samedi 5 décembre 2009L'ingrédient du mois

Le Glycérol (Glycerin)

Le glycérol, un liquide sirupeux et visqueux, incolore et inodore... mais très hydratant.

Pas un hydratant qui n’en contienne. Pas une crème de soin, un lait pour le corps, un masque, un savon ou un dentifrice qui ne l’intègre à sa composition. On en trouve aussi dans les gels douche, les shampooings, les démaquillants, les sérums, les contours des yeux… Mais qu’est-ce donc que ce glycérol (non INCI : Glycerin) si présent dans nos cosmétiques ?

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Le glycérol (communément désigné sous le terme de glycérine) est un polyol (une famille d'édulcorants). On l’identifie aussi sous les noms de propane-1,2,3-triol, 1,2,3-propanetriol, 1,2,3-trihydroxypropane, glyceritol ou glycyl alcohol.

Pour les chimistes, il s'agit d'un trialcool de formule CH2OH-CHOH-CH2OH. Naturellement présent dans l'organisme, c’est un composant important des graisses (glycérides et phospholipides). Il est composé d’une chaîne de trois atomes de carbone, chacun d’entre eux ayant la propriété de se lier avec un acide gras pour former un mono, di ou triglycéride.

Il se présente sous la forme d'un liquide sirupeux et visqueux, incolore, inodore mais à la saveur sucrée.

Synthétique, animal ou végétal ?

Il peut être obtenu par plusieurs biais.

À la base, il s’agit d’un sous-produit de la saponification des corps gras (animaux ou végétaux) réalisée lors de la fabrication de savons, une réaction qui peut se résumer par : corps gras + soude = savon + glycérol.

Il peut aussi provenir de la transestérification d’huiles végétales (noix de coco, palmiste, olive, colza, palme…) ou animales.

Il est aujourd’hui également très souvent obtenu par la synthèse de dérivés pétrochimiques.

Du glycérol se forme aussi durant la fermentation du raisin lors de la production de vin.

À noter que la seule mention de "Glycerin" (son appellation réglementaire selon la nomenclature officielle des ingrédients cosmétiques) dans la composition d’un produit ne permet pas de déterminer sa provenance. Certaines étiquettes, pourtant, le précisent, particulièrement (marketing aidant) quand le glycérol est d’origine végétale…

Il faut savoir aussi que selon son mode d’obtention, le glycérol peut être une matière première plus ou moins onéreuse pour un fabricant.

Champion de l’hydratation… entre autres applications

Le répertoire des ingrédients cosmétiques attribue au glycérol pas moins de huit fonctions.

C’est d’abord pour ses propriétés hydratantes et émollientes (adoucissantes et assouplissantes de la peau) qu’il est mis en œuvre dans nos produits de soins, d’autant que c’est aussi un humectant (qui maintient la teneur en eau d'un cosmétique dans son emballage comme sur la peau).

Il est ainsi utilisé pour prolonger le pouvoir hydratant d'une crème ou d'un gel (son effet serait sensible sur près de 24 heures), retenir l'eau au niveau de l'épiderme et ainsi prévenir sa déshydratation, et ce d’autant plus volontiers qu’il joue aussi le rôle d’émulsifiant, et se mélange aussi bien avec l’eau qu’avec l’alcool.

Il est également employé pour ses propriétés de solvant inodore.

Dans les dentifrices et les soins d’hygiène buccale, il a meilleur goût et est plus soluble que le sorbitol qu’il remplace souvent.

Il interviendrait également en tant qu’antiseptique, ayant une action bactéricide par déshydratation des bactéries, et contribuant ainsi à une utilisation moindre de conservateurs.

Le glycérol connaît aussi de nombreuses applications en dehors du domaine cosmétique.

Il améliore l'onctuosité et la lubrification des préparations pharmaceutiques (suppositoires, sirops…), il joue le rôle de plastifiant dans la fabrication du papier, de lubrifiant dans les fluides antigel ou les tuyauteries, assouplit les fils textiles…

Également présent dans nos aliments, il figure sur la liste des additifs alimentaires autorisés, sous le code de E 422, en tant qu'agent de charge et humectant, solvant et support d'additifs, y compris les denrées alimentaires certifiées AB (Agriculture Biologique).

Tout bon… ou presque !

Ingéré en grandes quantités et de façon répétée, le glycérol, dont le pouvoir laxatif est avéré, peut provoquer des désordres intestinaux. Il est aussi suspecté d’endommager les reins. Mais son utilisation en faibles doses en alimentaire a été jugée assez sûre pour qu’il ne soit pas soumis à des restrictions d’utilisation ni qu'une DJA (Dose Journalière Admissible) soit spécifiée.

En cosmétique, on lui attribue un potentiel toxique quasiment nul. Toutes les études réalisées à son sujet montrent une absence d’effets cancérogènes ou reprotoxiques, aucune incidence sur le développement prénatal ni de caractère mutagène.

Doté d’autre part d’un bon indice de biodégradabilité, il n’est pas considéré non plus comme polluant pour l’environnement.

En utilisation cutanée, il est réputé être très bien toléré par la peau, ce qui en fait un actif de choix pour les produits hypoallergéniques, ou à destination des peaux sèches et sensibles.

Il est doté d’un potentiel irritant pourtant, notamment pour les yeux, mais qui, il faut le préciser, est d’une incidence très faible.
Il peut être aussi source d’allergies, qui, si elles restent assez rares, sont alors sévères.

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