jeudi 26 août 2021Actus produits

Le phénomène blue beauty

Le phénomène blue beauty

Impossible d’y échapper en 2021 ! À croire que si un solaire ne comporte pas la mention “Ocean Respect” ou “Coral safe”, il ne pouvait pas se vendre cet été ! Les marques travaillent d’arrache-pied pour réduire l’empreinte aquatique de leurs produits. Et nous, entre protéger sa peau et respecter l’environnement marin, on ne choisit plus ! Mais la blue beauty ne s’arrête pas aux solaires. Elle commence à débarquer dans le soin et le maquillage…

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Foisonnement de vagues, algues, branches de corail, macarons divers et variés qui vont du “testé en conditions marines” à “Ocean protect”, en passant par “Reef ou coral friendly”… la blue beauty (pour ceux qui l’ignorent encore, c’est celle qui respecte les océans !) bat son plein cet été.
En toute logique, c’est d’abord aux solaires qu’elle profite, ce qui suppose des formules clean qui ont démontré leur absence d’impact néfaste sur l’environnement aquatique, mais aussi des conditionnements vertueux.
Les formules biodégradables et les filtres solaires éco-testés et non controversés (sans octinoxate, oxyenzone ou octocrylène) ciblent 100 % du spectre solaire (ce qui inclut les UVB, les UVA courts et longs mais aussi la lumière bleue). Les produits sont water résistants et restent à la surface de la peau.

Les emballages aussi sont écoconçus et plus durables : flacons en aluminium ou plastique 100 % recyclé et recyclable (Spray Solaire Familial Haute Protection Visage et Corps SPF 50 certifié bio Alphanova Sun, 150 ml, 23,90 € ; Lait Haute Protection Éco-Conçu FPS 50 visage et corps Garnier Ambre Solaire, 200 ml, 11,90 €), tubes intégrant du carton, soit 45 % de plastique en moins (Anthelios Lait hydratant Ultra Protection Ultra Résistance SPF 50+ ou 30 La Roche-Posay, 250 ml, 18,20 € ; Lait solaire éco-conçu SPF 50+ Visage et Corps Capital Soleil de Vichy, 200 ml, 23,60 € ou tube 75 ml, 14,10 €).

Enfin, les marques nouent des partenariats pour nettoyer les plages, régénérer les écosystèmes marins et préserver les océans (Plastic Odyssey, Ocean Conservancy, Surfrider Foundation, Spéro Maré, Fondation Tara Ocean, Pur Projet, Coral Guardian…). Au lieu de passer en revue tous les solaires qui se prévalent de la blue beauty, il est plus intéressant d’évoquer les innovations des acteurs les plus importants dans ce domaine, ceux qui font les plus gros volumes. Force est de constater que les plus grands groupes (L’Oréal, Pierre Fabre, Beiersdorf) ont vite réagi pour s’adapter aux nouvelles exigences.

Un des pionniers de la blue beauty

La Blue Beauty est au cœur de l’ADN de Biotherm, un juste retour des choses puisque la marque, avec son probiotique Plancton de Vie™ 100 % naturel, vient de la vie aquatique et marine. En 2020, la marque avait obtenu le rigoureux écolabel Nordic Swan pour ses laits solaires Waterlover Sun Milk SPF30 et SPF50. Elle sera la première marque du Groupe L’Oréal à bénéficier de la technologie unique de bio-recyclage enzymatique de Carbios qui permet de recycler le plastique à l’infini (alors qu’avec les techniques actuelles, la plupart des plastiques ne peuvent être recyclés que deux ou trois fois). La technologie de recyclage transformationnelle de Carbios utilise des enzymes d’origine naturelle pour décomposer le plastique PET en ses éléments constitutifs et obtenir une qualité de plastique vierge, comme neuf. Le processus de Carbios vise à maintenir le plastique dans une boucle circulaire, un excellent moyen pour préserver les ressources. Il s’agit d’une étape majeure dans l’évolution de l’utilisation du plastique PET de qualité alimentaire et d’une première mondiale dans le secteur de la beauté.
Fin juin 2021, Biotherm dévoilait donc le flacon du futur avec son premier lait solaire Waterlover en plastique 100 % bio-recyclé (mise en production courant 2025). Une évolution qui fait passer Biotherm d’une marque aux engagements forts (depuis 2012, son programme Water Lovers s’attache à sensibiliser le public à la préservation des océans) à une marque entièrement durable.
Pour l’heure, ses nouveaux Laits Solaires Protection et Hydratation Waterlover SPF30 & SPF50+ visage et corps (200 ml, 30 € ou 400 ml, 44 €) sont conditionnés dans des tubes mixtes carton et plastique. Le format 400 ml, lui, est disponible dans un flacon en plastique PCR 100 % recyclé et recyclable.
Quant aux formules, elles sont biodégradables à 94 %. La marque ambitionne d’atteindre 100 % de PET recyclé pour fin 2021. D’ici 2025, 100 % de ses emballages plastiques seront réutilisables, recyclables ou rechargeables (le plastique bio-recyclé de Carbios sera utilisé à grande échelle).

