CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
15 mars 2013Publications scientifiques

2 études sur le nano-zinc Ajouter à mon portfolio
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L’une est à classer dans le dossier à décharge, l’autre fera les bonheurs de l’accusation : le nano-zinc n’en finit pas de faire débat, et son procès continue de s’instruire au gré de la publication des études scientifiques menées à son sujet. Les deux dernières en date émanent, pour la première, d’un groupe de chercheurs australiens, et pour la deuxième, de scientifiques coréens.

Temps de lecture : ~ 4 minutes

Effets de la formulation sur la pénétration, dans l’épiderme humain vivant, de nanoparticules d’oxyde de zinc, enrobées et non enrobées, in vivo.

Résumé

L’utilisation d’oxyde de zinc sous forme de nanoparticules (ZnO-NP) dans les produits solaires et dans d’autres produits cosmétiques a soulevé une certaine inquiétude pour la santé publique. Les deux points principaux sont l’importance de l’exposition au ZnO-NP, et l’éventuel risque suivant l’application de ZnO-NP dans les produits solaires et les cosmétiques sur le corps humain in vivo. Nos objectifs étaient d’établir l’exposition selon l’importance de la pénétration de ZnO-NP dans un épiderme vivant, et le risque en fonction des changements du potentiel redox de l’épiderme pour un certain nombre de produits appliqués localement. Nous nous sommes particulièrement intéressés au rôle de l’enrobage, de la formulation mise en œuvre et de la présence de tout renforçateur. La tomographie multiphotons a été utilisée en liaison avec l’imagerie microscopique à temps de vie de la fluorescence (MPT-FLIM), afin d’observer simultanément la pénétration de ZnO-NP et les variations du potentiel métabolique dans l’épiderme vivant de volontaires humains après l’application topique de divers produits à base de ZnO-NP. Le ZnO-NP, enrobé ou non, reste dans les couches supérieures du stratum corneum et dans les sillons de la peau. Nous avons observé une pénétration limitée de ZnO-NP enrobé, dispersé dans une formule eau-dans-huile, plutôt localisée à proximité des sillons. Cependant, la présence de ZnO-NP dans l’épiderme vivant n’a pas altéré l’état métabolique ou la forme des cellules. En résumé, nos données suggèrent qu’une pénétration limitée de ZnO-NP enrobé et non enrobé peut se produire dans la couche granuleuse adjacente à des sillons, mais que son étendue n’est pas suffisante pour affecter l’état redox de ces cellules vivantes.

• Cette étude, publiée dans l’European Journal of Pharmaceutics and Biopharmaceutics, est en vente au prix de 31,50 dollars sur le site de Science Direct.

L’oxyde de zinc sous forme de nanoparticules induit la mort cellulaire autophagique et des dommages aux mitochondries, à travers la génération d’espèces chimiques contenant un oxygène actif.

Résumé

Les nanoparticules d’oxyde de zinc (ZnO-NP) sont utilisées dans un nombre croissant de produits industriels, tels que des peintures, des revêtements et des cosmétiques, et pour d’autres applications biologiques. De nombreuses suggestions ont été avancées sur le paradigme de la toxicité du ZnO-NP, mais les mécanismes moléculaires sous-jacents sur la toxicité du ZnO-NP demeurent méconnus. Cette étude a été entreprise afin de déterminer la toxicité potentielle  du ZnO-NP et pour comprendre le mécanisme toxique dans les cellules saines. Le ZnO-NP de synthèse a produit des espèces chimiques à oxygène actif (ROS), comme vu par la résonance du spin de l’électron. Après son introduction dans des cellules, le ZnO-NP a généré des ROS selon un processus dépendant de la concentration et du temps. Pour démontrer que le mécanisme de toxicité de ZnO-NP est lié aux ROS, nous avons détecté une accumulation de vacuoles autophagiques anormales, et un fonctionnement anormal des mitochondries, après une exposition à un traitement au ZnO-NP. En outre, le potentiel de la membrane des mitochondries et la production d’adénosine-5’-triphospate (ATP) sont diminués sur des cultures en présence de ZnO-NP. Nous en concluons que le ZnO-NP conduit à la mort cellulaire au travers de l’accumulation de vacuoles autophagiques et d’altération des mitochondries dans des cellules normales, induites par des ROS. Ainsi, le ZnO-NP pourrait être toxique. Les résultats  mettent en évidence et renforcent le besoin d’une règlementation de la production et de l’utilisation du ZnO-NP.

• Cette étude, publiée dans Toxicology in Vitro, est en vente au prix de 31,50 dollars sur le site de Science Direct.

FP

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