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19 juillet 2011Publications scientifiques

Les cosmétiques aux phtalates qui font grossir Ajouter à mon portfolio
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©Thinkstock/L'Observatoire des Cosmétiques

À chaque jour, sa pièce à charge contre les perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques diverses susceptibles de contrecarrer le bon fonctionnement de notre système hormonal. C’est aujourd’hui une équipe de chercheurs américains qui incrimine les phtalates dans le processus du surpoids. Attention : ces "calories chimiques" peuvent être présentes aussi dans nos produits cosmétiques quotidiens !

Temps de lecture : ~ 3 minutes

 19 juillet 2011
Votre shampooing peut-il vous faire grossir ? C’est en tout cas un message d’alerte que lancent ces chercheurs du Mount Sinai Medical Center (New York). Selon eux, les phtalates, largement employés, notamment par l’industrie des matières plastiques mais aussi en cosmétique en tant que plastifiants et agents filmogènes , solvants ou dénaturants de l’ alcool (dans les parfums , principalement), sont de nature à perturber le processus naturel de contrôle du poids de notre organisme, qui dépend d’un subtil équilibre hormonal.

La liaison phtalates / surpoids

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les urines de 330 jeunes filles résidant à New York. Selon le Pr Philip Landrigan, qui a dirigé cette étude, "les filles les plus grosses sont celles qui ont le plus fort taux de phtalates dans les urines ".
Les chercheurs new-yorkais ont relié l’exposition aux phtalates des enfants et les problèmes d’obésité qui en découleraient à l’âge adulte à l’utilisation quotidienne de produits cosmétiques comme les shampooings, les laits corporels ou les savons.

Et ce serait encore pire si l’on suit un régime amincissant, l’utilisation de cosmétiques contenant des phtalates aggravant alors leur potentiel nocif. " Chez les hommes , précise la nutritionniste Zoe Harcombe, les phtalates ont une activité anti-testostérone qui a été liée à l'obésité. Chez les femmes, les perturbations hormonales qu’ils provoquent sont semblables à celles qui surviennent durant la ménopause ou à la puberté ».

Le temps de la précaution

Pour la pédiatre Maida Galvez, partie prenante de cette étude, "cette découverte doit permettre de pouvoir éviter les produits chimiques dangereux. Même s’ils ne jouent qu’un petit rôle dans l’obésité, ajoute-t-elle, c’est une source d’exposition qu’on peut prévenir" . Et d’inciter les consommateurs à choisir des produits cosmétiques sans parfum ou certifiés biologiques.

Des propos qui vont dans le même sens que ceux du récent rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques français , qui annonçait "le temps de la précaution" le 12 juillet dernier… Et même dans celui de la loi Lachaud, votée le 3 mai par l’Assemblée Nationale en première lecture, et qui visait à interdire les parabens , les phtalates et les alkylphénols, du fait de leur potentiel à agir en perturbateurs endocriniens .

Dans la foulée, l’équipe de chercheurs du Mount Sinai lance également un cri d’alarme contre le Bisphénol A , substance qui serait elle aussi riche en "calories chimiques". On se souvient qu’après de longs débats, le Bisphénol A a été interdit dans les biberons en Europe.

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