Des filtres solaires plus safe

De son côté, Eau Thermale Avène affiche “skin protect ocean respect” dans son dernier solaire vraiment universel (Intense Protect Fluide ultra résistant à l’eau SFP 50+, bébés, enfants, adultes, visage et corps, 150 ml, 18,90 €) qui intègre un nouveau filtre solaire ultra-large spectre (ce qui inclut la lumière bleue haute énergie visible), issu de la Recherche Pierre Fabre, le TriAsorB™. Ce dernier a été testé non toxique sur trois espèces-clés de la biodiversité marine : corail, phytoplancton et zooplancton.

C’est aussi le cas de l’Eau Solaire protectrice biodégradable SPF 50+ Sun Secure du Laboratoire Dermatologique SVR (200 ml, 19,90 €) qui s’est révélée non toxique sur les algues et les invertébrés aquatiques.

Signalons encore la nouvelle gamme Sun Sensitive de Lancaster aux packaging éco-conçus (Lait Non Gras SPF 50, 150 ml, 36,90 € ; Spray Lacté Résistant à l’eau Enfants visage et corps SPF50+, 150 ml, 36,90 €), dédiée aux peaux sensibles et aux enfants, l’une des plus sensorielles (aucun doute que celle-là, on aura envie de la réappliquer !). Les formules épurées, clean & ocean friendly, contiennent des filtres solaires non solubles dans l’eau (sans oxybenzone, octinoxate, octocrylène, homosalate et sans nanoparticules). Le parfum délicieux est exempt d’allergènes étiquetables.

Des formules certifiées bio respectueuses des fonds marins

C’est le cas des nouveaux solaires Patyka (Spray Solaire Corps certifié bio SPF 50+ ou 30, Adultes & enfants, 100 ml, 29,90 € ; Crème Solaire Visage certifiée bio SPF 50+ ou 30, 40 ml, 29,90 € ; Gel Lacté Après-Soleil, 150 ml, 29,90 €). Mention spéciale à leur composition sans nanoparticules, enrichie en hydratants (acide hyaluronique, Aloe Vera bio) et antioxydants puissants (extrait de pongamia obtenu à partir des graines de karanja et micro-algue verte à teneur élevée en astaxanthine). Les formules éco-conçues sont biodégradables et résistantes à l’eau. Les filtres minéraux non hydrosolubles (donc non assimilables par les organismes vivants) respectent les algues et les coraux.

On retiendra aussi la gamme Alga Maris des Laboratoires de Biarritz (Spray Solaire SPF50+ Visage et Corps certifié bio, 100 ml, 21,90 € ; Crème Solaire Visage teintée SPF 50 certifié bio, 50 ml, 22,90 €) et Alphanova Sun, adhérent de 1 % pour le corail et qui aide à récolter les déchets plastiques provenant des plages et des océans (Spray Solaire Monoï Haute Protection Visage et Corps Bio SPF 50, 125 ml, 19,90 €).

