là, c’est qu’elles peuvent servir ! On vous dit quand et comment…

Temps de lecture : ~ 12 minutes

C’est l’article du 19 du prochain Règlement cosmétique , mais ces dispositions étaient déjà prévues dans la Directive qui régit encore actuellement les produits cosmétiques.

En préambule, il est précisé que "les produits cosmétiques ne sont mis à disposition sur le marché que si leur récipient et emballage portent en caractères indélébiles, facilement lisibles et visibles, les mentions suivantes"… que nous allons détailler :

Le nom ou la raison sociale et l’adresse de la personne responsable

Il s'agit de la personne physique ou morale, établie dans la Communauté européenne, et qui garantit, pour chaque produit cosmétique mis sur le marché, la conformité aux obligations réglementaires et en est considérée comme responsable aux yeux des autorités sanitaires et de contrôle.
Ces mentions peuvent être abrégées dans la mesure où l’abréviation permet d’identifier cette personne et son adresse.

À quoi ça sert ?
• Pour les autorités de contrôle, c’est un moyen d’identifier rapidement l’entité vers laquelle se tourner en cas de manquement à la réglementation, de défaut sur le produit, d’alertes de Cosmétovigilance le concernant.
• Pour le consommateur, c’est l’assurance d’avoir un contact fiable au moment où il a besoin d’informations complémentaires à celles apportées par l’emballage.

Et à ce propos, citons l’article 21 du même Règlement : "Sans préjudice de la protection, notamment, du secret commercial et des droits de propriété intellectuelle, la personne responsable veille à ce que la formule qualitative et quantitative du produit cosmétique et, dans le cas de compositions parfumantes et aromatiques, le nom et le numéro de code de la composition et l’identité du fournisseur, ainsi que les données existantes en matière d’effets indésirables et d’effets indésirables graves provoqués par le produit cosmétique suite à son utilisation, soient rendus facilement accessibles au public par des moyens appropriés."
En clair, cela veut dire que si vous craignez la présence d’une substance particulière dans le produit (et notamment si vous êtes allergique), vous êtes tout à fait en droit de demander toute information qui pourrait vous être utile pour l’éviter. Par exemple, en écrivant au nom et à l’adresse de la personne responsable… et sachez-le, il est tenu de vous répondre.

Le contenu nominal au moment du conditionnement, indiqué en poids ou en volume

Deux exceptions à cette règle, qu’on a déjà évoquées ici . Elle ne concerne pas en effet les emballages contenant moins de cinq grammes ou moins de cinq millilitres, les échantillons gratuits et les unidoses.
Et en ce qui concerne les préemballages, qui sont habituellement commercialisés par ensemble de pièces et pour lesquels l’indication du poids ou du volume n’est pas significative, le contenu peut ne pas être indiqué pour autant que le nombre de pièces soit mentionné sur l’emballage.

À quoi ça sert ?
À savoir exactement combien on achète de produit et à estimer son juste prix. On n’y revient pas, mais la taille d’un carton d’emballage peut être trompeur (très grand alors qu’il ne contient qu’un tube de 15 ml), un flacon peut légèrement "rapetisser" d'une saison à l'autre alors que le prix du produit reste le même, etc.
La mention du contenu exact permet de rapporter le prix des produits à une unité commune (100 ml par exemple) pour mieux les comparer.

La date de durabilité minimale

C’est la date jusqu’à laquelle le produit cosmétique, conservé dans des conditions appropriées, continue à remplir sa fonction initiale et reste conforme à toutes les normes concernant sa sécurité d’emploi.
Elle est précédée sur l’étiquette du symbole en forme de sablier ou de la mention : "à utiliser de préférence avant fin… ".

À quoi ça sert ?
À ne pas risquer d’utiliser un cosmétique alors qu’il n’est plus efficace ou qu’il est susceptible de présenter quelques risques pour le consommateur. Il y en a de très peu graves, comme une couleur ou un parfum un peu passés, une émulsion un peu moins stable… et de plus critiques, comme dans le cas d’un système conservateur moins performant…

Le consommateur a donc en la matière une obligation : celle de consulter cette date et de la respecter… ne serait-ce qu’au cas où un effet indésirable serait dû à l’utilisation du produit. Si la date de durabilité minimale est dépassée, le fabricant ne saurait plus en être tenu pour responsable.

Tous les détails et nuances à bien comprendre pour utiliser cette indication sont à lire ici . Avec notamment son corollaire, précisé par le texte réglementaire et qui stipule : "L’indication de la date de durabilité minimale n’est pas obligatoire pour les produits cosmétiques dont la durabilité minimale excède trente mois. Ces produits portent l’indication de la durée pendant laquelle le produit est sûr après son ouverture et peut être utilisé sans dommages pour le consommateur. Cette information est indiquée, sauf si le concept de durabilité après ouverture n’est pas pertinent, par le symbole du pot ouvert".

