jeudi 5 mai 2011L'ingrédient du mois

Les corps gras

©Thinckstock

Avec l’eau, les corps gras constituent la base de très nombreux cosmétiques. Crèmes, laits pour le corps, sérums, maquillage, gommages, gels-douche et shampooings… tous peuvent en contenir plus ou moins. Et une petite revue de détail des quatre principales familles utilisées dans nos produits d’hygiène et de beauté n’est pas inutile pour choisir ce qui convient le mieux à chacun.

Temps de lecture
~ 7 minutes

En fonction de leur origine, les corps gras sont dotés de propriétés (et d'éventuelles réactions indésirables associées) bien différentes. Sur la peau, pour la santé ou pour l’environnement, le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas la même chose ! Et, il faut le souligner, chacune des quatre catégories utilisées en cosmétique peut comporter des inconvénients, à un titre ou à un autre.

Les corps gras d’origine minérale

• Leur origine
Les huiles et cires minérales sont des composés issus de l'industrie pétrochimique, extraits du pétrole.

• Leur fonction
Elles font office d’excipient très bon marché pour de nombreux produits, tout en étant dotées de propriétés hydratantes.

• Leur chef d’accusation
Les huiles et cires minérales sont évidemment fortement polluantes pour l'environnement, comme tous les dérivés du pétrole.

Selon leur degré de raffinage, elles sont classées de 3 (substances dont la cancérogénicité n'a pas pu être démontrée pour l'homme) à 1 (substances cancérogènes pour l'homme) par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer). Celles utilisées en cosmétique font partie des plus raffinées, et donc des moins potentiellement toxiques pour l'organisme.

Leur ingestion peut s'avérer toutefois plus problématique pour la santé, d'autant qu'elles ont la faculté de s'accumuler dans certains organes (notamment dans le foie, les ganglions lymphatiques et la rate). Le risque paraît limité, un produit cosmétique n'étant pas destiné a priori à être mangé… Mais il existe cependant, les huiles minérales étant par exemple assez présentes dans les rouges à lèvres. Dans ce cas, les doses susceptibles d'être avalées sont évidemment assez faibles. Elles peuvent être plus importantes dans les crèmes pour le buste destinées aux jeunes mamans. Une mise en garde a ainsi été lancée par l'Office fédéral de la santé publique suisse aux femmes allaitantes, ces substances pouvant être transmises alors au bébé par contact buccal direct.

geopappas En cosmétique, les corps gras d’origine minérale sont utilisés pour leurs propriétés occlusives : formant comme un film étanche sur l’épiderme, ils préservent son hydratation de façon très efficace, ce qui peut éventuellement rendre des services aux peaux très sèches.
Mais ce faisant, elles sont également comédogènes, susceptibles de boucher les pores de la peau, ce qui favorise l'apparition de boutons et points noirs, ou encore de dermatoses en cas d'utilisations répétées, à plus ou moins long terme.

• Leurs appellations INCI
Les composés d’origine minérale sont assez nombreux en cosmétique. Les corps gras utilisés le plus fréquemment :

• Cera microcristallina
• Ceresin
• Hydrogenated polyisobutene
• Isododecane
• Isohexadecane
• Ozokerite
• Paraffin
• Paraffinum liquidum
• Petrolatum
• Synthetic wax

Les silicones

• Leur origine
Les silicones sont des composés synthétiques à base de silicium et d'oxygène formant des polymères aux molécules de grandes dimensions. Elles peuvent être de structures et de textures variées, allant du plus fluide (huiles) au plus rigide en passant par des états visqueux, résineux, pâteux, cireux…

• Leur fonction
Quasi-incontournables des produits capillaires où elles sont mises en œuvre pour leurs propriétés gainantes de la fibre capillaire, assurant ainsi des démêlages faciles et des touchers soyeux, de la brillance et des fixations performantes, elles entrent aussi largement dans la composition des crèmes où elles permettant des textures fluides et douces qui s’é pgm talent bien.

• Leur chef d’accusation
Les silicones ne semblent pas présenter d’inconvénients réels pour la santé humaine et respectent plutôt bien la peau. Elles sont généralement considérées comme plutôt sûres d’emploi en utilisation cosmétique. Quelques cas d’allergies ont été rapportés mais ils sont très rares.

Leur principal handicap est qu’elles s’avèrent très peu biodégradables, et donc très polluantes pour l’environnement.