Même combat pour Acorelle, engagée aux côtés de 1 % For the Planet et soutenant plus spécifiquement l’action de Surfrider Foundation Europe. La marque agenaise propose un Spray Solaire Bio (SPF 50, 100 ml, 22 € ou SPF 30, 100 ml, 20,50 €), dont le filtre minéral est enrobé d’une matière hydrophobe pour rester à la surface de la peau ainsi qu’à celle de l’eau et ainsi préserver la santé des coraux. Il intègre en outre une synergie anti-oxydante de pointe sélectionnée pour sa biodégrabilité optimale (Api Oléo Actif™ composé de pollens et propolis, huile de karanja bio, extrait de curcuma bio, huile de pépins de Framboise…). On retrouve les pollens et la propolis, associés à l’Aloe Vera, au Bisabolol et à la glycérine dans la Gelée Rafraîchissante Après-Soleil (tube en plastique végétal biosourcé 150 ml, 13,75 €). Acorelle propose également une des premières écorecharges solaires (Spray Solaire Enfants SPF 50, 150 ml, 21,75 €).

Oolution préfère utiliser les filtres végétaux (présents dans les huiles de karanja, de buriti, de framboise et de noix de coco) qui, selon la marque et les tests effectués par un laboratoire indépendant, “assurent un indice de protection supérieur à 20 pour l’huile et 30 pour le Baume”. Bien sûr, comme le reconnait leur créatrice, Anne-Marie Gabelica, “ce ne sont pas des produits solaires au sens défini par la règlementation cosmétique car ils contiennent des ingrédients végétaux non encore reconnus par les autorités sanitaires comme des filtres solaires. Pourtant, les molécules contenues dans notre synergie de végétaux bio permettent d’absorber les rayonnements solaires, tout comme le font les filtres solaires habituels. C’est le même mode de fonctionnement d’un point de vue physique mais sans les risques associés aux filtres conventionnels car ces molécules filtrantes ont été naturellement synthétisées par des plantes pour protéger leur ADN des UV. Nous les avons sélectionnées, assemblées et concentrées de façon à ce qu’elles constituent notre filtre solaire 100 % végétal”. Il est vrai que les deux produits ne contiennent pas moins de 49 huiles végétales de première pression à froid ! (Hello Sunshine Huile Protectrice corps et visage et No Ray Baume Protecteur Corps, 100 ml, 45 € chaque). Dernier détail : les packagings sont consignés.

Les premiers solaires qui préservent le microbiome cutané

On les doit à Nivea Sun et à Korres. Le premier explique que “l’océan modifie le microbiote. Des chercheurs ont en effet analysé la peau, sans crème solaire, de différents baigneurs plongés dans l’Océan une dizaine de minutes. Leur microbiote cutané, différent à l’origine pour tous, tendait à se rapprocher… et à contenir des bactéries venues de l’océan ! Mais pas de panique, au bout de 6 heures, les volontaires avaient retrouvé leur microbiote d’origine”. Quoi qu’il en soit, l’été, entre la surexposition solaire, le sable, le chlore, l’eau de mer, l’utilisation de solaires… le microbiome est mis à rude épreuve. Les nouvelles formules Protect & Hydrate protègent la peau et agissent en équilibre avec son microbiome en garantissant que la couche invisible de bactéries naturelles sur la peau est bien conservée. En effet, utilisées sur la peau, les formules n’altèrent pas le nombre de cellules bactériennes présentes en surface et maintiennent ainsi l’équilibre naturel du microbiome de la peau. De plus, l’hydratation assurée durant 48 heures protège aussi par ricochet la barrière protectrice. Les formules clean et minimalistes (57 % de filtres UV en moins pour la même protection garantie) “respectent la loi d’Hawaï sur la protection des coraux et ne contiennent pas de filtres suspectés d’abîmer les fonds marins (Octinoxate, Oxybenzone et Octocrylène)”. Facilement biodégradables, elles sont conditionnées dans des packagings en PET recyclé à 95 % (Spray Protect & Hydrate FPS 50+, 200 ml, 11,90 € ou FPS 30, 200 ml, 11,50 € ; Lait Protect & Hydrate FPS 30, 200 ml, 11,30 €).

