CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
2 février 2012Organismes professionnels

Et si le COSMOS arrivait pour de vrai ? Ajouter à mon portfolio
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©L'Observatoire des Cosmétiques

On commençait à croire que la fusée interplanétaire lancée par les labels de cosmétiques bio européens à la recherche d’une harmonisation s’était perdue dans les dédales du Cosmos, que le COSMOS-standard tant annoncé et tant attendu s’était dissout dans les poussières d’étoiles, comme celles répandues par son grand concurrent, NaTrue. Il n’en est rien, nous assure-t-on ! Et le croiriez-vous ? On nous affirme aussi que le COSMOS-standard… c’est pour bientôt !

Temps de lecture : ~ 4 minutes

On l’a annoncé pour demain, puis pour après-demain, puis pour maintenant, puis… on n’a plus rien dit tout en comptant les jours, les semaines, les années et en attendant de voir le premier signe du COSMOS-Standard sur les étiquettes de nos cosmétiques.
Rien encore à l’horizon, et pourtant… À l’occasion d’une conférence de presse organisée par Cosmébio (l’Association Professionnelle de Cosmétique Écologique et Biologique) pour célébrer ses dix ans d’existence, la question a reçu une réponse catégorique : ça vient !

Petit rappel : le COSMOS-Standard doit être l’aboutissement d’un (long) travail d’harmonisation entre les différents labels régissant les cosmétiques naturels et biologiques en Europe. Un seul référentiel et des critères techniques communs devant permettre d’uniformiser l’offre et de clarifier les messages auprès des consommateurs.
Avec autour de la table des négociations Cosmébio, BDIH, Ecocert, Icea et Soil association, les discussions furent longues (le travail a commencé en 2002), souvent tendues (aboutissant à une sécession de certains acteurs partis créer le label NaTrue) en plus d’être très techniques.

Un référentiel a tout de même fini par être publié en 2011, les statuts déposés, les organismes de certification homologués… et les processus de certification ont commencé. Mais on ne voit toujours rien sur les étiquettes ?
C’est que les choses ne sont pas si simples.

Les ingrédients d’abord

C’est qu’avant de certifier les produits finis, il fallait d’abord commencer par agréer les matières premières autorisées à rentrer dans leurs formulations.
Or le référentiel du COSMOS-Standard introduit quelques évolutions qui ne sont pas sans conséquence en la matière, et en particulier le fait que les ingrédients d’origine végétale transformés (émulsifiants, tensioactifs, etc.) devront autant que faire se peut être également issus de l’agriculture biologique.

C’est donc tout ce travail d’agrément des matières premières qui a commencé en 2011 : “150 sont approuvées à ce jour”, a indiqué Betty Santonnat, Secrétaire Générale pour la gestion journalière de COSMOS-Standard AISBL.
150, c’est encore bien peu… et pas suffisant : “Nous sommes dans une période de transition”, explique Betty Santonnat, “où pourront être certifiés les premiers produits selon le référentiel Cosmos, parallèlement à ceux répondant aux anciens critères”.

Les produits ensuite

Fin de cette période de transition : le 1er janvier 2015. À cette date, tous les produits bio labellisés Cosmébio devront satisfaire aux exigences du COSMOS-Standard.
Alors, à quand le premier cosmétique bio du Cosmos ? “Il devrait arriver sur le marché français courant 2012”, promet Betty Santonnat. “15 à 20 sociétés françaises ont déposé des demandes pour la certification”.

On ne demande qu’à y croire !
D’autant que si on l’attend tant, ce nouveau standard, c’est qu’il promet toute une série de critères plus exigeants que les référentiels actuels.
Ne serait-ce que le pourcentage minimal d’ingrédients bio qui passera de 10 à 20 % du produit fini. Ou encore l’institution de l’obligation (qui n’est qu’une “incitation” aujourd’hui) d’utiliser un actif végétal biologique quand il est disponible. Ce qui devrait marquer la fin de ces formules labellisées biologiques où un seul ingrédient l’est (en général un hydrolat ou une eau florale assez bon marché) à hauteur de 10 % pour pouvoir obtenir la certification, mais où tous les autres ingrédients, même végétaux, ne le sont pas.

Plus de qualité, plus de cohérence, plus d’engagement dans la cosmétique biologique… c’est tout cela qu’on attend du COSMOS-Standard. Et qu’il va donc falloir (oui, encore) attendre un peu…

LW

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