• Leurs appellations INCI

Elles sont nombreuses (très !), mais ont toutes ont une racine commune qui se retrouve dans leur dénomination officielle :

• Tous les composés dont une partie du nom se termine par –icone (Dimethicone…)
• Tous les composés dont une partie du nom se termine par –siloxane (Cyclopentasiloxane…)

Les huiles végétales

• Leur origine
Elles proviennent de fruits, de noix, de fèves, de graines, de noyaux, de céréales… enfin de tout ce que le règne végétal peut offrir de matières grasses.

• Leur fonction

Préservant l’hydratation cutanée et nutritives, elles ajoutent à leur action émolliente (qui adoucit et assouplit la peau) l’apport de la richesse de leur composition en acides gras essentiels, vitamines, antioxydants, polyphénols et autres stérols…

fotolia_2727368_subscriptio Chacune peut avoir un intérêt particulier, et être indiquée plus particulièrement pour le soin de telle ou telle peau, de tel ou tel type de cheveux. Retrouvez leurs principales indications dans l'article "Quelle huile végétale pour quoi faire ?" dans la rubrique Bien utiliser ses cosmétiques.

• Leur chef d’accusation

Elles représentent l’alternative naturelle et nutritivement intéressante aux corps gras d’origine minérale et synthétique. Et c’est vrai qu’elles constituent réellement, à l’inverse des ces composés, les premiers actifs d’un cosmétique, bien au-delà d’une simple fonction d’excipient.

La seule critique qu’on peut formuler à leur encontre est que quelques-unes d’entre elles peuvent réactiver une allergie, par exemple alimentaire, en envoyant au système immunitaire, par le biais des cellules cutanées, un message identique à celui qui est transmis en présence de l’allergène. Le risque n’est pas des plus présents, mais il existe.

• Leurs appellations INCI
Les principales sources de réactions indésirables de type allergique, pour les personnes sensibilisées :

• Arachis hypogaea oil : Huile d’arachide
• Triticum vulgare germ oil, Hydrogenated wheat germ oil : Huile de germe de blé
• Glycine Soja Oil, Hydrolyzed soy : Huile de soja
• Sesamum indicum seed oil : Huile de sésame

Les corps gras d’origine animale

• Leur origine
Pour un ingrédient cosmétique, il y a origine animale et origine animale. En particulier, il y a les productions qu’on prélève sans porter atteinte à l’animal lui-même et les matières premières extraites d’animaux vivants ou morts. C’est dans cette deuxième catégorie que s’inscrivent tous les corps gras d’origine animale utilisés en cosmétique.

• Leur fonction
Matières premières bon marché, les corps gras animaux sont principalement utilisés pour leurs fonctions hydratantes, humectantes et émollientes.

• Leur chef d’accusation
Le glycérol (ou glycérine), excellent hydratant s’il en est, peut provenir de l’hydrolyse de la graisse récupérée sur les carcasses des animaux d’abattoir ou le squalane, autre super-hydratant, de l’hydrogénation du squalène, un composé lipidique présent en grande quantité dans l'huile de foie de requin.
C’est aussi le cas de l’acide stéarique, ou du suif de bœuf qui peut constituer la base des savons…
On voit bien les problèmes éthiques que peut poser l’origine de ces ingrédients, et peut-être davantage encore quand ils sont prélevés sur des espèces menacées, même quand elles sont "protégées" : on trouverait ainsi encore du blanc de baleine dans certains produits.

•  Leurs appellations INCI
La plupart des corps gras d’origine animale peuvent aussi être obtenus de sources végétales et/ou synthétiques. Parmi les "possiblement" ingrédients issus d’animaux :

• Adeps bovis : suif de bœuf
• Aspartic acid : acide aspartique (et tous les dérivés comprenant le mot "aspartate" dans leur nom INCI)
• Glycerin
• Hyaluronic acid : acide hyaluronique (et tous ses dérivés comprenant le mot "hyaluronate" dans leur nom INCI)
• Lanolin : lanoline
• Palmitic acid : acide palmitique (et tous les dérivés comprenant le mot "palmitate" dans leur nom INCI)
• Squalane
• Squalene
• Stearic acid : acide stéarique (et tous ses dérivés comprenant le mot "stearic" ou "stearate" dans leur nom INCI)

© 2011- 2020  CosmeticOBS

L'ingrédient du moisAutres articles

89résultats