CosmeticOBS - L'Observatoire des Cosmétiques
3 mai 2018Zoom Nouveautés

Parfums : l’enfance à l’honneur…

Loupe contenant des cosmétiques

Dent de Lait, Chat Perché, Eau de Givenchy… la toute-puissance de l’enfance règne sur nos parfums d’été. Ces murmures olfactifs sont sans doute tout ce à quoi l’on aspire en ce moment. Des “eaux d’ange” à l’écriture ciselée et à la composition soignée, qui bien sûr ne laissent pas un sillage envahissant mais sont juste très jolies et agréables à porter…

Doux parfum d’enfance…

On leur a déjà volé l’Eau de Bonpoint, à tel point que la marque en a créé une version pour adultes (pour rappel, Annick Goutal, sœur de Marie-France Cohen, fondatrice de la marque Bonpoint, l’avait conçue en 1986). Aujourd’hui, Isabelle Doyen et Camille Goutal imaginent une senteur pour les petits (en sachant parfaitement que les mamans vont s’en emparer !) : Chat Perché d’Annick Goutal (Eau de toilette, 100 ml, 75 €).
De Petite Chérie à l’Eau de Charlotte, la transmission de mère en fille et la poésie de l’enfance inspirent depuis longtemps la Maison Goutal. Cette création délicate, respectueuse de l’univers onirique et végétal de la Maison, est une invitation au jeu. “Le jeu, c’est tout ce qu’on fait sans y être obligé”, écrit Mark Twain. Un manifeste d’innocence espiègle, blotti dans le musc blanc, qui mêle les accents crus de capucine et de vert croquant aux notes de pois de senteur et de fleurs de citronnier. Un petit air frais, aussi doux qu’une joue d’enfant… qui séduira tous les cœurs tendres. Dans un flacon aux ornements cachés que l’on s’amuse à découvrir.
L’étiquette à l’avant, se pare de la nature poétique de la marque, tandis que l’étiquette à l’arrière du flacon dévoile un semis de chatons colorés. Un clin d’œil que l’on retrouve sur l’étui embossé. 
Chat Perché saisit les instants suspendus de l’enfance, ceux qu’on aimerait conjuguer au présent pour toujours. Et incarne la tendance de l’été : des eaux de bébé qui embaument les petits matins et dont la composition épurée est universelle. ### Ange ou démon

Avec Dent de Lait (Eau de parfum, 100 ml, 180 €), Serge Lutens évoque clairement lui aussi l’enfance, sans céder à la tentation de l’innocence, mais plutôt au mordant de cette période où l’enfant prend de l’assurance. Lait d’amande, héliotropine, musc, encens de Somalie… la fragrance florale, poudrée et musquée, prend toute son originalité avec des effluves d’aldéhydes métalliques qui peuvent évoquer le goût du sang découvert par l’enfant lorsqu’une dent de lait tombe ! Imprégnante et vaguement régressive, c’est la seule senteur qui offre une vraie ténacité.

Raffinement minimaliste et singulier

La nouvelle Eau de Givenchy (Eau de toilette, 100 ml, 80 €, en avant-première chez Nocibé le 28 mai puis sur l’ensemble des points de vente à partir du 2 juillet) est une néo-Cologne musquée, subtile et raffinée, signée François Demachy, compositeur olfactif de LVMH. On y retrouve cet esprit d’enfance et l’odeur d’une peau de bébé, au travers de ses notes hespéridées (bergamote, citron, orange et mandarine) et surtout de la fleur d’oranger qui ici s’exprime dans toute sa richesse : petitgrain, essence de néroli et absolu au sillage enivrant. “L’accident olfactif” est dû aux accents verts inattendus de l’amande amère. Le design du flacon cylindrique au capot blanc (autre tendance pour ces eaux d’enfance) est à l’image de l’écriture olfactive : doux et minimaliste.

Autre Cologne à la vraie personnalité, la Cologne de Huygens (Cologne Intense, 100 ml, 98 €) qui oscille entre fraîcheur et chaleur. Si l’envolée est classique (effluves pétillants d’agrumes rehaussés de basilic et de coriandre), elle s’intensifie en cœur sous les inflexions de la lavande et de la sauge. L’absolu de jasmin vient contraster ce duo alors qu’en fond le patchouli, la fève tonka et la vanille dévoilent leurs facettes intenses. Mixte, cette Cologne se distingue par ses matières premières d’origine naturelle (98,9 %) et biologique (80,9 %).

Dans la même veine, la Maison Lancôme imagine dans sa Collection Les Eaux Grands Crus Oranges Bigarades (Eau de parfum, 100 ml, 180 €) qui rend hommage à l’oranger amer. Un esprit Cologne qui cultive l’art du paradoxe car la fraîcheur des essences d’orange y est bousculée par les notes fumées d’un thé noir de Ceylan.

Ariane Le Febvre

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