lundi 30 mai 2016Écoresponsabilité

Biodiversité : le Baromètre 2016

© L'Observatoire des Cosmétiques

Depuis 2009, l'UEBT (Union pour le commerce biologique éthique) évalue la connaissance de la biodiversité et l'intérêt pour le sourcing éthique dans 16 pays différents. Huit ans de recherches, auprès de 54 000 personnes et des centaines d'entreprises, ont fourni des enseignements qui peuvent orienter les entreprises et les gouvernements dans leurs approches de la biodiversité. Le Baromètre de la Biodiversité 2016 a été présenté à la conférence "Beauty of Sourcing with Respect" qui s'est tenue à Paris le 26 mai 2016.

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Le Baromètre de la Biodiversité 2016 a été effectué en trois étapes.
• Une étude auprès des consommateurs, via des questionnaires adressés à des échantillons de populations représentatives de leurs pays, soit 1 000 personnes par pays, en mars et avril 2016.
• Des interviews aléatoires : plus de 90 personnes ont été interrogées dans les rues des différents pays couverts par l'étude (France, Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis, Brésil, Pérou et Équateur).
• Une analyse des rapports des entreprises : pour évaluer leur prise en compte du sourcing éthique et de la biodiversité, l'UEBT a passé en revue les communications des sociétés du Top 100 mondial dans les secteurs de la beauté et de l'alimentaire. Les documents publics, comme les déclarations sur les sites Internet ou les rapports RSE, ont ainsi été étudiés.

 8 ans de Baromètres, 10 enseignements majeurs

 1. La compréhension de la biodiversité est en hausse significative partout dans le monde.
 2. La biodiversité est un concept mondial, auquel sont particulièrement sensibilisés les marchés émergents d'Amérique latine et d'Asie.
 3. Les consommateurs veulent contribuer personnellement au maintien de la biodiversité, mais sans savoir comment le faire.
 4. Les consommateurs attendent des entreprises qu'elles respectent la biodiversité, mais n'ont que peu confiance dans le fait qu'elles le fassent actuellement.
 5. La transparence est très importante : les consommateurs veulent savoir si les pratiques de sourcing respectent les populations locales et la biodiversité, et ils sont en demande de davantage d'informations, certifiées par des organismes tiers indépendants.
 6. Les consommateurs sont convaincus que les entreprises respectent les populations locales et la biodiversité principalement par la réputation de la marque, ainsi que par les exemples concrets mis en avant dans la communication des marques.
 7. La génération des 16-24 ans est celle qui a la meilleure connaissance de la biodiversité, et ses membres savent identifier les marques qui respectent la biodiversité. Ils apprécient les entreprises qui mènent des actions concrètes pour les populations locales et la biodiversité.
 8. Peu de marques internationales se positionnent sur le thème de leurs pratiques de sourcing respectant la biodiversité. Natura Cosmetics fait figure de leader dans ce domaine an Amérique latine.
 9. Les communications d'entreprises sur la biodiversité augmentent dans les secteurs de la beauté et de l'alimentaire, mais sont toujours en-deçà des attentes en la matière.
 10. Les références à l'accès et aux partages des bénéfices (ABS) sont en augmentations dans les communications corporate des entreprises.

La connaissance de la biodiversité

Trois régions du monde ont une bien meilleure connaissance de la biodiversité que les autres.
• L'Amérique latine : au Brésil, 95 % des personnes interrogées ont entendu parler de la biodiversité. Elles sont 94 % au Pérou, 93 % en Colombie, 90 % au Mexique, et la majorité d'entre eux donne une définition correcte de ce dont il s'agit : 72 % au Pérou, 56 % au Brésil, 46 % au Mexique et 44 % en Colombie.
• L'Europe : la France et la Suisse font ici figures de leaders. 95 % des Français ont entendu parler de la biodiversité (83 % des Suisses), même si seulement 36 % en donnent une définition correcte (37 % en Suisse).
• L'Asie : la Chine arrive en tête avec 94 % des personnes interrogées qui ont entendu parler de la biodiversité (95 % au Vietnam, 73 % en Corée du Sud, 62 % au Japon) et 64 % en donnent une définition correcte (47 % en Corée du Sud, 36 % au Vietnam, 29 % au Japon).

La connaissance de la biodiversité continue d'augmenter

Le mot "biodiversité" est relativement nouveau, puisqu'il n'est apparu qu'au milieu des années 80. L'UEBT a commencé ses études sur le sujet en 2009, et la sensibilisation est en hausse dans tous les pays pris en compte, particulièrement en Allemagne et aux États-Unis. La compréhension de ce que signifie la biodiversité a augmenté significativement ces dernières années. Par exemple, le nombre de personnes qui peuvent en donner une définition correcte a plus que doublé aux États-Unis depuis 2009. En France et en Allemagne, il a augmenté d'environ 70 %.

