mardi 13 octobre 2015L'ingrédient du mois

Aqua... correspond l'eau en cosmétique ?

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Notre corps est composé de 65 à 70 % d’eau (un pourcentage variable suivant l’âge ou la corpulence…). Nos cosmétiques, sur ce point, n’ont rien à nous envier. L’eau constitue le plus souvent l’ingrédient principal de la formule de nos produits d’hygiène et de beauté quotidiens. C’est dire son importance. Petit plongeon dans l’eau de nos cosmétiques.

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La liste des ingrédients d’un cosmétique commence généralement par le terme "Aqua", la dénomination officielle de l’eau dans la Nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques.
Cette liste étant classée par ordre décroissant d’importance en masse, c’est donc le signe qu’elle est présente dans la proportion la plus élevée par rapport aux autres matières premières mises en œuvre.

Et de fait, une crème de soin peut contenir de 60 à 85 % d’eau, ce pourcentage pouvant parfois s’élever jusqu’à 90 %. Lotions, gels-douche et shampooings peuvent la faire entrer dans leur composition jusqu’à 95 % !
Seuls les mélanges d’huiles (pour le massage ou les sérums), les compositions de corps gras (rouges à lèvres…) ou les formules "sèches" (poudres et blushes, galets de bain…) peuvent faire sans elle.

La qualité de l’eau

Il va sans dire que son importance proportionnelle rend sa qualité primordiale. Une eau "ordinaire" comme celle du robinet, ne convient pas aux cosmétiques.

Elle doit notamment, en plus d’être bactériologiquement propre, dénuée de germes et de bactéries, être inodore, ne pas contenir (ou le moins possible) de calcaire ou de métaux lourds (plomb, cuivre, fer…) ou de sels minéraux indésirables.
Avant d’entrer dans nos pots de crèmes, elle subit donc différents traitements pour ne pas constituer une source de contamination du produit, et peut être purifiée de bien des façons :
• L’adoucissement consiste à la débarrasser de son calcaire.
• La déminéralisation permet d’obtenir une eau chimiquement pure, sans sels minéraux.
• La filtration élimine les micro-organismes.
• La distillation (ébullition suivie d’une condensation de la vapeur) produit une eau stérile.
• L’eau osmosée (obtenue par osmose inverse, un procédé de filtration très fin, et parfois pratiquée après une électrodéionisation) est à la fois déminéralisée et stérile.

Tous ces procédés peuvent être utilisés seuls ou en association, pour une eau parfaitement pure de qualité cosmétique, qui est ensuite soumise à des contrôles de qualité sanitaire poussés.

De l’eau "morte" à l’eau vive

L’eau est principalement utilisée en guise de solvant. Elle est en effet incomparable pour dissoudre des actifs à l’origine solides ou gazeux, s'ils sont hydrosolubles. On en fait l’expérience chaque jour quand on jette un morceau de sucre dans sa tasse de thé…

Elle est dotée également de propriétés hydratantes, pour peu qu’elle soit accompagnée d’ingrédients qui freinent son évaporation à la surface de la peau.

Mais, purifiée et stérile, l’eau n’apporte rien en elle-même, et est ainsi souvent qualifiée d’ingrédient "mort". On dit souvent qu’il faut se méfier de l’eau qui dort : les laboratoires cosmétiques sont donc partis à la recherche d’une eau de qualité irréprochable, mais qui puisse également redevenir vive…

Un bel exemple en la matière est celui d’Institut Esthederm, qui formule tous ses produits à base d'"Eau Cellulaire", une eau qualifiée d’"énergétique, sosie de l'eau contenue dans nos cellules"…

Quand l’eau devient actif

Plus classiquement, ce sont les eaux de sources thermales qui donnent l’indication cosmétique de nombreuses gammes.

L’eau d’Avène est ainsi présentée comme apaisante et anti-irritante et intervient dans les gammes dédiées aux peaux sensibles. Tout comme celle de La Roche-Posay pour sa haute teneur en sélénium et réputée pour réduire la sensibilité cutanée ou celle de la source d’Uriage…

L’eau des Cauterets est utilisée pour ses vertus purifiantes dans les soins pour peaux grasses de la marque Galénic, celle des Fumades-les-Bains pour ses propriétés cicatrisantes et désinfectantes dans les formules à destination des peaux intolérantes de Dermatherm…

On pourrait encore citer l’eau de Saint-Gervais-les-Bains, riche en oligo-éléments, aux propriétés apaisantes et décongestionnantes, celles de Vichy et de Balaruc-les-Bains ou, en bio, celles de Gamarde ou de Jonzac, qui ont donné leur nom à des gammes cosmétiques. Ou encore, plus exotique, celle des Thermes de Cilaos à la Réunion…

L’eau de mer, et notamment celle de la Mer Noire, a aussi ses adeptes.

Les argumentaires coulent de source. Toutes ces eaux sont revendiquées pour leurs sels minéraux ou oligo-éléments, et leurs vertus bienfaisantes, à la limite parfois de l’indication thérapeutique, sont mises en avant pour justifier leur intérêt sur la peau.

Et l’eau bio ?

Si elle peut être des plus pures, et même 100 % naturelle, et même n’avoir subi aucun traitement chimique, l’eau ne peut jamais qualifiée de biologique. Tout simplement parce qu’elle n’est pas "cultivée" selon les critères de l’agriculture biologique…

Vu son pourcentage important dans les produits, cela constitue un réel handicap pour la cosmétique bio, surtout à l’heure d’afficher les pourcentages d’ingrédients issus de l’agriculture biologique sur l’étiquette !
Car comment en annoncer plus de 10 % (le minimum obligatoire pour pouvoir apposer le label) dans un shampooing composé à 95 % d’eau ? Or 10 % de la formule totale, cela paraît bien modeste au consommateur, même si toutes les matières premières végétales sont biologiques…

La solution est venue des eaux florales. Parce qu’elles remplissent le même rôle de solvant que l’eau pure, mais qu’elles, puisqu’elles intègrent un élément végétal (qui parfois peut aussi agir en actif intéressant), peuvent être de qualité biologique. Pratique et facile, pouvant aussi servir d’argument de vente, le procédé se généralise… et les chiffres bio grimpent sur les étiquettes ! De véritables eaux bénites !

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