CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
26 août 2014Publications scientifiques

Un antitranspirant… pour sentir plus mauvais ? Ajouter à mon portfolio
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© L'Observatoire des Cosmétiques

L'étude est signée de chercheurs de l'université belge de Gand. Elle avait pour but de déterminer si l'utilisation de déodorants et d'antitranspirants pouvait modifier la structure, la diversité et la dynamique de la flore bactérienne naturelle présente sous les aisselles. Et les conclusions sont inattendues : les antitranspirants pourraient faire pire que mieux !

Temps de lecture : ~ 4 minutes

Dans nos sociétés occidentales, rappelle cette étude dans son introduction, on accorde une attention importante à l'hygiène, et on montre peu de tolérance face aux odeurs corporelles. L'utilisation de déodorants et d'antitranspirants a pour but de contrôler la production de la sueur et la formation de mauvaises odeurs. Ces produits sont importants pour la confiance en soi, et améliorent la qualité de vie de nombreuses personnes, partout dans le monde.

Les déodorants sont des produits destinés à rendre la senteur de la peau plus agréable, et à lutter contre les odeurs émanant des dégradations des sécrétions cutanées causées par les bactéries. Les antitranspirants constituent un sous-groupe de déodorants qui modifient les odeurs tout en prévenant la production de sueur en bloquant les glandes sudoripares. Ces deux types de produits sont considérés comme des cosmétiques en Europe.

De nombreuses bactéries colonisent la région des aisselles. Chaque espèce de cette communauté a ses propres enzymes, qui transforment la sueur inodore en composés volatils. L'Actinobacteria est considérée comme la bactérie responsable de la création des mauvaises odeurs les plus fortes.

Les formules des déodorants et antitranspirants contiennent des agents antibactériens pour diminuer l'intensité de la population bactérienne cutanée : propylène glycol, triclosan, chloride de benzalkonium ou sels d'aluminium) sont fréquemment utilisés pour leurs propriétés antimicrobiennes et antifongiques. Certaines substances aromatiques, comme le cinnamaldehyde, l'eugénol ou le géraniol, ont également des propriétés antimicrobiennes.
Ces ingrédients contribuent à diminuer l'intensité du microbiote cutané, sans pouvoir toutefois l'éliminer totalement.

Chez certaines personnes, l'utilisation de déodorants ou d'antitranspirants provoque une odeur moins agréable des aisselles. On sait peu de choses sur la façon dont les déodorants et antitranspirants affectent la communauté bactérienne des aisselles. On ignore si leurs ingrédients ont un effet sur un large spectre de bactéries, ou s'ils ciblent spécifiquement celles qui sont responsables de la formation des odeurs.
L'objectif de cette étude était de déterminer si l'utilisation de déodorants et d'antitranspirants pouvait modifier la structure, la diversité et la dynamique de la flore bactérienne naturelle présente sous les aisselles.

L'effet des déodorants et antitranspirants sur la communauté bactérienne des aisselles a été étudié sur neuf sujets en bonne santé, dont on a contrôlé l'utilisation de ces produits pendant un mois, pour analyser leur dynamique microbienne individuelle.
Le profil microbien est spécifique et unique à chaque personne. On a observé une communauté bactérienne stable quand des cosmétiques sont appliqués sous les aisselles. Des différences interviennent quand on change les habitudes, d'une utilisation quotidienne à une absence d'utilisation et vice-versa.

La richesse en bactéries est plus importante quand on utilise des déodorants et antitranspirants. Et particulièrement quand on utilise des antitranspirants, le microbiote augmente en diversité.
L'usage des antitranspirants accroît la présence de l'Actinobacteria, ce qui est un facteur défavorable au regard du développement des odeurs corporelles.
Ces premiers résultats montrent que les cosmétiques utilisés sous les aisselles modifient la communauté bactérienne et peuvent stimuler les bactéries responsables des mauvaises odeurs.

Cette étude a été publiée dans le journal scientifique Archives of Dermatological Research .

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