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3 décembre 2018L'actualité des ingrédients

ECHA: "Les microplastiques susceptibles de s'accumuler dans la terre et les eaux douces" Ajouter à mon portfolio
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L'ECHA évalue les risques des microplastiques

La Commission européenne a demandé à l’ECHA d’étudier s’il serait justifié d’imposer une restriction à l’échelle de l’Union pour les microplastiques ajoutés intentionnellement dans les produits. L’ECHA évalue les risques que les microplastiques peuvent poser à l’environnement une fois qu’ils y sont relargués, et s’intéressera spécifiquement à leur extrême persistance dans l’environnement et à la difficulté à les y faire disparaître. L’Agence Chimique Européenne vient de publier un communiqué indiquant que, en plus de polluer les environnements marins, ce qui a déjà fait l’objet d’un large examen, les préoccupations concernant les microplastiques ajoutés intentionnellement peuvent être plus pertinentes pour les environnements terrestres et les eaux douces.

Communiqué de l’ECHA

Selon l’évaluation de l’ECHA, les microplastiques qui sont ajoutés dans les produits sont plus susceptibles d’être relargués, et de s’accumuler, dans les environnements terrestres et les eaux douces plutôt que dans les océans.
“Nous avons identifié diverses sources de microplastiques dans l’environnement, issus d’utilisations intentionnelles dans les cosmétiques, les détergents, d’autres produits ménagers, les peintures et l’agriculture, entre autres. Beaucoup de ces microplastiques sont rejetés vers les égouts au moment de leur utilisation. Du fait de la façon dont sont traitées les eaux usées dans l’Union européenne, ces microplastiques ne sont pas généralement rejetés directement dans les milieux aquatiques, mais sont plus susceptibles de se concentrer dans les boues d’épuration qui sont fréquemment épandues sur les sols agricoles en tant qu’engrais dans de nombreux États membres. Des microplastiques sont également directement utilisés dans les fertilisants et les produits phytosanitaires”, a indiqué Peter Simpson, de l’ECHA, à la conférence MICRO 2018 Fate and Impact de Lanzarote (Espagne).
L’inquiétude est grande concernant la persistance des microplastiques. “Une fois qu’ils sont relargués, ils peuvent être extrêmement persistants dans l’environnement, certains d’entre eux y ayant une demi-vie estimée à des milliers d’années. Cela signifie que leur accumulation dans les terres agricoles est préoccupante parce que nous ne pouvons pas actuellement évaluer les risques pour l’e environnement résultant d’une telle accumulation et exposition à long terme”, a-t-il ajouté.

La Commission européenne a demandé à l’ECHA d’étudier s’il serait justifié d’imposer une restriction à l’échelle de l’Union pour les microplastiques ajoutés intentionnellement dans les produits. L’ECHA évalue les risques que les microplastiques peuvent poser à l’environnement une fois qu’ils y sont relargués, et s’intéressera spécifiquement à leur extrême persistance dans l’environnement et à la difficulté à les y faire disparaître.
L’ECHA prévoit de finaliser sa proposition de restriction des microplastiques au début de l’année 2019. Le processus de décision des comités scientifiques de l’ECHA (Comité pour l’Évaluation du Risque (RAC) et Comité pour l’Analyse Socio-Économique (SEAC)) s’étalant sur environ 14 mois, l’avis de ces comités devrait donc être envoyé à la Commission vers le mois d’avril 2020.
Parallèlement, l’ECHA étudie aussi les risques posés les plastiques oxodégradables.

Pour aller plus loin
• Voir Intentionally added microplastics likely to accumulate in terrestrial and freshwater environments, ECHA/PR/18/15, 22 novembre 2018.

FP

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