Les précautions particulières d’emploi

Dans ce cadre, doivent figurer au minimum les mentions prévues par la réglementation.
Cela concerne d’abord les substances soumises à restrictions, comme l’acide borique et ses sels, dont la présence dans un produit doit obligatoirement être accompagnée de messages de précautions à observer, telles que : "Ne pas utiliser chez les enfants âgés de moins de 3 ans" ou "Ne pas utiliser sur des peaux excoriées ou lésées", pour n’en citer que quelques-unes. Et ce n’est qu’un exemple : plus de 250 substances doivent ainsi être assorties de précautions d’emploi particulières.
Des mentions spécifiques sont également prévues pour certains conservateurs ou filtres solaires.
Et la réglementation ajoute que le fabricant est tenu d’y ajouter les éventuelles indications concernant des précautions particulières à observer pour les produits cosmétiques à usage professionnel.

À quoi ça sert ?
Le dernier bilan de Cosmétovigilance publié par l’Afssaps le soulignait : un pourcentage non négligeable d’effets indésirables liés à l’utilisation des cométiques est dû au mésusage… ou au non respect des précautions d’emploi spécifiées par le fabricant. Là encore, celui-ci ne pourrait être tenu pour responsable si un consommateur en souffre alors qu’il n’a pas utilisé le produit comme il est recommandé. Mode d’emploi et précautions d’usage sont donc à suivre à la lettre.

Il est vrai que ces dernières ne sont pas toujours bien mises en évidence sur les étiquettes. Mais qu’elles soient écrites en tout petits caractères ou uniquement présentes sur une notice jointe au produit (le symbole du livre ouvert qui figure, lui, sur l’emballage externe, vous y renvoie alors expressément), elles sont à lire… et à suivre.

Le numéro de lot de fabrication ou la référence permettant l’identification du produit cosmétique

En cas d’impossibilité pratique due aux dimensions réduites des produits cosmétiques (c’est notamment le cas pour le maquillage…), une telle mention peut ne figurer que sur l’emballage. Il n’en reste pas moins qu’elle doit figurer quelque part.

À quoi ça sert ?
Cette indication, qui assure une traçabilité performante du produit, est très utile notamment en cas d’effet indésirable lié à son utilisation.
Il permet alors de traquer efficacement le responsable (qui peut être un ingrédient, une impureté dans un lot de matière première, une erreur lors du process de fabrication…), puisqu’à chaque numéro de lot est associé un dossier complet sur le produit , qui réunit les pièces justificatives de tous les éléments qui ont participé de son élaboration et de sa fabrication.
Il permet aussi, en cas de défaut avéré sur un lot, de retirer rapidement tous les produits concernés du marché, pour éviter d’autres effets indésirables chez d’autres consommateurs…

La fonction du produit cosmétique, sauf si cela ressort clairement de sa présentation

Rien à dire : "Crème de jour hydratante" est tout de même plus clair que "Éveil matinal" ou "Aube éclatante"… La poésie (ou le marketing ?) marquent souvent de leur empreinte le nom de nos cosmétiques, et ne rendent pas forcément leur compréhension plus aisée…
La réglementation n’interdit pas la créativité, mais la complète de l’obligation d’une information claire et exacte.

À quoi ça sert ?
À ne pas utiliser un produit à la place d’un autre. On ne prend guère de risque en appliquant le jour une crème de nuit, ou en lavant ses cheveux gras avec un shampooing pour cuir chevelu sensible… On sera peut-être moins satisfait des résultats obtenus, mais le dommage s’arrêtera là.
Mais cette disposition permet aussi d’éviter certains mésusages, en diminuant l’éventualité de confondre un produit avec un autre. Car là, en revanche, les conséquences peuvent être plus dommageables. Ainsi, en 2009, l’Afssaps a enregistré 5 cas de gêne respiratoire suite à une confusion entre des produits cosmétiques et du sérum physiologique conditionnés en unidoses…

La liste des ingrédients

Le principe est que la liste des ingrédients est établie dans l’ordre décroissant de leur importance pondérale au moment de leur incorporation dans le produit cosmétique. Sauf pour ceux dont la concentration est inférieure à 1 %.

L’autre principe est qu’elle doit être exhaustive… mais que certaines substances qui ne sont pas considérées comme des ingrédients peuvent être passées sous silence, que les molécules qui composent le parfum peuvent être regroupées sous le seul terme de "Parfum"…

Toutes les règles et exceptions régissant la liste des ingrédients sont à lire ici .

À quoi ça sert ?
On le dit, et on le redit. Malgré ses insuffisances et son langage INCI assez rébarbatif, la liste des ingrédients reste la seule information réglementée et fiable pour évaluer la composition d’un produit cosmétique, et donc son efficacité, son innocuité ou son potentiel allergisant.
On a donc tous, vraiment, intérêt à bien la comprendre. Pas facile ? Ce site est là pour ça ! Et notamment pour vous aider avec son répertoire des ingrédients, qui vous offre la traduction de chaque nom INCI, la fonction des ingrédients, et souvent bien plus encore quand les experts ont déjà livré leurs évaluations à leur sujet.
Si le législateur a prévu de vous permettre d’avoir obligatoirement accès à cette information, c’est qu’il vous a estimé légitimes à la connaître et compétents pour la comprendre, non ?


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