CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
21 décembre 2016Lexique cosmétique

Microbilles Ajouter à mon portfolio
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Les microbilles font partie des ingrédients cosmétiques utilisés pour formuler beaucoup de produits. Alors qu’elles avaient le vent en poupe grâce à leur propriété exfoliante et leur bas coût, elles sont désormais décriées à cause de leur impact néfaste sur l’environnement.

Temps de lecture : ~ 3 minutes

Les microbilles que l’on trouve dans les gommages, exfoliants, dentifrices et autres produits, sont faites à partir de polyéthylène. C’est une résine thermoplastique stable, qui lui permet de résister aux agents chimiques et aux chocs.
Ces microbilles de polyéthylène sont issues de la pétrochimie.

Pourquoi les utiliser dans les cosmétiques
Les microbilles de polyéthylène sont plébiscitées par l’industrie cosmétique pour leur action exfoliante, filmogène et agent de contrôle de la viscosité.
Elles se sont également rendues indispensables à la formulation de beaucoup de produits grâce à leur douceur. Effectivement, les microbilles sont parfaitement sphériques et lisses. Pas de risques de trouver une micro-arête (comme cela pourrait être le cas avec des microbilles de fruits à coques) qui pourrait être agressive pour la peau.
De plus, elles sont utilisées par l’industrie cosmétique dans le monde entier parce qu’elles ne coûtent pas cher, et sont simples d’utilisation.

Pourquoi font-elles polémique ?
La fameuse stabilité du polyéthylène est justement le problème. Il s’avère que cette caractéristique rend les microbilles non-biodégradables.
Lorsqu’elles se trouvent dans des produits rincés, les stations d’épuration ne sont pas en mesure de les filtrer. Elles peuvent donc être rejetées dans l’environnement.
L’impact sur la faune et la flore est très importante puisqu’actuellement, on trouve des microbilles dans tout l’espace marin. Comme elles ne se décomposent pas, elles attirent les polluants organiques persistants, et sont ingérées par de nombreuses espèces marines. Et si certaines de ces espèces sont péchées, les microbilles de polyéthylène peuvent donc se retrouver dans l’assiette des consommateurs.

La fin du polyéthylène
Alors que les plus gros acteurs cosmétiques (L’Oréal, Procter&Gamble, Johnson&Jonhson) avaient annoncé leur volonté de ne plus intégrer les microbilles de polyéthylène dans leurs formulations, les gouvernements de beaucoup de pays sont en marche vers une interdiction stricte d’utilisation de l’ingrédient dans les "les produits cosmétiques rincés à usage d'exfoliation ou de nettoyage".
Ces interdictions, prévues pour les prochaines années, concernent les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, le Canada, la Corée, Taiwan, la Nouvelle-Zélande…

Pour autant, ce n’est pas la fin des peelings et autres produits gommants. En plus des exfoliants naturels dont on dispose (coques et noyaux de fruits, silice de bambou, pierre ponce, sable…), l’industrie cosmétique travaille sur des produits de substitution, offrant les mêmes avantages que le polyéthylène, sans ses inconvénients.

JS

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