De son côté, Korres crée une nouvelle gamme solaire au vrai yaourt comestible (surdosé en probiotiques) et au bio-ferment de sauge sclarée (Crème-Gel Solaire au Yaourt SPF 30, 40 ml, 19 € ; Spray Émulsion Solaire Yaourt Visage & Corps SPF50 ou SPF 30, 150 ml, 23 € ; Stick Lèvres Yaourt SPF 20, 4,5 g, 6,40 € ; Gel Fraîcheur Après-Soleil Yaourt Visage & Corps Korres, 150 ml, 19,90 €). La marque grecque s’engage pour reboiser les forêts sous-marines de Posidonie de Méditerranée en nouant un partenariat avec Archipelagos, l’Institut de Conservation des Fonds Marins, afin de contribuer à la protection de la biodiversité des mers grecques.

Quand l’océan inspire le make up et le soin

La blue beauty commence aussi à déferler sur le make up et le soin. Dans la première catégorie, on trouve la nouvelle ligne Sea de Tarte (chez Sephora) formulée avec des plantes marines et des algues, et décorée d’étoiles de mer, coraux ou hippocampes (Super Curl Volumizing Mascara, 25 €, Super Curl Waterproof Gel Liner, 22 €, Breezy Cream Blush ou Breezy Cream Bronzer, 33 €, H20 Gloss, 23 €). Le clou de la gamme ? La Palette en forme de coquille Be a Mermaid & Make Waves Eyeshadow Palette (42 €, 14 nuances). Mais la marque américaine fondée par Maureen Kelly propose aussi dans cette gamme des sérums “sirène” (Mermaid Skin Hyaluronic H20 Serum, Sérum hydratant, 30 ml, 46 € ; Deep Sea Vegan Collagen Super Serum, 30 ml, 40 €), des brumes rafraîchissantes ou des masques-gelée pour les lèvres (Jelly Glaze Anytime Lip mask, 16 €).

Toujours dans le soin, on peut aussi citer les deux produits de Ren Clean Skincare, très impliqué dans la lutte antiplastique des océans. Sa Crème Corps Énergisante aux algues de l’Atlantique et au Magnésium (200 ml, 32 €) et son Gel Douche Énergisant (300 ml, 25 €) ont été fabriqués en partie avec du plastique récolté dans les océans par TerraCycle. Même leur pompe sans ressort peut être entièrement recyclée.

Du côté de l’hygiène, les éditions Océans de la gamme Vague d’Hydratation aux algues marines et eucalyptus de Love Beauty and Planet, sont, elles aussi, conditionnées dans des bouteilles en plastique récolté sur le littoral asiatique et recyclables (Gel Douche, 400 ml, 4,99 € - 5,20 € ; Shampoing et Après-Shampoing Hydratant, 400 ml, 6,99 € - 7, 20 €).

Enfin, les Laboratoires de Biarritz lanceront la gamme Hydra-Protect+ qui hydrate intensément pendant 24h, protège des agressions du quotidien (lumière bleue, pollution, stress) et prévient le vieillissement cutané (Sérum Repulpant Visage, 50 ml, 26,90 € ; Fluide Hydratant Visage, 50 ml, 18,90 € ; Crème Hydratante Visage, 50 ml, 19,90 € ; Crème de Nuit Régénérante, 50 ml, 24,90 € ; Contour des Yeux Revitalisant, 15 ml, 16,90 € ; Crème Protectrice Mains, 50 ml, 8,50 € ; Crème Nourrissante Corps, 200 ml, 15,90 €). Tous les soins certifiés bio sont formulés à base d’algues, comme par exemple l’Alga-Gorria® (un extrait breveté d’algue rouge, puissant antioxydant déjà présent dans la gamme solaire) ou un dérivé d’acide aminé issu d’un microorganisme (Halomonas elongata) qui vit dans des conditions extrêmes (mer à haute salinité, eaux profondes, glace arctique, sources d’eau chaude…). Les packagings primaires et secondaires sont entièrement recyclables et la marque basque fait partie depuis 2020 du collectif 1 % pour la planète.

Ariane Le Febvre
© 2021  CosmeticOBS

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