CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
4 juin 2013Publications scientifiques

Un nouveau test pour prédire les réactions aux cosmétiques Ajouter à mon portfolio
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Un simple test en laboratoire a été développé par une équipe de l’Université de Newcastle (UK). Il élimine tout risque de réactions indésirables à de nouveaux médicaments, cosmétiques et produits d’entretien ménager. Il met en œuvre de la vraie peau humaine et des cellules immunitaires pour mettre en évidence toute réaction comme une rougeur ou une éruption cutanée, signes d’une réaction immunitaire plus importante dans l’organisme. Ce développement tombe à point : en effet, il offre à l’industrie cosmétique une alternative fiable alors que l'interdiction des tests sur des animaux est entrée en vigueur en mars dans toute l’Europe.

Temps de lecture : ~ 4 minutes

Le Professeur Anne Dickinson de l’Institut de Médecine Cellulaire a récemment présenté cette technique lors de la Conférence In-Vitro Testing Industrial Platform (IVTIP), à Bruxelles. Selon elle, "Ce test offre une alternative adéquate et rapide aux tests sur animaux, et crée une passerelle entre les essais de laboratoire sur de nouveaux médicaments et les essais cliniques de Phase I sur des humains.

"C’est ce qu’il faut, et c’est bien plus rapide que tout ce qui existe actuellement ; cela entraîne des économies de temps et de ressources pour les fabricants. Le test identifie les médicaments ou produits qui sont susceptibles d’entraîner une réaction, ou simplement de n’avoir aucun effet chez les humains".

Le test, Skimune TM, dont le nom est déposé et qui est breveté, a fait l'objet d'essais positifs chez un grand nombre de fabricants pharmaceutiques sur des médicaments en développement, et a conduit à des résultats fiables en deux semaines.
En révélant la sensibilisation de la peau ou une réaction indésirable qui auraient pu ne pas être mises en évidence lors d’essai sur l’animal ou lors d'une simulation sur ordinateur, ce test donne à un fabricant des informations de grande importance qui lui permettront de prendre des décisions appropriées plus tôt, générant de sérieuses économies lors du développement.

Le Professeur Dickinson ajoute : " Nous avons déjà démontré que cette méthode est un moyen de tester de nouveaux médicaments susceptibles de provoquer des réactions immunitaires indésirables qu’on ne peut identifier lors des essais sur des modèles animaux".

Travaillant de concert avec le National Institute of Biological Standards and Control (NIBSC), l’équipe de Newcastle a pu tester des anticorps monoclonaux en vue de détecter des réactions indésirables. Le Professeur Dickinson précise : " Notre test Skimune aurait prédit les terribles événements du Northwick Park, en 2006. À cette époque, six hommes qui participaient à des essais cliniques ont eu de sévères réactions à un anticorps monoclonal, conduisant à la destruction d’organes. Les essais de laboratoire préalables et les essais sur animaux n’avaient donné aucun signe que cela pourrait se produire. Notre test, lui, aurait détecté le risque, car il se base sur un modèle de réponse immunitaire humaine de la peau".

Ce test a été mis au point en utilisant des cellules isolées d’échantillons de sang de tout un panel de volontaires sains. Elles sont différenciées alors en cellules dendritiques, qui activent les cellules tueuses T, qui, elles-mêmes, créent une surproduction de cytokine. Alors qu’elle est utile pour combattre des infections, si cette réponse immunitaire est non contrôlée, elle peut être extrêmement dommageable pour l’organisme. Skimune TM met en évidence un dommage histologique cutané qui permet d’estimer la l’intensité et la puissance de la réponse.

Le Professeur Richard Stebbings, maître de recherches au NIBSC, a reconnu la qualité de l’innovation, en ajoutant : "Ce test offre une alternative précieuse aux modèles animaux, qu’on utilise pour tester la sécurité des médicaments biologiques, mais qui s’avèrent souvent à peine capables de prédire les réponses humaines".

Outre le dépôt du brevet, l’équipe de l’Université de Newcastle a fondé une entreprise, Alcyonics Limited, dont l’objectif est de pousser la méthode au point d’offrir des médicaments personnalisés, permettant à une personne d’être testée sur sa réponse aux médicaments.

Pour en savoir plus : voir le site Internet de Alcyonics Limited
Source : Newcastle University, Press Release, 28 mai 2013

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