CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
24 septembre 2014L'effet miroir

Effet Miroir sur le Congrès de l’IFSCC Ajouter à mon portfolio
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Le Congrès 2014 de l'IFSCC se tient à Paris à la fin du mois d'octobre de cette année. Une longue histoire associe déjà cette Fédération avec la Société Française de Cosmétologie. Dans les documents officiels, on trouve que l'idée d’une Fédération Internationale aurait été émise en 1956, et aurait pris une forme plus formelle en 1959. Un épisode est peut-être un peu moins connu, peut-être même oublié, et vient alimenter ou préciser l'histoire de cette belle aventure.

Temps de lecture : ~ 6 minutes

Rappelons-le. Cet épisode renvoie à un événement qui s’intitulait le "Rassemblement international des sociétés de cosmétologie" et qui s'est tenu à Paris les 28, 29 et 30 juillet 1957. Cet événement est relaté avec force détails dans une revue s'intitulant Cosmétologie, publié aux Éditions Varia. Le premier numéro, paru en octobre 1957 avait Jean Morelle pour rédacteur-en-chef. Les travaux de recherche que nous avons menés concernant la biographie de Jean Morelle nous ont permis de mettre à jour ces documents, grâce à l'aide de sa fille, Éliane Lauzanne.

Que peut-on apprendre à la lecture de ces documents ? Que la Société Française de Cosmétologie avait pris l'initiative du grand rassemblement international des sociétés de cosmétologie qui eut lieu à Paris en ces derniers jours de juillet 1957. La liste des délégations fait apparaître tout ce qui se comptait d'important dans le monde de la cosmétologie. Il y avait des délégations américaine, allemande, belge, britannique, hollandaise, suisse, espagnole, pakistanaise, indienne, italienne, suédoise ou tchécoslovaque et bien entendu la SFC. Ceux qui s'intéressent à notre science y retrouveront des noms célèbres  comme de Navarre, Riley, Jellinek, Avalle, Rovesti, Zenisek, et, pour la France, Sabetay, Colson, Schmuck, Morelle et quelques autres ayant fortement contribués à cette belle aventure.

Les démarches menées dans ce cadre étaient en fait la conclusion de nombreuses années consacrées à la recherche de mutualisation des activités concernant cette nouvelle science. Le congrès international de Bucarest en 1935 avait fait apparaître la nécessité qu'un mot nouveau existât pour marquer que la "science de l'embellissement" se dégageait de l'empirisme, sortait des limbes et émergeait d'un fatras de connaissances rudimentaires pour atteindre au niveau d'une science véritable. Cette science est la Cosmétologie. Déjà, certains la percevaient clairement comme " tout ce que cette science comporte dans les domaines dermatologique chimique ou pharmaceutique, médical et médico-social" ( Jean Morelle – Cosmétologie n°1 Octobre 1957 – 9). Ils poursuivaient : " c'est pourquoi ceux qui connaissent mal les problèmes dont traite la cosmétologie sont surpris parfois de l'ampleur qu'elle peut prendre" .

Parmi les manifestations qui ont marqué ce rassemblement, il en est une qui occupe une place à part et à qui on doit réserver une attention particulière en raison de son importance. Pour la première fois, en effet, les représentants les plus qualifiés de la cosmétologie en Europe et en Amérique se trouvaient réunis dans une assemblée restreinte, environ une trentaine de personnes tout au plus, pour jeter les premières bases de la Fédération internationale des sociétés de cosmétologie. La séance était présidée par Monsieur Bourdet, alors Président de la SFC. Un vote de principe à main levée, acquis à l'unanimité, devait se montrer très favorable à la création d’une fédération internationale.
La Fédération Internationale des Sociétés Cosmétologie était née et avait pris forme
.

Il fut alors décidé de confier à une commission restreinte la rédaction définitive des statuts, ce qui fut fait dans les mois suivants. Cet accord rapide et clair sur le principe a conduit rapidement à la réalisation définitive de la Fédération.

Les intervenants étaient déjà largement convaincus de l'intérêt de cette science nouvelle et déclaraient : " la Cosmétologie est devenue aujourd'hui une science véritable, qui touche à la physique, à la chimie, à la physico-chimie, à la biologie et à la dermatologie" . Qu'ajouter de plus de nos jours ? Que de chemin parcouru et que de progrès de toutes sortes enregistrés dans tous les domaines cités dans les articles de l’époque.

Mr Striance, Président de la Society of Cosmetics Chemists, concluait : " Hier, nous avons parlé de cette création de la Fédération internationale. Lorsque les hommes désirent se réunir pour discuter de leurs intérêts communs, de leurs problèmes communs, et qu'ils cherchent un terrain d'entente, il y a beaucoup de chances qu'ils réussissent, et je suis tout à fait sûr que la Cosmétologie aura dans le monde la place qu'elle mérite .

La SFC renoue donc avec son rôle moteur dans les activités de la Fédération, rôle qu'elle n'a d’ailleurs jamais abandonné.

Bon congrès à tous.

Jean Claude Le Joliff

Biologiste de formation, Jean Claude Le Joliff a été un homme de R&D pendant de nombreuses années. Successivement en charge de la R&D, puis de la Recherche et de l’Innovation dans un grand groupe français de cosmétiques et du luxe, et après une expérience de création d’un centre de recherche (CERIES), il s’est tourné vers la gestion de l’innovation.
Il a été par ailleurs Professeur associé à l’Université de Versailles Saint Quentin (UVSQ) et reste chargé de cours dans le cadre de plusieurs enseignements spécialisés : ISIPCA, IPIL, ITECH, UBS, UCO, SFC etc.
Il est le fondateur de inn2c, société de conseil en R&D et Innovation. Consultant auprès de plusieurs sociétés internationales, il a participé activement à des projets comme Filorga, Aïny, Fareva, et bien d’autres.
Il a créé la Cosmétothèque®, premier conservatoire des métiers et des savoirs faire de cette industrie.
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