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22 mai 2013Publications scientifiques

Les crèmes solaires (presque) aussi protectrices que les vêtements Ajouter à mon portfolio
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Les atteintes des rayons solaires constituent le facteur environnemental principal associé au mélanome malin. Pour faire face à cette menace sur la santé, ainsi qu'à son poids économique, la prévention est cruciale, tout comme le dépistage précoce. Crèmes solaires vs. barrières physiques (vêtements, parasols…) : des scientifiques espagnols ont cherché à savoir lesquelles étaient les plus efficaces pour prévenir les cancers de la peau.

Temps de lecture : ~ 3 minutes

L'objectif de cette étude était de tester l'efficacité des crèmes solaires dans la prévention des effets induits par les UV sur les grains de beauté, puis de la comparer à la protection apportée par une barrière physique. Elle a porté sur 33 grains de beauté, sur 20 patients d'un hôpital de référence.
La moitié de chaque grain de beauté a été protégée, soit par un produit solaire, soit par une barrière physique. Chacun a été entièrement exposé à une dose unique d'UVB.
Un examen in vivo a été pratiqué avant puis 7 jours après l'irradiation et une évaluation histopathologique et immunopathologique effectuée après excision au septième jour.

Les modifications cliniques les plus fréquentes après une exposition aux UV sont la pigmentation, des squames, de l'érythème ; les modifications dermatoscopiques les plus fréquentes sont un accroissement du nombre de pustules/taches, un dessin estompé, une régression et des vaisseaux apparaissant en pointillés.

Les zones protégées par les crèmes solaires, comme celles qui l'était par une barrière physique, ont subi ces évolutions à un certain degré. Plus de 30 % des grains de beauté n'ont montré aucun changement à l'examen clinique, et 18 % aucun changement dermoscopique. Des différences immuno-histopathologiques entre les deux moitiés de chaque grain de beauté ont pu être montrées, même quand l'examen in vivo n'avait rien décelé. Des squames parakératosiques, l'augmentation du nombre et de l'activité des mélanocytes superficiels et la prolifération des kératinocytes sont les caractéristiques les plus remarquables.
La seule différence entre les deux types de protection a été une activité mélanocytaire et une caractéristique de régression supérieure dans le groupe des crèmes solaires. Aucun critère lié au phénotype qui pourrait prédire une réaction spécifique aux UVB n'a été mis en évidence

Conclusion des chercheurs : les barrières physiques comme les crèmes solaires peuvent partiellement prévenir les effets des rayons UV sur les grains de beauté. Des effets subcliniques, pas toujours associés à des évolutions visibles, peuvent se développer même si la zone a été protégée. Les crèmes solaires sont un peu moins efficaces que les barrières physiques pour la prévention des effets inflammatoires induits par les UVB.

Pour aller plus loin
• Voir l'étude complète sur le site Jama Dermatology

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