jeudi 11 avril 2013Publications scientifiques

Aluminium : exposition excessive via les cosmétiques

Evaluation du risque de l'exposition à l'aluminium par le VKM

Nouvelle pièce à charge contre l’aluminium présent dans les produits cosmétiques. Selon un récent rapport du VKM (Comité scientifique norvégien), leur usage quotidien, et notamment des antitranspirants, se traduit par une exposition à l’aluminium qui excède les doses hebdomadaires tolérables, de plus bien supérieure à celle qui découle de l’alimentation.

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Le VKM (comité scientifique réunissant des experts spécialistes en alimentation, additifs alimentaires, matériaux en contact avec la nourriture et les cosmétiques, contaminants…) a mené cette étude à la demande de l’Autorité norvégienne de sécurité sanitaire des aliments.
Il lui était demandé d’évaluer l’exposition à l’aluminium de la population norvégienne au travers de l’alimentation et de l’utilisation de produits cosmétiques, et de comparer cette exposition à la dose hebdomadaire tolérable définie par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) en 2008 (1 mg d’aluminium par kilo de poids corporel et par semaine) et à la dose hebdomadaire provisoire tolérable établie par le JECFA (Comité d’experts de l’OMS sur les additifs alimentaires) en 2012 (2 mg d’aluminium par kilo de poids corporel et par semaine).

L’aluminium est un métal naturellement présent dans la croûte terrestre, précise le rapport. Il se retrouve donc dans l’eau et dans les produits agricoles. L’Homme est exposé à l’aluminium au travers de la nourriture, de l’eau de boisson, ainsi que via l’utilisation de produits cosmétiques et la prise de médicaments.
Les autres sources d’aluminium dans l’alimentation sont constituées des additifs alimentaires qui en contiennent et de la migration d’aluminium des contenants alimentaires vers la nourriture.

Concernant les cosmétiques, ont été pris en compte dans cette étude ceux susceptibles de contenir les plus hauts niveaux d’aluminium, à savoir les antitranspirants, les rouges à lèvres et gloss ainsi que quelques dentifrices blanchissants.

Alimentation : exposition acceptable

L’exposition globale à l’aluminium a été évaluée en faisant la somme de l’exposition estimée au travers de l’alimentation et de celle représentée par l’utilisation de cosmétiques, sur différents groupes d’âge, et en tenant compte de la biodisponibilité de l’aluminium pour les deux voies. Les doses tolérables ont ainsi été converties en doses d’exposition systémiques, ramenant les chiffres de références respectivement à 1 μg/kg/semaine (EFSA) et à 2 μg/kg/semaine (JECFA).

En moyenne, en fonction du groupe d’âge, l’exposition à l’aluminium de la population norvégienne via l’alimentation s’établit entre 0,22 et 0,89 mg/kilo/semaine. Une exposition comparable à celle des populations des autres pays européens, précisent les experts.
Pour les personnes les plus exposées, toujours en fonction du groupe d’âge, les chiffres varient de 0,5 à 1,9 mg/kilo/semaine.
Une exposition qui reste inférieure aux doses tolérables de référence.

Concernant les cosmétiques, ils peuvent constituer, pour les enfants, les adolescents et les adultes, une exposition supplémentaire.
Les antitranspirants particulièrement, contribuent de façon substantielle à l’exposition globale à l’aluminium.

Cosmétiques : exposition excessive

Pour les personnes qui utilisent quotidiennement un rouge à lèvres ou un gloss, l’exposition, pour un scénario standard (peau saine, absorption cutanée de 0,6 %), varie de 0,51 à 1,4 μg/kg/semaine, ce qui est reste inférieur aux doses d’exposition systémiques de référence.
Mais dans le plus extrême des scénarii (peau lésée, absorption cutanée de10,7 %), l’exposition monte à une échelle allant de 4,5 à 14 μg/kg/semaine, ce qui cette fois est bien supérieur aux niveaux tolérables.

Et si on ajoute à cela l’utilisation quotidienne d’un antitranspirant, l’exposition systémique moyenne atteint 30 à 50 μg/kg/semaine pour le scénario standard, et 600 à 940 μg/kg/semaine dans le scénario extrême.

Une exposition excédant les doses tolérables de référence n’est pas souhaitable, souligne le rapport du VKM. Un dépassement, même faible, équivaut à une moindre marge de sécurité.
Le dépassement important observé pour les consommateurs qui utilisent plusieurs produits cosmétiques, en plus de l’exposition par l’alimentation, réduit encore davantage cette marge de sécurité et augmente les risques d’effets indésirables. La situation est encore plus préoccupante pour les personnes qui rasent souvent leurs aisselles ou ont une peau altérée.

Conclusion du VKM : l’évaluation du risque montre que les produits cosmétiques, et en particulier les antitranspirants, contribuent de façon considérablement plus importante que l’alimentation à l’exposition systémique à l’aluminium.

LW
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