dimanche 4 juillet 2010L'ingrédient du mois

Les ingrédients animaux en cosmétique

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On parle souvent, sur les étiquettes ou ailleurs, des tests sur animaux, généralement pour revendiquer leur absence. On évoque beaucoup moins les ingrédients d’origine animale, extraits d’animaux (vivants ou morts) ou issus de leur production. Ils sont pourtant assez largement présents dans nos produits quotidiens.

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Pour un ingrédient cosmétique, il y a origine animale et origine animale. En particulier, il y a les productions qu’on prélève sans porter atteinte à l’animal lui-même et les matières premières extraites d’animaux vivants ou morts.

Les productions animales

Ce sont des produits ou des substances que l’animal produit naturellement, et elles se divisent en deux grandes familles :

Les productions de type physiologique : elles s’inscrivent parfois dans un but de protection comme dans le cas de la lanoline qu’on récupère de la laine du mouton ou de la soie de la chenille du ver Bombyx, ou sont destinées à assurer la survie de l’espèce sous forme d’œuf ou de lait…

Les productions résultant du travail des animaux : celles-là sont fabriquées par les différentes espèces pour satisfaire leurs propres besoins. La ruche fournit ainsi son miel, sa cire d’abeille, sa propolis ou sa gelée royale…
Dans les cosmétiques, ces matières premières peuvent être utilisées à l’état brut ou sous forme d’extrait : on peut ainsi obtenir de l’acide lactique (actif hydratant ou exfoliant selon le pourcentage utilisé) à partir du lait, la lécithine (émolliente et émulsifiante) à partir de l’œuf, etc.
Elles peuvent aussi être transformées pour générer d’autres ingrédients, le même lait étant également à l’origine de l’obtention de yaourt…

Les extraits animaux

Eux sont constitutifs de l’organisme animal et doivent être prélevés directement sur celui-ci. C’est le cas de corps gras largement utilisés en cosmétique et qui peuvent provenir des graisses animales.

Le glycérol (ou glycérine), excellent hydratant s’il en est, peut ainsi provenir de l’hydrolyse de la graisse récupérée sur les carcasses des animaux d’abattoir ou le squalane, autre super-hydratant, de l’hydrogénation du squalène, un composé lipidique présent en grande quantité dans l'huile de foie de requin.
C’est encore le cas de l’acide stéarique et tous ses dérivés, ou du suif de bœuf qui peut constituer la base des savons…

On voit bien les problèmes éthiques que peut poser l’origine de ces ingrédients, et peut-être davantage encore quand ils sont prélevés sur des espèces menacées, même quand elles sont "protégées" : on trouverait ainsi encore du blanc de baleine dans certains produits. 

Origine animale ou végétale ou synthétique ?

La plupart des ingrédients pouvant provenir d’animaux ont leur substitut, végétal ou synthétique. On peut ainsi obtenir de la glycérine à partir du colza ou de dérivés pétrochimiques, de l’acide stéarique à partir des huiles de palme ou de palmiste, tirer du squalane de l’olive…
Mais quelle différence sur l’étiquette d’un produit ? Le plus souvent : aucune.

Car la réglementation cosmétique n’impose pas de mentionner l’origine de l’ingrédient. Qu’elle provienne du colza ou du bœuf, la glycérine sera toujours déclarée sous son seul nom INCI de Glycerin. Qu’il soit issu de l’huile de foie de requin ou de l’olive, le squalane sera toujours du Squalane…

Certaines étiquettes pourtant précisent que le produit est "sans extraits animaux" ou indiquent dans leur argumentaire l’origine végétale de ces ingrédients particuliers. Mais pas toutes.

C’est pourtant un argument marketing  de poids, auquel de plus en plus de consommateurs sont sensibles. Une fondation italienne agissant pour la défense des requins vient ainsi de mettre au point un test permettant d’identifier l’origine du squalane dans un produit cosmétique. Mais la méthode n’est pas encore validée, et encore moins obligatoire.

Des indices pour choisir

On a pourtant quelques moyens de faire son choix si on veut éviter les produits contenant des ingrédients extraits d’animaux.

Il faut savoir d’abord que les ingrédients animaux sont en général bien meilleur marché que leurs substituts végétaux. Une étiquette qui ne donne aucune information sur ce sujet, et d’autant plus si elle est apposée sur un produit pas très cher, peut laisser fortement suspecter une origine animale…

De façon plus positive, on peut aussi faire confiance aux référentiels des cosmétiques biologiques, qui tous (Cosmébio, Ecocert, BDIH, NaTrue, Nature & Progrès…) interdisent les ingrédients extraits d’animaux.
Un seul, le label Vegan, destiné aux végétariens, va encore plus loin, s’interdisant toute matière animale, quelle qu’elle soit.

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