CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
7 janvier 2014Publications scientifiques

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© Thinkstock-L'Observatoire des Cosmétiques

Selon une équipe de chercheurs américains de l'Université de Duke, une différence au plus petit niveau de l'ADN (un acide aminé sur un gène) peut influer sur le fait que vous trouviez une odeur agréable. Un acide aminé différent sur le même gène d'un de vos amis lui fera trouver cette même odeur repoussante. Cette étude pourrait avoir un impact important pour les industries alimentaire et des arômes, et bien sûr cosmétique avec celle des parfums.

Temps de lecture : ~ 4 minutes

On compte environ 400 gènes codant pour les seuls récepteurs du nez, et, selon le "1000 Genomes Project", il existe plus de 900 000 variations de ces gènes. Ces récepteurs contrôlent les capteurs qui déterminent la façon dont nous sentons les odeurs. Une odeur donnée va activer un ensemble de récepteurs dans le nez, envoyant un signal spécifique au cerveau.

Mais, selon le Dr Hiroaki Matsunami, de l'Université de Duke, ces récepteurs ne fonctionnent pas de la même façon selon les personnes. En fait, lorsque l'on compare les récepteurs de deux personnes, ils sont différents à environ 30 %.

" Il y a de nombreux exemples où une personne dit qu'elle aime l'odeur de quelque chose, alors que d'autres personnes ne l'aiment pas. C'est très commun ", dit le Dr Matsunami. Mais ce que les chercheurs ont constaté, c'est qu'il n'y a pas deux personnes qui sentent les choses de la même façon. " Nous avons découvert que les individus peuvent être très différents au niveau de leurs récepteurs, ce qui signifie que lorsque nous sentons quelque chose, les récepteurs qui sont activés peuvent être également très différents (d'une personne à l'autre) en fonction de leur génome ".

" Les chercheurs avaient déjà identifié les gènes codant pour les récepteurs d'odeur ", ajoute le Dr Matsunami, " mais la façon dont ces récepteurs étaient activés restait un mystère ". Pour élucider ce qui déclenche ces récepteurs, son équipe a cloné plus de 500 récepteurs de 20 personnes qui avaient de légères variations d'un ou de deux acides aminés et les ont exposés des molécules odorantes susceptibles de les activer.

En exposant chaque récepteur à une très faible concentration (1, 10, ou 100 micromoles) de 73 substances odorantes, comme la vanilline ou le gaïacol, les chercheurs ont pu en identifier 27 qui avaient une réponse significative à au moins une substance. Cette découverte, publiée dans le numéro de Décembre de la revue Nature Neuroscience, double le nombre de récepteurs olfactifs connus, ce qui porte leur nombre à 40.

Selon le Dr Matsunami, cette étude pourrait avoir un impact important pour les industries alimentaire, des arômes et des parfums.
" Ces fabricants veulent tous disposer d'une méthode rationnelle pour produire de nouvelles substances d'intérêt, qu'il s'agisse d'un nouveau parfum ou d'un arôme, et actuellement, il n'existe aucune base scientifique qui le permette ", dit-il. " Pour ce faire, nous devons savoir quels récepteurs sont activés par certaines substances et les conséquences de ces activations en termes de ce que nous ressentons et sentons ".

Source
• Duke Today, No Two People Smell the Same , 13 decembre 13 .

Pour en savoir plus
• Voir l'étude The missense of smell: functional variability in the human odorant receptor repertoire (Joel D Mainland, Andreas Keller, et al. Nature Neuroscience, Early online Dec. 8, 2013. DOI: 10.1038/nn.3598) sur le site Internet de l'université de Duke.

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