mardi 24 juin 2014Organismes professionnels

Cosmébio : un nouveau président et des ambitions

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Le 17 juin, s'est tenue à Paris l'Assemblée générale annuelle de l'Association professionnelle de cosmétique écologique et biologique. Au terme de la journée : un nouveau logo, des ambitions réaffirmées, des mots-clés (confiance et excellence) pour diriger les actions à venir, et un nouveau président pour les mettre en œuvre.

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Après les passages obligés de ce type de réunion (rapport moral, rapport d'activités, élection du Conseil d'administration), cette journée s'est ouverte aux journalistes. Une occasion pour Betty Santonnat de présenter un état des lieux de la cosmétique bio, et le positionnement de Cosmébio.

Sur la base de l'étude réalisée par Ethicity sur les attentes et comportements des Français en matière de consommation responsable, et dans un contexte de "révolution durable", la Directrice du développement de l'association a rappelé que Cosmébio s'inscrivait comme une alternative incontournable aux modes de consommation traditionnels en cosmétique.
Forte de 375 adhérents (dont 90 % d'entreprises françaises), elle regroupe aujourd'hui 500 marques qui proposent 9 200 produits labellisés biologiques, pour un chiffre d'affaires global de 345 millions d'euros (en hausse de 4 % en un an). Son logo s'affiche sur 95 % des cosmétiques bio disponibles sur le marché français.

Des valeurs et des ambitions

Mais ce qui porte surtout l'association, pour Betty Santonnat, ce sont les valeurs qui sont représentées par Cosmébio : le respect de l'Homme (commerce équitable et solidaire, RSE) et le respect de la Nature (préservation de la biodiversité et des savoirs traditionnels, minimisation de l'impact écologique).
Certification et indépendance, charte d'engagements, alliance d'une cosmétique hédonique et éthique, collectif d'acteurs pionniers et innovants pour la cosmétique de demain : autant de points forts susceptibles de donner confiance aux consommateurs d'aujourd'hui.

À cela s'ajoute des compétences de mutualisation des moyens au travers de quatre commissions (Communication, Internationale, Éthique et juridique, Technique), une école de formation pour accompagner les adhérents, de façon à remplir les missions que l'association s'est données :
• promouvoir une filière d'excellence,
• sensibiliser les consommateurs à une cosmétique différente.
Avec un objectif ambitieux : que d'ici à 5 ans, un consommateur sur deux ait au moins un produit labellisé Cosmébio dans sa salle de bains.

Première édition des Trophées

Illustration de cette démarche : Cosmébio a remis ses premiers "Trophées de l'Excellence". L'idée était de distinguer des marques et des produits autour de deux critères : la valorisation d'une démarche éthique et la distinction de produits dont la qualité répond aux attentes des consommateurs.

Présélectionnés par la Commission Éthique de Cosmébio pour la cohérence et l'originalité de la démarche de la marque, 20 produits ont été soumis à un jury de 20 consommateurs et ont été évalués en fonction de leur attractivité, de leur efficacité ou de leur sensorialité.
Quatre trophées ont été remis le 17 avril, un pour chaque catégorie de la compétition : biodiversité, commerce équitable et solidaire, responsabilité sociétale des entreprises, environnement.

Les Trophées Cosmébio ou comment clairement afficher l'association des valeurs et du plaisir cosmétique.
L'association est en effet bien consciente des défis à relever dans les années à venir pour réussir son pari :
• ré-enchanter le bio,
• le différencier par l'innovation,
• le rendre compétitif par rapport au conventionnel.

Nouveau logo, nouveau président

Et aujourd'hui, Cosmébio se veut combative et offensive. L'heure est au bio haut et fier de l'être. Pour aborder les enjeux qui attendent le secteur, l'association s'est dotée d'un nouveau logo institutionnel, plus épuré et qui reprend le graphisme de celui qui est apposé sur les produits.

Elle a aussi renouvelé son Conseil d'administration, constitué aujourd'hui de Romain Ruth (DG de Florame – Président), Samuel Gabory (PDG de Nature et Stratégie – Vice-Président), Nicolas Fouchère (PDG du laboratoire Sicobel – Vice-président), Pierre Charlier de Chily (Président de Aldivia – Secrétaire général), Alexis Fort (DG de Pierre Cattier SAS – Trésorier), Agnès Ducrocq (Présidente des Laboratoires Téane – Trésorière adjointe), Valérie Marcadet (Directrice de la filière cosmétique des Laboratoires Léa – Administratrice), Régis Lelong (PDG du Laboratoire Odysud – Administrateur), Cyrille Droin (Président du Laboratoire Phyto-Actif, Administrateur), Claudie Ravel (DG de Guayapi Tropical – Administratrice), Philippe Laratte (Président de Boutique Nature – Administrateur) et Lionel Thoreau (Directeur général de Melvita – Administrateur).

Cosmébio a enfin élu un nouveau président à sa tête. Après quatre ans de bons et loyaux services, dit-il lui-même, Samuel Gabory, même s'il reste vice-président, passe donc le relai à Romain Ruth, Directeur général de Florame.

Romain Ruth : poursuivre l'élan

Il dit qu'il a un " parcours un peu spécial ". Avocat pénaliste au barreau de Paris pendant 7 ans, il y a défendu, pro bono, beaucoup d'impécunieux en plus de ses clients payants. Il a notamment assuré la défense d'un des "pirate du Ponant", acquitté aujourd'hui, précise-t-il…
Mais comme toute sa famille, il est " né dans le savon ", et c'est ainsi qu'il a quitté la robe pour rejoindre sa " danseuse en Provence " et reprendre la direction de Florame, où il s'attache à " creuser le sillon du bio et faire évoluer la maison vers des formules toujours plus qualitatives et des pratiques plus éthiques ".
Il a d'abord rejoint Cosmébio pour ses compétences juridiques. Mais, logiquement affecté à la Commission Éthique et juridique, c'est bien dans son aspect éthique qu'il avoue s'être le plus épanoui.

Au lendemain de son élection, il veut d'abord " saluer le dynamisme de Samuel Gabory " et " poursuivre l'élan qu'il a donné à Cosmébio ".

Et quel élan veut-il donner, lui, à Cosmébio ?
" Les choses se décident collégialement avec le Conseil d'administration ", répond-il. " Avec son collectif, Cosmébio a une force de frappe importante, autant pour la défense de ses valeurs qui englobent l'intégralité du panel du développement durable, que pour le service quotidien qu'elle offre à ses adhérents. Je pense vraiment que la meilleure manière de valoriser la cosmétique bio est d'avoir une vision de conquête, sans la réduire à des identités de marques ".

Au programme, donc, accélérer la logique de formation en ouvrant les sessions également aux adhérents, favoriser l'export, donner au mot "biologique" tout son sens partout dans le monde, discuter avec les politiques…

Et croit-il à l'objectif : dans 5 ans, un consommateur sur deux aura un produit Cosmébio dans sa salle de bains ?
" C'est ambitieux, mais il y a toutes les raisons logiques d'y croire. J'en veux pour preuve les échanges riches et fructueux entre la cosmétique biologique et la cosmétique conventionnelle : elles se nourrissent mutuellement. La cosmétique bio a popularisé des notions, des textures, des expériences consommateurs. L'exemple de la texture huile qui se répand largement, y compris dans le conventionnel, en est un bon exemple. Je suis persuadé que la cosmétique d'excellence bio a un vrai avenir ".

Premier bilan à l'issue de son (premier ?) mandat : dans un an.

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