dimanche 3 octobre 2010L'ingrédient du mois

L'acide hyaluronique

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On ne vante plus les mérites de l’acide hyaluronique dans la lutte contre les signes de l’âge. En injection, il représente une des  interventions de comblement des rides les plus pratiquées aujourd’hui dans les cabinets des dermatologues, avec des résultats très performants, même s'il ne durent que quelques mois. Mais a-t-il autant d’intérêt en application cutanée via un cosmétique ?

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On ne compte plus les crèmes ou sérums "anti-âge" à base d’acide hyaluronique. Ce composé, réputé pour son efficacité en injection, est devenu un actif cosmétique en vogue, suscitant un engouement qui ne se dément pas depuis plusieurs années.
Nul doute que les services marketing ont joué leur rôle dans le boom de l’acide hyaluronique cosmétique : ses performances dans les cabinets médicaux lui assurent en effet une image de technicité et une "caution dermatologique" très porteuse… au point qu’on oublie parfois de se demander s’il peut faire de l’extérieur ce qu’il fait à l’intérieur, même si on est prêt à payer parfois assez cher un produit qui en contient.

Qu’est-ce que c’est ?

L’acide hyaluronique a été identifié pour la première fois dans les années 30. Ce glycosaminoglycane de la famille des polysaccharides est naturellement présent dans l’organisme humain. Cette substance de texture vitreuse et transparente se retrouve ainsi autour des articulations, dans les muscles, dans l’œil… mais la peau est l’organe qui en contient le plus.
Il contribue à former son tissu conjonctif (au côté, entre autres, d’une bonne quantité d’eau) qui soutient les fibres de collagène et d’élastine formant les différentes couches de la peau. Il joue ainsi un rôle fondamental dans sa densité et sa tonicité.

Le problème est qu’au fil du temps, du vieillissement de la peau, des atteintes répétées des radicaux libres… le taux d’acide hyaluronique naturel tend à diminuer, en qualité mais surtout en quantité. Décidément, cette substance aime la jeunesse : à 50 ans, on aurait déjà perdu 50 % de notre capital en acide hyaluronique ! Résultat sur la peau : déshydratation, finesse accrue et relâchement s’accentuent, avec leurs corollaires inévitables en forme de ridules puis de rides et d’affaissement général.

Comment agit-il ?

L’acide hyaluronique a une caractéristique précieuse : il est hydrophile. Ce qui signifie qu’il attire l’eau et la retient, à l’instar d’une éponge, contribuant à préserver la souplesse et le volume de la peau.

Selon la taille de ses molécules, l’acide hyaluronique peut jouer plusieurs rôles en application cutanée.
• L’acide hyaluronique de grand poids moléculaire (le même à peu près que celui de la peau), reste en surface de l’épiderme. Il booste l’hydratation des couches superficielles de la peau, assurant un effet repulpant et tenseur.
L’acide hyaluronique de plus petit poids moléculaire va, lui, pouvoir traverser la barrière épidermique et pénétrer jusqu’à la base de la structure cornée, pour revitaliser la peau plus en profondeur. Dans ce cas, une application cutanée de cet actif contribuerait également à stimuler la synthèse de l’acide hyaluronique naturel.

Dans tous les cas, son action, même si elle est moins spectaculaire que lorsqu’il est injecté, est réelle.

Comment l’obtient-on ?

L’acide hyaluronique n’est pas l’apanage des humains : on le retrouve également dans nombre d’organismes vivants.
Dans un premier temps, il a ainsi pu être extrait des crêtes de coq, de l'humeur vitrée de l'œil de bœuf ou encore de la peau de requin…

Mais les ingrédients d’origine animale n’ont pas bonne presse, en plus, dans ce cas précis, d’être d’un coût de production assez élevé. Les laboratoires de recherches ont donc travaillé à la reproduction de cette molécule, qui est obtenue aujourd’hui principalement par biotechnologie, synthétisée par des bactéries ou par la fermentation de levures.
On obtient ainsi une copie fidèle de l’acide hyaluronique naturel, à un prix bien inférieur, ce qui rend à la fois cet actif plus "fréquentable" et à la disposition de tous les laboratoires cosmétiques.
On le trouve ainsi de plus en plus dans nos produits anti-âge, sous sa forme pure (Hyaluronic acid) ou de sel (Sodium hyaluronate…).

A-t-il des effets indésirables ?

Parfois déconseillé en injection, notamment aux "grands allergiques" ou aux porteurs de maladies auto-immunes, l’acide hyaluronique semble dénué d’effets secondaires indésirables en cosmétique.
Il fait ainsi figure d’actif bien toléré par toutes les peaux, et ne semble pas doté d’un potentiel sensibilisant.

On peut s’interroger sur son efficacité lors de l’utilisation en cosmétique. Aucune étude n’a pour l’instant établi s’il est aussi efficace qu’en injection, même en utilisation quotidienne.
Réputé sans danger cependant, l’acide hyaluronique (qui peut également être agréé par les chartes bio) semble donc pouvoir être accepté sans réserve dans nos produits… mais peut-être pas à n’importe quel prix. En matière de cosmétiques anti-âge, une bonne formule est toujours préférable à un joli discours marketingo-scientifique appuyé d’un coût surévalué : non, ce n’est pas forcément parce que c’est plus cher que c’est plus performant, même si cet a priori est encore bien présent dans l’inconscient des consommateurs…

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