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9 mai 2019Zoom Nouveautés

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Qu’il s’agisse de proposer des gammes spécifiques, d’offrir des soins aux femmes atteintes de cancer, ou encore d’organiser des opérations en partenariat avec des associations solidaires, la générosité devient de plus en plus un argument marketing. Un supplément de bonté à l’égard des plus fragiles et/ou démunis qui ne peut que faire du bien !

Temps de lecture : ~ 10 minutes

La maladie fait partie de nos vies et un nombre croissant de marques dermo-cosmétiques l’intègrent à leurs gammes.
Qu’elles conçoivent des produits spécifiques pour les personnes concernées par le cancer, comme la marque Même, ou qu’elles offrent des soins en milieu hospitalier, les initiatives sont de plus en plus nombreuses…

Du soin à l’estime de soi…

Grand mouvement de beauté charitable dans les plus grandes marques de dermo-cosmétiques ce printemps : La Roche-Posay, Avène et Bioderma s’engagent dans la prise en charge des effets cutanés des traitements anticancéreux et offrent des “moments de beauté” (soin ou maquillage) aux patientes.

Depuis 2013, La Roche-Posay imagine des initiatives pour accompagner les femmes, aux côtés de dermatologues et d’oncologues : 80 ateliers de maquillage correcteur dirigés par des socio-esthéticiennes sont déjà présents dans toute la France en milieu hospitalier, pour apprendre à redessiner un sourcil, ajouter des couleurs sur ses joues, ses lèvres…
Il ne s’agit pas de masquer la maladie mais bien de préserver l’apparence, de se réconcilier avec son visage et son corps altérés.
Cette initiative pionnière est née au centre thermal de La Roche-Posay en 1994 avec ses produits dermo-cosmétiques adaptés aux peaux lésées (dont la gamme de maquillage Toleriane qui permet de réconcilier les femmes qui se croyaient interdites de maquillage avec les fards).
La marque propose aussi gracieusement des trousses “découverte” dans les services oncologie en Hôpital, accompagnées du guide qu’elle a réalisé avec une dermatologue, une socio-esthéticienne et un oncologue : “Conseils pour prendre soin de sa peau et mieux vivre son cancer”.
On peut aussi bénéficier de tutoriels vidéos, d’informations sur le soin de la peau pendant et après les traitements, jusqu’à la mise en ligne de séances de sophrologie ou d’initiation au Pilates (pour contrer la fonte musculaire, fréquente sous chimiothérapie) sur son site.

Bulle de douceur…

De son côté, Avène propose depuis 2016, dans sa station thermale, des soins post-cancer dont elle a démontré l’efficacité.
Disponible depuis le 1er mai dernier, le Spray Eau Thermale d’Avène s’offre une édition limitée (300 ml, 7 €) et un beau geste : à chaque spray acheté, un euro est reversé à “Tout le monde contre le cancer” qui a mis en place l’Échappée rose, le premier institut de bien-être itinérant à l’hôpital pour toutes les personnes touchées par le cancer.
Conseils beauté personnalisés, massages, soin des mains et du visage… tout est mis en œuvre pour leur offrir détente, apaisement et lâcher prise…
Sur chaque étape, les deux socio-esthéticiennes invitent les patients et leurs accompagnants à entrer dans la caravane pour une trentaine de minutes de soin, suivi d’un moment de convivialité et d’échange autour d’un espace gourmand.
Un coffret avec des produits Eau Thermale Avène est remis à chaque patient et accompagnant.
Depuis la mise en place de ce partenariat en 2017, déjà 52 journées ont pu voir le jour, dans 32 hôpitaux à travers la France. En 2019, grâce aux gains récoltés de l’édition limitée du Spray Eau Thermale d’Avène, la marque et l’association souhaitent offrir encore plus de dates pour aller à la rencontre de ces personnes touchées par le cancer et leur offrir une “bulle de douceur”.

