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27 mars 2010ANSM

Cosmétovigilance : les chiffres 2009 des effets indésirables dus aux cosmétiques Ajouter à mon portfolio
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© L'Observatoire des Cosmétiques

Comme chaque année, l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé - aujourd'hui ANSM) vient de publier le bilan de la Cosmétovigilance pour 2009. La tendance est toujours à l’augmentation…

Temps de lecture : ~ 6 minutes

 27 mars 2010
Depuis 2004, l’ Afssaps a mis en place un système de surveillance et d’enregistrement des effets indésirables dus à l’utilisation des cosmétiques, permettant de les répertorier et de centraliser les informations les concernant dans le but de mieux les prévenir.
Cette Cosmétovigilance était une première française, aujourd'hui généralisée à l’ensemble du territoire européen, grâce aux dispositions du nouveau Règlement régissant les cosmétiques, entré en application le 11 juillet 2013.
Le bilan de la Cosmétovigilance 2009 pour la France vient d’être publié.

Toujours plus d'effets indésirables

Premier constat : les effets indésirables liés à l’utilisation de cosmétiques ne cessent d’augmenter en France. 232 ont ainsi été recensés en 2009, alors que  193 l’avaient été en 2008 et 126 en 2007.
Parmi eux :
• 76 % ont relevé de réactions de type allergique
• 17 % ont consisté en réactions d’irritation
• 7 % se sont traduits par d’autres réactions (gênes respiratoires, acnés, érosion cornéenne…)

Pour 53 %, ces effets indésirables ont été considérés comme "non graves", mais il faut souligner que la perception de la gravité est variable selon que l’on est un texte de loi ou un consommateur.
Ainsi 12 % ont été classés comme graves selon la définition de l’article L. 5131-9 du code de la santé publique (entraînant 16 hospitalisations, 5 arrêts de travail, 3 mises en jeu du pronostic vital et 4 inaptitudes professionnelles), mais 35 % ont été considérés comme graves même s’ils ne répondaient pas aux critères réglementaires…

Les femmes et les enfants d'abord

Est-ce parce qu’elles les utilisent davantage ou que leur peaux sont plus fragiles ? En tout cas, les femmes sont les premières concernées par les effets indésirables dus aux cosmétiques.
 72 % des cas ont touché des femmes adultes pour seulement 12 % d’hommes. À noter aussi que les enfants ne sont pas en reste, puisque 16 % d’entre eux en ont également souffert (31 enfants de plus de 2 ans et 6 nourrissons).

Les principaux responsables

Évolution dans le type de produits concernés, puisqu’en 2009, ce sont d’abord les produits de maquillage et de démaquillage qui ont été impliqués (40 cas d’ effets indésirables ) et les produits d’hygiène rincés comme les gels-douches ou les shampooings (32 cas), bien avant les teintures capillaires qu’on avait l’habitude de voir occuper la première place (25 cas d’allergies en 2009).
Ce qui n’empêche pas l’ Afssaps de relever que les colorations capillaires constituent toujours un réel souci de santé publique, puisque 2 cas d’ effets indésirables liés à leur utilisation ont entraîné une inaptitude professionnelle, 2 autres une hospitalisation et 1 cas une intervention médicale urgente.

Autres cas marquants relevés par l’Agence, ceux dus aux produits de protection solaire. 9 cas d’eczémas de contact et 7 cas de photoallergie retardée ont été déclarés avec pour principal responsable l’Octocrylène, un filtre solaire qui suscite de ce fait une réflexion de l’ Afssaps concernant sa sécurité d’emploi.

Les tatouages éphémères noirs ou les produits de blanchiment de la peau font toujours partie de la liste des produits régulièrement impliqués dans des cas de réactions indésirables.

Des responsabilités mieux évaluées

Il est parfois difficile d’attribuer un effet indésirable à l’utilisation d’un produit de façon certaine. Pour mieux cerner quels cosmétiques sont réellement en cause, l’Afssaps a élaboré une méthode d’imputabilité.
Reposant sur 6 critères déterminés, elle se veut reproductible, rationnelle, harmonisée et standardisée, avec pour objet d’évaluer justement la relation de cause à effet d’un produit cosmétique face à une manifestation clinique et/ou paraclinique déterminée.
Approuvée par la Commission de cosmétologie en décembre dernier, elle est désormais publiée et consultable sur le site de l’Afssaps .

Attention au mésusage

Ingrédients cosmétiques et produits ne sont pas toujours en cause. Ainsi en 2009, 10 effets indésirables relevaient d’une utilisation non conforme à la destination d’un produit cosmétique ou au non respect de son mode d’emploi…
 5 cas de gêne respiratoire ont ainsi été enregistrés suite à une confusion entre des produits cosmétiques et du sérum physiologique conditionnés en unidoses…
Un déodorant projeté accidentellement dans l’œil d’une consommatrice a également provoqué une ulcération de la cornée…

Pour aller plus loin
• voir le bilan complet de la Cosmétovigilance 2009 sur le site Internet de l’ Afssaps .


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