dimanche 9 mai 2010L'ingrédient du mois

Les pierres précieuses

© L'Observatoire des Cosmétiques

Vous rêvez d’or ou de diamant ? Vous pensez bijou ? Et si vous vous tourniez vers les cosmétiques ? Car là aussi, vous y trouverez des pierres précieuses (au moins quelques traces…). Mais quel intérêt ont-elles dans un produit de beauté ? Et leur éventuelle efficacité est-elle sans danger pour la santé ?

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L'utilisation de pierres précieuses en cosmétique est à la mode. Le diamant, l’or, l’argent ou encore le rubis, le topaze ou l’émeraude ne se font plus si rares dans nos pots de crèmes…
Ce n’est pas que leurs pouvoirs magiques et leurs propriétés thérapeutiques soient une découverte. Dès le quatrième millénaire avant Jésus-Christ, on vantait leurs propriétés curatives. Au Moyen-Âge, les alchimistes les intégraient déjà dans leurs onguents de beauté…
On utilisait traditionnellement l’or, l’argent, le lapis-lazuli (l’ultramarine) au bleu vif mais aussi (et encore aujourd’hui) des minéraux un peu moins précieux comme le cuivre, le fer ou l’aluminium en tant que colorants.

Des actifs précieusement magiques

Mais les "vraies" pierres précieuses trouvent aujourd’hui bien d’autres applications et font l’objet de bien d’autres revendications.
C’est d’abord leur teneur en minéraux intéressants pour la peau qui est exploitée. On a ainsi redécouvert la richesse en cuivre de la malachite, en fer de l’hématite, en magnésium de l’olivine, en silicium du jade…  Et on revendique régénération et élasticité.
On sait que la poudre de diamant ou de quartz est abrasive et peut jouer le rôle d’exfoliant (plus glamour que le noyau d’abricot ou que les billes de polyéthylène, on l’admet bien volontiers…).
Mais les services marketing n’hésitent pas à aller beaucoup plus loin, en prêtant des vertus quasi-miraculeuses aux pierres précieuses.
L’ambre serait ainsi à même de lisser et nourrir la peau comme de la protéger des atteintes nocives des rayons solaires : n’est-ce pas là un actif anti-âge très… "précieux" ?

L’éclat des pierres précieuses

L’améthyste serait capable d’"absorber la lumière pour donner à la peau éclat et luminosité". La tourmaline et la malachite auraient le pouvoir de transformer l'énergie lumineuse en un puissant antioxydant, de la poudre de diamant encapsulée dans des polymères sphériques aurait un pouvoir photo-luminescent qui serait de nature à sublimer l’aspect de la peau. Beaucoup de pierres précieuses sont ainsi utilisées pour leur propriété de réflecteur de lumière, qui par effet d’optique, donne l’impression que les rides disparaissent. Comme par magie !
Et la cosmétique ne s’arrête pas là : le saphir serait rééquilibrant, la malachite purifiante, l’améthyste apaisante, la nacre relancerait la production de collagène… Et que dire des miracles qu’on attend des pierres de lune ?

Incontestablement, minéraux et oligo-éléments confèrent à ces actifs une certaine efficacité. Certes, on pourrait trouver les mêmes dans bien d’autres composés, mais une pierre précieuse donne au cosmétique qui la contient ce quelque chose en plus qui touche au luxe.

Poussières de pierres

Du luxe, il faut le souligner, pas forcément très cher. Car n’allons pas imaginer qu’un diamant entier entre dans notre pot de crème. Quelques poussières suffisent… Du coup, le précieux n’est pas l’apanage du luxe : on trouve même en supermarché des gels douche aux éclats de perle.

Et heureusement, finalement, que les pierres précieuses tiennent beaucoup plus de place dans les argumentaires commerciaux que dans les formules. Car tout de même, nous sommes là dans le monde minéral. Qui dit minéral dit métaux. Pas forcément légers… Et si les métaux précieux ne sont pas toxiques en eux-mêmes, il n’en va pas de même de leurs sels. On connaît bien la problématique des sels d’aluminium, qu’en est-il de celle de l’or ou de l’argent ?

Pour mémoire, rappelons-nous la tragique destinée de Diane de Poitiers. Dans sa quête de beauté éternelle, la maîtresse du roi de France Henri II avait l’habitude d’avaler chaque matin au réveil une solution d’or. Des chercheurs de l’hôpital de Garches ont récemment montré que la favorite royale souffrait de ce fait de nombreux symptômes dus à une intoxication chronique à l’or (anorexie, amincissement des cheveux, pâleur du teint, fragilité osseuse…).

Qu’on se rassure, en application cutanée et aux doses infimes où on les trouve en cosmétique, on ne risque pas grand-chose des pierres précieuses… à part peut-être une intoxication chronique suivie d’assèchement irrémédiable de nos porte-monnaie. Mais… plaie d’argent n’est pas mortelle !

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