Un espace de soins et d’étude de la peau au sein de l’Institut Curie…

Enfin, Bioderma vient d’annoncer son association avec L’Institut Curie, en ouvrant pour la première fois au sein même de l’établissement son Espace de Soins et d’Étude de la Peau, pour aider les patients au quotidien dans la recherche et le traitement des effets secondaires cutanés liés aux traitements contre le cancer.
Des experts leur apporteront tous les conseils (et les produits !) pour prendre soin de leur peau et limiter les effets secondaires.
L’objectif ? Prendre le patient en charge dans sa globalité, lui donner tous les moyens pour suivre son traitement dans les meilleures conditions et faire progresser la recherche en soins, en aidant à la compréhension scientifique de l’impact des traitements sur la peau.
Tout cela, en menant des études cliniques sur les différents types de thérapies et leurs effets secondaires cutanés.
L’analyse des toxicités cutanées (extrême sécheresse cutanée, syndrome main-pied, folliculite, rash cutané, problèmes d’ongles, alopécie…) fait aussi partie du programme. “Jusqu’ici, nous avions une évaluation clinique visuelle : avec l’Espace de Soins et d’Étude de la Peau, nous allons objectiver ces résultats avec des appareils de mesure de la peau capables d’évaluer son état avant et pendant le traitement. Colorimétrie, épaisseur de la couche cornée, mesure de l’inflammation, taux d’hydratation… vont permettre de quantifier les effets secondaires, de trouver les spécificités des différentes peaux, de redéfinir les physiopathologies et les mécanismes d’apparition de ces effets secondaires. Sur un patient qui a la peau sèche au départ, on va adapter la stratégie, car le traitement ne va rien arranger. Nous allons définir des profils types de patients à risque de toxicités cutanées pour avoir une prise en charge de précision et personnalisée à chacun”, confie Hédi Chabanol, Responsable de l’Espace de Soins et d’Étude de la Peau Bioderma à l’Institut Curie.
L’équipement acquis permettra ensuite de collecter des données biologiques en complément des données cliniques et d’avoir une vision globale des effets cutanés des traitements et du ressenti des patients.
Depuis quatre ans, Bioderma agit déjà pour la prévention des effets secondaires cutanés en fournissant des produits d’hygiène et de soins ainsi que des brochures d’information pour éduquer les patients. Le Laboratoire Dermatologique soutient également l’opération nationale “Une Jonquille pour Curie” qui permet de financer des recherches innovantes en cancérologie, mais aussi KDog, le programme de recherche d’innovation médicale de l’Institut Curie dédié au dépistage du cancer du sein à l’aide de l’odorat du chien.

Se sentir belle est un droit

Les ateliers (maquillage ou soins) gratuits “Belle & bien”, d’une durée de deux heures (8 à 12 participantes maximum), sont ouverts à toutes les femmes en cours de traitement contre le cancer, partout en France. 3000 ateliers ont été organisés à travers la France depuis 2001, réunissant plus de 175 bénévoles (patientes ambassadrices).
24 000 femmes en ont déjà bénéficié. Belle & bien promeut la systématisation de l’ordonnance de beauté contre le cancer.
“Nous sommes convaincus que les soins de beauté permettent de mieux accepter les effets des traitements médicaux. Pour ceux qui se battent contre la maladie et dont l’image de soi est atteinte, prendre soin de soi est une thérapie”, déclare Guillaume Adam, délégué général de belle & bien.

De son côté, Même est la première marque de produits dermo-cosmétiques entièrement destinée aux personnes concernées par le cancer, qui commercialise depuis 2017 13 produits pour prévenir et lutter contre les effets secondaires des traitements anticancéreux sur la peau (dernières nouveautés : les vernis à ongles “10 free” enrichis en silicium, 10 ml, 8,90 €).
Une entreprise “100 % tendresse” fondée en 2015 par Juliette Couturier et Judith Levy, elles-mêmes concernées de près par la maladie.
Développés avec des femmes sous traitements et avec l’aide d’un comité d’experts du corps médical, les produits Même ont vu leur efficacité et leur tolérance validées lors d’une étude clinique en Centre de Lutte Contre le Cancer. Soumis à une charte de formulation très stricte excluant tout ingrédient potentiellement toxique, les produits Même répondent aux besoins spécifiques des peaux les plus fragilisées. Ils sont disponibles sur l’eshop de la marque et dans plus de 2000 pharmacies.
La marque ne s’interdit pas un humour positif, destiné à regonfler le moral des troupes ! Ainsi, la Brume pour le cuir chevelu irrité, le port des perruques pouvant engendrer des irritations (100 ml, 24,90 €) est sous-titrée “Même moi, je garde la tête haute !”.
Ou L’Huile Dissolvante (100 ml, 15,90 €) s’accompagne de ce message “Même moi, j’efface tout et je recommence” !

La précarité menstruelle

Comment faire quand, chaque mois au moment des règles, on n’a pas les moyens d’acheter des protections hygiéniques ?
C’est une question que se posent des dizaines de milliers de femmes en France, en situation précaire (plus de 2,6 millions de Françaises vivent sous le seuil de pauvreté).
Même si ce sujet s’éloigne un peu de la beauté, on ne peut que saluer la belle initiative de Vania qui offre, du 1er mai au 30 juin prochain, pour chaque paquet de serviettes Vania acheté (ultra ou maxi), une serviette au Secours Populaire Français.
Ce don représentera près de 2,5 millions de serviettes, soit l’équivalent de 142 000 paquets de serviettes pour une valeur de 315 000 € environ.
Selon Sébastien Thollot, secrétaire général du Secours populaire français, “c’est la première fois qu’un tel don nous est fait, ce qui devrait nous permettre d’apporter une réponse sur plusieurs mois” (#Leconfortpourtoutes).

Ariane Le Febvre

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