CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
7 septembre 2010L'ingrédient du mois

Les silicones Ajouter à mon portfolio
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©Thinkstock/L'Observatoire des Cosmétiques

Elles entrent dans la composition de très nombreuses crèmes de soin du visage, paraissent incontournables dans les produits capillaires, shampooings et après-shampooings. On reproche souvent aux silicones d’être des composés synthétiques très peu biodégradables et polluants pour l’environnement. Il y a pourtant bien d’autres choses à savoir sur elles…

Temps de lecture : ~ 5 minutes

Les silicones sont des composés synthétiques à base de silicium (un des éléments les plus abondants dans la croûte terrestre, également naturellement présent dans l’organisme humain et notamment dans les tissus conjonctifs) et d'oxygène.
Leur combinaison, par le biais de procédés chimiques et de synthèse divers, forme des polymères aux structures moléculaires de grandes dimensions.

Suivant la nature du groupe organique et les conditions de polymérisation, les silicones peuvent être de structures et de textures variées, allant du plus fluide (huiles) au plus rigide en passant par des états visqueux, résineux, pâteux ou cireux…
Le terme de "silicone" ne s'applique donc pas à un ingrédient spécifique, mais plutôt à une vaste famille de composés aux propriétés spécifiques… très appréciées en cosmétique.

Performantes de la peau aux cheveux

Les silicones sont très largement mises en œuvre dans les produits de coiffage. Elles sont en effet capables de plastifier une résine de laque, gainer la fibre capillaire, fixer efficacement la coiffure, apporter de la douceur, faciliter le démêlage ou conférer soyeux et brillance à la chevelure.
Difficile aujourd’hui de trouver un produit pour cheveux performant (shampooing, après-shampoing, laque, gel ou mousse) qui ne contienne pas de silicones !

Et elles sont également présentes dans nombre de crèmes de soin pour le visage, où elles permettent des textures fluides et douces, agréables au toucher et qui s’étalent bien.
L’apport en silicium organique qu’elles représentent permet aussi de compenser les carences qui s’accentuent naturellement avec l’âge (à partir de 30 à 35 ans) et les silicones contribuent ainsi à renforcer l’élasticité et la tonicité de la peau, ce qui en fait un actif intéressant dans les produits à visée anti-âge.

Certaines silicones trouvent encore d’autres applications en cosmétique, par exemple en tant que solvant ou support des parfums et des huiles essentielles, également pour l’encapsulation des écrans minéraux dans les produits solaires. 

Une bonne tolérance cutanée

Les silicones sont réputées pour être bien tolérées par la peau. Elles sont non comédogènes. On ne leur connaît pas non plus de potentiel irritant notable, plusieurs expérimentations, menées sur des animaux, ayant conclu à une absence de risque en la matière, tant pour la peau que pour les yeux.

Elles ne seraient pas non plus allergisantes, même si quelques cas d’allergies aux silicones ont été rapportés, qui restent néanmoins extrêmement rares.

Considérées comme sûres d’emploi, mais…

Les silicones dans leur ensemble ont fait l’objet de plusieurs évaluations de sécurité pour la santé humaine, par les experts américains du CIR comme par le CSSC (Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs) européen.

Il ressort d’abord de leurs différentes conclusions que le risque de toxicité par inhalation serait négligeable, d’autant que les silicones entrent dans peu de produits proposés sous forme d’aérosols.

La pénétration cutanée de ces composés serait elle aussi limitée, notamment du fait de leur grande dimension moléculaire. Plusieurs études ont cependant montré que la peau pourrait absorber jusqu’à 0,5 % des silicones présentes dans un cosmétique.
Et si ce chiffre paraît sans conséquence pour nombre de silicones, il mérite qu’on s’y arrête notamment pour la famille des cyclométhicones (qui regroupe la Cyclomethicone elle-même, mais aussi les Cyclotrisiloxane, Cyclotetrasiloxane, Cyclopentasiloxane, Cyclohexasiloxane, Cycloheptasiloxane…).

En effet, eux sont listés dans les CMR (composés cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques) en catégorie 2 des substances suspectées d'être toxiques pour la reproduction humaine.
Un avis du SCCP (ex-CSSC) en date du 22 juin 2010 a toutefois conclu à l'absence de risque pour la santé humaine lié à l'utilisation de ces substances en cosmétique, aux concentrations habituellement mises en œuvre.

Le risque environnemental

Dans ce même avis, le Comité recommande toutefois à la Commission européenne de considérer le risque environnemental lié à l’utilisation de ces silicones en cosmétique…
La famille des cyclométhicones est en effet également classée parmi celles pouvant représenter un danger pour les milieux aquatiques. Et les silicones en général, très peu biodégradables, sont connues pour leur potentiel polluant pour l’environnement.

Peut-on "faire" sans silicones ?

Elles sont souvent présentées comme incontournables, notamment du fait du manque d’ingrédients alternatifs et aussi efficaces d’origine naturelle. La question représente d’ailleurs un vrai casse-tête pour la cosmétique bio qui s’interdit l’usage des silicones et dont on connaît les souvent piètres performances au rayon des produits capillaires.

Depuis peu, une silicone "végétale" est pourtant apparue sur le marché des ingrédients cosmétiques. Obtenue à partir d’algues par biotechnologie, elle représente une alternative intéressante… mais qu’on voit encore bien peu mise en œuvre dans nos produits d’hygiène et de beauté quotidiens !

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