• Verbatim – États-Unis : "La biodiversité signifie essentiellement la diversité de la vie, des différentes formes de vie, que ce soit pour la flore ou la faune".
• Verbatim – Allemagne : "Pour moi, la biodiversité, c'est l'ensemble des plantes, des espèces et de la flore… C'est comme l'oxygène pour la planète".

Ce sont les personnes de moins de 30 qui ont le plus contribué à l'évolution de ces chiffres : elles sont plus sensibilisées à la biodiversité et en ont aussi une meilleure compréhension. Elles en ont appris l'importance à l'école (50 %) et veulent contribuer personnellement à sa préservation.
Mais selon l'UEBT, en dépit de ces très bonnes tendances, les gouvernements doivent continuer à favoriser cette sensibilisation pour atteindre le but défini par les Nations Unies : "D'ici 2020 au plus tard, les citoyens du monde doivent être conscients des valeurs de la biodiversité et de ce qu'ils peuvent mettre en œuvre pour la maintenir et l'utiliser de façon durable".

La transparence dans la communication des entreprises s'accroît également

Le concept de biodiversité est maintenant bien installé dans les préoccupations des marques leaders de la beauté et de l'alimentaire. Ces cinq dernières années, la prise en compte de la biodiversité dans les communications corporate a régulièrement augmenté. Dans l'industrie de la beauté, par exemple, le nombre d'entreprises qui mentionnent la biodiversité a triplé depuis 2009.

Cependant, les informations données dans les rapports des groupes restent peu nombreuses et de piètre qualité. Le plus souvent, elles sont limitées à quelques chaînes d'approvisionnement comme celle de l'huile de palme ou du papier. Il est évident qu'elles doivent être reliées au concept de la biodiversité, y compris aux politiques des groupes et aux pratiques dans toutes les chaînes d'approvisionnement, être plus claires et plus complètes, pour répondre aux attentes des consommateurs envers les entreprises et gagner la confiance du public.


La biodiversité, les consommateurs et les marques

Ces dernières années, huit personnes interrogées sur dix ont confirmé qu'elles attendaient que les entreprises aient des politiques de sourcing qui respectent la biodiversité. Depuis 2009, l'importance de l'information et la certification par un organisme tiers des engagements en faveur du sourcing éthique et de la biodiversité, ont également été réaffirmées.

Dans ce contexte de forte attente et de sensibilisation croissante à la biodiversité, les consommateurs ne sont toujours pas convaincus que les entreprises la respectent réellement. Et ce défaut de confiance n'a pas changé ces dernières années.
Et alors que le sourcing éthique et le respect de la biodiversité influencent les intentions d'achats (75 % des personnes interrogées se disent plus intéressées par un produit quand l'entreprise respecter la biodiversité), 70 % des consommateurs n'ont confiance dans l'engagement des marques que quand il est vérifié par une organisation indépendante.

Qu'est-ce qui convainc le consommateur ?

La réputation de la marque est le facteur le plus important quand il s'agit de persuader les consommateurs que les entreprises respectent la biodiversité et les populations locales (78 %). Cette réputation peut se construire au travers d'exemples d'actions concrètes ainsi que d'une validation externe du respect de la biodiversité.

Les consommateurs sont convaincus par des exemples concrets (73 %) de la façon dont la chaîne d'approvisionnement fonctionne. La jeune génération, en particulier, se montre avide d'une totale transparence, cherchant l'information en temps réel. Cependant, elle n'est pas suffisamment convaincue par les discussions sur les réseaux sociaux (56 %) ou le nombre de recherches Internet (57 %).

Les champions de la biodiversité

Enfin, l'UEBT a demandé aux personnes interviewées de nommer les entreprises qui respectent la biodiversité. Seule la moitié d'entre elles peut donner un nom, et le plus souvent d'une entreprise locale.
En Amérique latine, une seule marque est fortement associée au respect de biodiversité : Natura Cosmetics est citée régulièrement par un nombre significatif de personnes, particulièrement au Brésil. Ailleurs, des marques comme The Body Shop (au Royaume-Uni), Yves Rocher ou Nestlé (en France) sont mentionnées, mais par un nombre peu significatif de personnes.


Ces résultats montrent qu'il y a encore de grandes opportunités pour les marques qui veulent se différencier sur la base du sourcing éthique et de la biodiversité. Des exemples crédibles d'actions concrètes peuvent donner aux consommateurs, et beaucoup le souhaitent, la possibilité d'agir pour contribuer personnellement au respect des populations locales et de la biodiversité.

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